Dimanche 23 janvier 2011 7 23 /01 /Jan /2011 01:03

CYCLE ARTHURIEN 9/10

Film d'aventure (plus précisément, de cape et d'épée) américain typique de la production des années 1950, Prince Vaillant est l'œuvre de Henry Hathaway, réalisateur du merveilleux Peter Ibbeston en 1935 et plus tard du western True grit, dont le remake par les frères Coen sort bientôt. Si le film s'inscrit dans la geste arthurienne, il ne traite pas directement de ses thématiques (quête du Graal, conquête du trône de Bretagne, amours adultérines et incestueuses...) puisqu'il regarde le mythe « de côté » en s'intéressant à un destin parallèle à celui d'Arthur et de ses chevaliers : celui d'un prince nordique en exil qui se réfugie à Camelot. C'est le Vaillant du titre.

Adaptée d'une bande dessinée américaine (ce que rappelle le beau générique), l'histoire du Prince Vaillant est un récit initiatique : celui-ci apprend la chevalerie auprès de Sir Gauvain, et l'amour auprès de la belle Ilene. Ici, pas de grande épopée, donc, mais simplement une intrigue « domestique » : les rivalités dans la Table Ronde, les tournois, la santé de Gauvain, l'apprentissage de Vaillant, et les amours de tout ce beau monde ! Ce traitement « en dessous » du mythe arthurien, le tire de l'épique vers le rocambolesque. C'est même, en réalité, l'intrigue sentimentale qui intéresse le plus, avec ses quiproquos et ses revirements qui évoquent par bribes les comédies romantiques de l'âge d'or, avec le quatuor amoureux formé par Vaillant, Gauvain et deux charmantes sœurs (Janet Leigh et Debra Paget).

Sur le plan de la forme, comme on pouvait s'y attendre, le film est assez terriblement vieilli, en tout cas dans l'imagerie qu'il déploie. Il l'est tout de même moins que Les chevaliers de la Table Ronde de R. Thorpe (tourné un an auparavant). C'est qu'à mon sens Prince Vaillant est moins « empesé », à la fois formellement et thématiquement - il n'embrasse pas de grands sujets, à l'exception, au passage, de la lutte entre les gentils chrétiens et les méchants païens. Très soigné et agréable pour les yeux (les couleurs chatoyantes, l'utilisation intelligente du Cinemascope), le film offre également quelques très beaux morceaux de bravoures. Ainsi de cette longue plage muette de traque et de combat, vers le début du film, rythmée uniquement par la musique et le montage. La bataille finale dans le château viking est également remarquable. L'interprétation est au diapason de ce premier degré et de ce sérieux qu'il faut saluer. Si l'on passe outre la coupe de cheveux improbable et grotesque de Robert Wagner, Prince Vaillant se révèle un divertissement soigné et honorable.




Publié dans : Derrière les fagots
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