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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 16:23
Date de sortie : 30 Janvier 2008
Réalisé par Emir Kusturica
Avec Marija Petronijevic, Uros Milovanovic, Ljiljana Blagojevic
Film serbe, français.
Genre : Comédie
Durée : 2h 6min.



Au sommet d'une colline isolée au fond de la campagne serbe vient Tsane, son grand-père et leur vache Cvetka. Avec leur voisine l'institutrice, ce sont les seuls habitants du village. Un jour, le grand-père de Tsane lui annonce qu'il va bientôt mourir et lui fait promettre qu'il franchira les trois collines pour rejoindre la ville la plus proche et vendre Cvetka au marché. Avec l'argent récolté, il devra acheter une icône religieuse et un souvenir. Enfin, il lui faudra trouver une épouse. Arrivé en ville, Tsane n'a aucune difficulté à exaucer les premiers voeux de son grand-père. Mais comment faire pour trouver une fiancée et la convaincre de le suivre au village avant que son grand-père ne disparaisse ?

Le genre : Emir délire

Devant un film qui s'amuse autant, il n'y a rien de pire que de rester totalement insensible au délire ambiant. Ce fut pourtant mon cas avec ce Promets-moi dans lequel Kusturica et sa bande de comédiens se sont visiblement éclatés. L'action démarre dans un improbable village serbe, où un grand-père qui pense bientôt mourir confie à son petit-fils la mission de lui ramener de la ville une icône de St Nicolas et... une fiancée. Sujet sympathique s'il en est. De nombreux obstacles se dresseront sur la route de Tsane, qui seront autant de péripéties loufoques. De l'ironie mordante à l'humour potache et provocateur (beaucoup plus du second, tout de même), Kusturica déploie un panel de comique alléchant. Les comédiens s'en donnent à coeur joie, certains versant d'ailleurs trop dans le cabotinage facile, et l'on découvre avec bonheur la charmante Marija Petronijevic. Pourtant, la sauce ne prend pas vraiment. On l'aime bien, Emir, mais Promets-moi reste une succession de délires caractérisés sans véritable cohérence et donc sans âme. Entre un début assez intrigant et réussi et un happy end plein d'une tendresse salutaire, on se sera donc copieusement ennuyé. En effet, le film stagne : l'intrigue, d'abord, offre peu de surprises, et surtout l'humour répétitif et faussement provocateur finit par être insupportable. L'accumulation de blagues vraiment lourdingues (zoophilie, scatophilie, tout y passe) finit franchement par lasser.  Même l'éventuel propos sur une société serbe désœuvrée (prostitution, paysannerie délaissée, corruption...) est noyé dans ce comique troupier redondant. Tout ceci est d'autant plus regrettable que Promets-moi n'a rien d'antipathique : on aimerait vraiment participer à cette fête joyeusement bordélique et bruyante (la musique omniprésente) qui prône l'amour universel en comme la castration des méchants, mais force est de constater que le spectateur n'entre pas vraiment dans les préoccupations de Kusturica (en tout cas, moi, il m'a refoulée à l'entrée). Vers la fin, quelques séquences dans le plus pur esprit BD (des gags visuels vraiment drôles) sortent le spectateur de sa torpeur. La question est donc : êtes-vous prêt à vous ennuyer ferme pendant une heure quarante pour vingt minutes de plaisir ? Ma réponse est clairement non, ma patience ayant des limites. Une grosse déception pour ma part, pour cette comédie tendre, osée, personnelle mais épuisante, qui s'enferme sur elle-même dans la redondance d'un délire qui ne fait au final qu'exhiber sa vacuité.






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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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commentaires

cristal! 10/02/2008 09:41

Bouh! Quel horrible navet...

pL 31/01/2008 23:53

Contrairement à tout le monde, j'ai adoré ce film. Je ne connaissait pas du tout l'univers d'Emir Kusturica et j'ai été enchanté de le découvrir grâce à ce petit bijou. Je trouve excellent la façon dont le réalisateur a pu aborder des thèmes aussi grave (trafic d'armes et prostitution en Serbie) avec tant de légèreté, tant d'humour. J'ai trouvé ça drôlissime, et le message passe selon moi très bien. Dommage que tu n'aies pas aimé.

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