Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 mai 2006 4 04 /05 /mai /2006 14:10

Réalisé par Orson Welles
Avec Anthony Perkins, Jeanne Moreau, Romy Schneider
Film allemand, italien, ouest-allemand, français.
Durée : 2h.
Année de production : 1962
D'après Franz Kafka.



Accusé d'un crime qu'il ignore, jugé selon des lois que personne ne peut lui enseigner, le jeune héros Josef K. est bientôt broyé par un système judiciaire absurde. Ouvrant sans cesse de nouvelles portes, il ne parvient qu'à s'enfermer davantage, sans que sa lucidité ne puisse vaincre la machine qui l'écrase.

Le genre : kafkaïen au possible

Plus qu'une adaptation de Kafka, une transposition de son roman dans le monde moderne. L'idée géniale et passionnante du Procès, celle d'un homme accusé d'une faute dont il ne sait rien, est mise en scène avec brio et finesse par Orson Welles. C'est une oeuvre de commande (Welles a choisi Le Procès de Kafka dans une liste d'œuvres à adapter), et cela ce sent : on est toujours placé à l'extérieur de l'action, sans incursion dans les sentiments de Josef K. Le sujet n'a pas l'air de tenir vraiment à coeur au réalisateur, mais cela ne gène pas vraiment et crée une ambiance particulière : on retrouve à merveille l'atmosphère tout à fait irréelle, oppressante et presque désespérée du roman. C'est du Welles, donc c'est intéressant mais certains passages restent un peu longs et pas forcément utiles. De plus, le choix de l'Adagio d'Albinoni comme bande originale d'un bout à l'autre du film, s'avère assez lourd et inintéressant : c'est une musique certes très belle mais trop entendue et donc sans saveur. Un des intérêts du film est aussi de voir les belles actrices françaises Romy Schneider (dans un rôle peu habituel pour elle) et Jeanne Moreau. Mention spécial au charmant Anthony Perkins, absolument fabuleux dans le rôle de K., transcendant le personnage en lui donnant une dimension très humaine d'homme broyé par le système mais qui participe aussi de sa propre destruction. Orson Welles en avocat est impressionnant (comme à son habitude, il incarne à la perfection les figures du pouvoir). Le message du livre, à la fois critique des institutions et du pouvoir qui écrasent les gens et chronique de la condition humaine, est donné avec force, et le film lui ajoute une dimension supplémentaire puisque, filmé après la Seconde Guerre Mondiale, il évoque le totalitarisme ainsi que la froideur des villes modernes. Un film assez fascinant dans l'ensemble.





Partager cet article

Repost 0
Published by lucyinthesky4 - dans Classiques
commenter cet article

commentaires

whiplash solicitor 10/08/2011 04:14

This is a very useful website and I have found good information here and I really appreciate the efforts of the writer of this essay for sharing nice ideas. Thanks!

  • : Goin' to the movies
  • Goin' to the movies
  • : Blog de critiques cinéma d'Anna M. «Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)
  • Contact

GOIN' TO THE MOVIES

Blog de critiques cinéma d'Anna M.

«Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)

Recherche