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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 22:00
Date de sortie : 02 Mars 1983
Réalisé par Ted Kotcheff
Avec Sylvester Stallone, Richard Crenna, Brian Dennehy
Film américain.
Genre : Action
Durée : 1h 37min.



John Rambo est un héros de la Guerre du Vietnam errant de ville en ville à la recherche de ses anciens compagnons d'armes. Alors qu'il s'apprête à traverser une petite ville pour s'y restaurer, le Shérif Will Teasle l'arrête pour vagabondage. Emprisonné et maltraité par des policiers abusifs, Rambo devient fou furieux et s'enfuit dans les bois après avoir blessé de nombreux agents. Traqué comme une bête, l'ex-soldat est contraint de tuer un policier en légitime défense. Dès lors, la police locale et la garde nationale déploient des moyens considérables pour retrouver le fugitif. Le Colonel Trautman, son mentor, intervient et essaie de dissuader les deux camps de s'entre-tuer pendant que Rambo, acculé et blessé, rentre en guerre contre les autorités.

Le genre : à double tranchant

Film (et surtout personnage) mythique s’il en est. Rambo (First Blood) montre avec une certaine intelligence la vie d’un ancien GI de la guerre du Vietnam, seul rescapé de sa division, qui ne peut reprendre une vie normale, à la fois rejeté par une société qui a décidé de nier un passé douloureux, et rejetant lui-même cette société incapable de le comprendre. La première partie en particulier est étrange et déroutante : Rambo déambule sans savoir où aller avant d’être arrêté presque sans motif par l’ignoble shérif Teasle. L’ennemi du soldat américain n’est pas l’étranger ou le communiste, c’est le flic de la bourgade du coin ! Mine de rien, c’est assez révolutionnaire. Par la suite, le scénario se resserre sur des problématiques un peu plus bourrines à savoir l’engrenage sans fin de la vengeance (il s’agit de savoir qui a versé le premier sang), simplistes mais néanmoins diablement efficaces. Le divertissement est donc omniprésent, doublé d’un propos pas bête porté par le protagoniste. Stallone apporte à son personnage mutique une puissance d’émotion brute, presque bestiale, qui ne le rend que plus émouvant. Car on (les gouvernements, la guerre, l’armée, la société, l’humain) a fait de Rambo une bête de guerre invincible, obstinée, guidée par l’instinct de survie et douée d’une capacité surprenante à transformer n’importe quel paysage – urbain comme forestier – en lieu de carnage et de destruction. D’où quelques scènes assez fascinantes. Avec les deux consternantes suites dans lesquelles il sera envoyé casser du rouge au Vietnam puis en Afghanistan, Rambo deviendra le héraut sanguinaire de l’Amérique reaganienne. Le propos du film et son personnage, semblent donc en quelque sorte réversibles : la critique de la guerre qui déshumanise, comme l’apologie de la loi du Tallion sont deux des morales possibles. Pourtant il y a dans ce First Blood une amertume et une âpreté qui ne peuvent que surprendre, et qui prennent une dimension toute particulière à l’occasion du monologue final, qui fait de ce film de genre pas banal une critique acerbe du désintéressement des Etats-Unis envers ses vétérans, soldats qu’ils avaient pourtant, quelques années plus tôt, si fièrement envoyés au casse-pipe.

Sylvester Stallone. Carolco Pictures

Brian Dennehy et Sylvester Stallone. Carolco Pictures


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Published by lucyinthesky4 - dans En bref
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