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10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 13:35
Date de sortie : 23 Mai 2007
Réalisé par Julian Schnabel
Avec Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner, Marie-Josée Croze
Film français.
Genre : Drame
Durée : 1h 52min.

Pathé Distribution

Le 8 décembre 1995, un accident vasculaire brutal a plongé Jean-Dominique Bauby, journaliste et père de deux enfants, dans un coma profond. Quand il en sortit, toutes ses fonctions motrices étaient détériorées. Atteint de ce que la médecine appelle le "locked-in syndrome", il ne pouvait plus bouger, parler ni même respirer sans assistance.Dans ce corps inerte, seul un oeil bouge. Cet oeil, devient son lien avec le monde, avec les autres, avec la vie. Il cligne une fois pour dire "oui", deux fois pour dire "non". Avec son oeil, il arrête l'attention de son visiteur sur les lettres de l'alphabet qu'on lui dicte et forme des mots, des phrases, des pages entières...Avec son oeil, il écrit ce livre, Le Scaphandre et le papillon, dont chaque matin pendant des semaines, il a mémorisé les phrases avant de les dicter...

Le genre :
leçon de vie

Jean-Do a eu un accident. Son corps est devenu un scaphandre, mais son esprit un papillon. Une adaptation ciné réussie du très émouvant livre de Jean-Dominique Bauby, frappé par un locked-in syndrome après un accident vasculaire, était un vrai défi, le pathos et la mièvrerie étant des écueils possibles. L'Américain Julian Schnabel l'a relevé avec une élégance remarquable. La puissance du personnage, les dialogues poignants, quelques scènes intimes et intenses : Le scaphandre et le papillon est porteur d'une émotion indéniable. Si je reste perplexe sur le côté expérimental d'une première demi-heure toute en caméra subjective qui donne au film une froideur peu en accord avec le sujet (et m'a filé un mal de tête pas possible), j'ai apprécié le ton général du film, cette sorte d'ironie permanente, cette philosophie de la vie pleine, paradoxalement, de bonheur et de santé, célébrant le pouvoir de l'imagination et l'importance de la mémoire. J'ai craint parfois que le film ne tombe dans le genre 'pub pour une assurance vie' (après tout, la vie vaut mieux que tout le reste) ou pire, anti-euthanasie, notamment avec une réplique qui m'a un peu gênée : « Je veux mourir. Vous n'avez pas le droit de dire ça, vous êtes en vie, c'est un manque de respect. C'est obscène ». Mais non, le film reste décent et se garde de juger ses personnages. La mise en scène maîtrisée dans laquelle transparaît les talents de peintre du réalisateur n'est bizarrement pas ce que j'ai le plus aimé dans le film. J'ai en revanche une tendresse particulière pour les personnages d'une grande profondeur. Le casting est d'une classe notable, et on peut être reconnaissant à Julian Schnabel d'avoir insisté pour tourner le film en France avec des acteurs français. Mathieu Amalric, tout d'abord, est exceptionnel de sobriété et d'humanité. Décidément un des grands acteurs français actuels. Autour de lui, des femmes toute aussi séduisantes et touchantes les unes que les autres : Emmanuelle Seigner, Marina Hands, Anne Consigny, Marie-Josée Croze, et j'en passe, donnent la preuve que Le scaphandre et le papillon est aussi un film sur les femmes et ce qu'elles peuvent représenter dans la vie d'un homme. J'oublie certainement beaucoup d'autres second rôles remarquables mais je citerai Niels Arestrup, toujours aussi juste. Sa scène est une des plus poignantes selon moi. Quelques scènes sont pour moi superflues (plans sur la banquise, un peu trop symboliques pour émouvoir) mais Le scaphandre et le papillon n'en reste pas moins une réussite, un joli film sur la force de rester humain et sur le pouvoir de l'imagination et de la création contre toutes les forces mortifères de notre monde.

Mathieu Amalric et Emmanuelle Seigner. Pathé Distribution




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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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commentaires

whiplash solicitors 09/08/2011 04:50

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g2rard ROCHER 19/06/2007 22:46

Magnifique !!!D'un sujet aussi difficile, nous voici emplis d'admiration pour ce journaliste qui , dans ses moments difficiles, fait un retour sur sa vie avec parfois un brin d'humour et d'ronie. La réalisation est absolument parfaite et originale et l'interprétation au diapason. Finalement ce film émouvant n'est pas si triste grâce à l'héroïsme et à la philosophie de cet homme. A ne surtout pas manquer!!!

Dorothy 12/06/2007 20:05

Dans le film 'Les passagers de la nuit' (avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall), Delmer Daves utilise déjà le procédé de la caméra subjective (dans le film, on est pas sensé voir le visage de Bogart avant une opération de chirurgie esthétique, ainsi on n'était pas obligé de donner le rôle à un autre acteur), et personnellement j'avais trouvé ce procédé assez dérangeant. Je n'ai pas vu ce film-ci, mais apparemment, l'effet reste assez 'spécial' (notamment ce mal de tête à cause de la caméra qui bouge tout le temps...)

MG 11/06/2007 12:01

Ce film m'a plus ému, il m'a carrément boulversé... Je trouve l'idée de la caméra subjective au début très intéressante, l'ambiance devient très particulière on est nous aussi enfermé dans ce scaphandre.
Pareil la réplique que tu cites m'a choqué (je l'ai d'ailleurs mise en "phrase du film" dans ma critique) mais je ne pense pas que le film dégage un sloggan anti-euthanasie mais au contraire qu'il ouvre au débat, au dialogue. Car d'un côté, oui c'est une vraie leçon de vie, de courage mais en même temps ce qu'il vit est horrible, qui voudrait vivre ça ?

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