2006
Réalisé par Werner Herzog
Avec Christian Bale, Steve Zahn, Jeremy Davies
Film américain.
Genre : Guerre, Drame, Action, Historique
Durée : 2h 6min.
L'histoire vraie de Dieter Dengler, pilote de l'armée américaine capturé au Laos durant la Guerre du Vietnam et qui organisa une évasion.Le genre : échappée belle
La guerre du Viet-Nam, traumatisme sil en est, na pas fini dinspirer les cinéastes. Même Werner Herzog ! On se demande vraiment, au début de ce
Rescue dawn, ce qui a pu intéresser ce dingue lunaire dans le récit de la survie et de lévasion dun pilote américain au beau milieu dune jungle laotienne, récit accompagné du sempiternel « inspiré dune histoire vraie ». On ne peut soupçonner que le réalisateur allemand soit un amoureux de larmée, un passionné du patriotisme et/ou de lhéroïsme. Quoi, alors ? Cest la question que lon se pose durant toute la première partie de ce film de facture assez classique voire hollywoodienne en tout cas au départ même si Herzog ne sacrifie rien de sa personnalité de cinéaste : la mise en scène et les décors confèrent dès le début au film une atmosphère envoûtante. Au premier degré,
Rescue dawn est dans sa première partie le récit captivant mais plutôt basique de la capture dun soldat, et de sa survie dans un camp gardé par des vietcongs. Ce qui permet à Christian Bale de se montrer assez impressionnant dans un rôle très physique proche de la performance (lacteur a perdu 20 kilos pour le rôle). Un beau rôle de héros patriote, protagoniste qui dailleurs détone, en regard des personnages de déments du genre Klaus Kinski quHerzog affectionne habituellement. Ironiquement, le film a été montré en 2007 à des soldats américains postés en Irak pour leur remonter le moral (un comble pour Herzog qui sest toujours dit opposé à la guerre en question) ! Cétait vraiment ne pas saisir la distance critique que le cinéaste instaure vis-à-vis de son sujet :
Rescue dawn nest en aucun cas une apologie de la survie, de la résistance et du courage. Il suffit de voir à quel point le patriotisme faillit, à quel point la solidarité se fait irrégulière, et à quel point la survie savère bien souvent synonyme de folie. Dans une seconde partie, après lévasion, la patte herzogienne revient en force et on comprend alors pourquoi il était intéressant de tourner cette histoire. On retrouve un peu la folie baroque du maître allemand : quête quasi désespérée, peur de labandon et de l'oubli, ombre menaçante de la mort, folie qui guette à chaque instant, hallucinations, perte de la foi en Dieu et la patrie. Les décors de jungle interminable ainsi quun fleuve tumultueux rappellent à la fois la filmo précédente d'Herzog (
Aguirre entre autres) et les grands films consacrés au Vietnam (
Apocalypse now) ; tout comme la mise en scène qui senflamme progressivement sur la fin. Tout ceci devient carrément démentiel et létonnement que lon pouvait ressentir dans un premier temps devant le conformisme du sujet et du personnage sefface. Même le happy end (ironiquement ?) accompagné dune musique lyrique et de soldats triomphants laisse un goût quelque peu amer et cynique. Beau film. Pas sorti en salles en France


À voir aussi sur le blog
Films de Werner Herzog : Aguirre, la colère de Dieu, Les nains aussi ont commencé petits
Et au fait, j'ai vu Ombre et lumière hier, une petite merveille.
Sinon contente de voir qu'Asiaphilie est de retour, hein ! Heuresement que vous avez repris avant le 1er septembre, sinon ç'aurait été vraiment trop politiquement correct.^^
En tous cas je trouve ça très politiquement incorrect de nous attaquer en notre absence ou presque, et puis des choses se préparent, alors bon...