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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 00:14
FESTIVAL DU PREMIER FILM D'ANNONAY - Compétition - Prix du public

 

C'est l'histoire de deux solitudes, deux détresses, qui se rencontrent, s'apprivoisent, se réapprennent mutuellement à vivre et à « laisser mourir ». Rose (Florence Loiret-Caille) est infirmière à domicile. Elle vient de perdre son enfant à la naissance et a des difficultés à faire son deuil : elle ne veut pas encore vider la petite chambre qu'elle et son mari (Eric Caravaca) avaient préparée pour lui. À la reprise du travail, elle doit s'occuper d'Edmond (Michel Bouquet), vieil homme ronchon qui entretient des rapports conflictuels avec son fils.  

 

Les jeunes réalisatrices suisses, Stéphanie Chuat et Véronique Reymond, dont c'est le premier long-métrage, tentent d'aborder des thèmes sensibles : le deuil, la perte d'un enfant, les rapports de couple, la situation des personnes âgés. Autant de sujets « sociologiques » traités la plupart du temps en tant que tel, et non incarnés dans de véritables personnages de cinéma. Michel Bouquet, dans son premier rôle au cinéma depuis Le promeneur du Champ de Mars en 2005, est comme à son habitude remarquable, dans le registre du papy aigri, comme dans celui du vieillard enfin adouci. On demande bien ce qu'aurait été le film sans lui. Ceci dit, son personnage dépasse rarement l'alternative ronchon/gentil et son parcours est assez cliché. Ce défaut est encore plus flagrant avec celui de Florence Loiret-Caille (attachante comme toujours, mais parfois sérieusement en roue libre), que l'on voit littéralement à l'écran expérimenter chaque étape de cette tarte à la crème psychiatrique qu'est le travail de deuil : déni, colère, marchandage, dépression et enfin acceptation.  

Le déroulement de La petite chambre est donc extrêmement convenu, à aucun moment surprenant. La réalisation est sérieuse mais sans personnalité, jamais très inventive. Les deux réalisatrices font même parfois preuve de maladresse, notamment dans des dialogues bien trop appuyés qui viennent redoubler ce que la symbolique des scènes avait déjà fait comprendre. D'où un manque de naturel qui dessert le propos. La petite chambre n'est pas pour autant une catastrophe, c'est un film souvent touchant et qui traite avec tact de sujets difficiles. Mais ce premier essai reste terriblement appliqué, scolaire et attendu. Intentions louables, donc, mais résultat pas encore très concluant.

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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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commentaires

emule 27/02/2011 15:17

pas mal

Fabienne 16/02/2011 09:34

Je suis tout à fait d'accord avec ton analyse. Ce qui ne m'a pas empêché de verser une larme....

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