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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 15:46


Rabia est le troisième long-métrage de l'équatorien Sebastian Cordero, et son premier tourné en Espagne, sous la houlette de Guillermo del Toro. Vendu comme un trhiller sexuel intense et dérangeant, le film surprend pourtant par la placidité avec laquelle il déploie son dispositif narratif et formel. L'intrigue de Rabia est plutôt excitante : Rosa est domestique dans une grande maison bourgeoise. Son petit ami, José Maria, tue accidentellement son patron et décide de se cacher dans la demeure en question. Il dissimule sa présence à sa compagne et est contraint de la regarder souffrir sans mot dire. Dans le même temps, reclus dans les étages supérieurs de la maison sans pouvoir en sortir, il sombre dans la folie et la maladie.

D'emblée, malgré une volonté naturaliste de montrer la misère de certains quartiers madrilènes et la violence des rapports de classe qui s'y tissent, un climat étrange et angoissant s'installe et la tension ne cessera d'augmenter. La mise en scène de Cordero impose une certaine froideur mais suggère aussi des forces inquiétantes, comme dans ces beaux plans séquences où la caméra serpente dans les méandres de la maison (le cinéaste exploite fort bien ces décors) : on ne serait pas surpris que le film bascule dans le fantastique ou dans l'horreur.

Mais la cruauté de ce huis clos se situe autre part : dans l'évolution des personnages et de leurs rapports. Rabia fait le portrait sans concession des employeurs de Rosa, bourgeois méprisants et condescendants derrière leurs sourires hypocrites. L'atmosphère se fait alors quasi bunuelienne. Le film est également assez déchirant dans sa réflexion tragique sur le regard : José Maria est contraint de rester tout près de la femme qu'il aime, de l'observer sans pouvoir venir à son secours. Il se transforme en un espèce d'animal en cage, dont les seuls liens conservés avec l'humanité sont les coups de téléphone qu'il passe régulièrement à Rosa. Il faut à ce titre saluer la performance très physique et intense de l'acteur, Gustavo Sanchez Parra.

Haut et Court

Mélodrame déguisé en thriller claustrophobique, Rabia n'est pas exempt de défauts et lourdeurs, comme cette lumière morne et verdâtre qui domine dans les scènes d'intérieur et insiste inutilement sur la dimension crasseuse et mortifère des décors. Cependant, le film reste passionnant et haletant malgré sa beauté froide et oppressante – ou peut-être grâce à elle.

Notes sur le DVD
Comme souvent, on regrette l'absence de véritables bonus en dehors d'une bande-annonce.
 
[DVD reçu dans le cadre de l'opération DVDTrafic, mise en place par l'excellent site CinéTrafic]

Film disponible en DVD depuis le 19 octobre 2010 aux éditions M6 Vidéo.
Fiche CinéTrafic de Rabia.

À voir également sur CinéTrafic : une liste de films sur le thème Le thriller sexuel.


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Published by lucyinthesky4 - dans Tests DVD
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commentaires

whiplash claims 17/08/2011 06:00

The film nevertheless surprised by the calmness with which he unfolds his narrative device and formal. This me is quite suspense but I will like this I guess, when time come.

pierreAfeu 02/11/2010 21:17

Et moi je n'avais pas été convaincu...

pL 01/11/2010 22:58

Ah, moi j'avais détesté...

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