Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 12:40
Date de sortie : 14 Janvier 2009
Réalisé par Danny Boyle
Avec Dev Patel, Mia Drake, Freida Pinto
Film américain, britannique.
Genre : Comédie, Romance
Durée : 2h.

Pathé Distribution

Jamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l'émission Qui veut gagner des millions ? Il n'est plus qu'à une question de la victoire lorsque la police l'arrête sur un soupçon de tricherie. Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d'où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu'il a perdue. Mais comment ce jeune homme est-il parvenu en finale d'une émission de télévision ? La réponse ne fait pas partie du jeu, mais elle est passionnante.

Le genre : ludique

Slumdog millionaire, c’est avant tout une idée de scénario des plus brillantes : Jamal, jeune Indien, participe à un jeu télévisé (Qui veut gagner des millions ?) dont les questions agissent tels des leviers biographiques et déclenchent une multitude de flash-backs. Comment Jamal connaît-ils les réponses ? C’est ce que le spectateur tentera de comprendre durant cette belle séance de montagnes russes dans l’histoire de cet attachant personnage. Le jeu est un film, le film est un jeu. Tout ceci est tellement malin et excitant qu’on pourrait presque en être agacé, surtout que Danny Boyle n’est à l’évidence pas un habitué de la sobriété (voir Sunshine). Ce que réussit pourtant magnifiquement le cinéaste, c’est d’intégrer, d’assumer parfaitement le trop plein qui le caractérise, en le changeant en un matériau filmique beau et virevoltant fait de foisonnements et de miroitements incessants. Tout ce qui s’annonçait plombant et démonstratif devient léger, ludique et coloré par une sorte de petit miracle. Le style reste certes bien souvent « too much », mais personne ici ne se prend au sérieux et la sincérité de l’œuvre n’en est que plus évidente. On est heureux de suivre Boyle dans tous ses délires, ses outrances, son plaisir communicatif de faire du cinéma, et ce même jusqu’au kitschissime final bollywoodien. Résolument moderne, le réalisateur se livre avec bonheur à un savoureux mélange des genres (drame, romance, comédie, thriller). Slumdog millionaire est un film plein de maladresses, de naïvetés mais qui fonctionne finalement, au charme, à l’énergie, à la vie.  Derrière le récit hautement émouvant et de plus en plus intense du parcours chaotique d’un gamin « pouilleux des bidonvilles » (slumdog, donc) se dessine également le portrait saisissant et nuancé de l’Inde contemporaine, pays de toutes les contradictions, entre misère persistante et richesse nouvelle, entre corruption et système D, entre conflits communautaires et conflits de classes. Malgré ce constat sans illusion, la philosophie du film, sa croyance profonde dans le destin (clamée haut et fort, par écrit, dans la réponse finale du cinéaste aux spectateurs) en font au final un hymne à l’espoir et à l’amour éternel. Une utopie véritablement salutaire. Le film regorge à chaque instant de fulgurances visuelles et sonores (une bien belle BO), de profondes implications philosophiques et morales et de superbes idées de cinéma, et même si elles ne sont pas toutes exploitées à la perfection, cela fait du bien de temps à autres de voir du vrai cinéma, fort, inventif et généreux. On en ressort avec l'impression d'avoir vécu quelque chose : Slumdog millionaire fait de l'effet avant de faire des effets, et c'est déjà magnifique.

Pathé Distribution

Dev Patel. Pathé Distribution

Bonus audio :

Découvrez M.I.A.!


À voir aussi sur le blog

Films de Danny Boyle : Sunshine


Partager cet article

Repost 0
Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
commenter cet article

commentaires

whiplash solicitors 08/08/2011 07:42

With all the blogs I have visited online, this is the only post I have ever conclude its excellent writing. The clarity of the article explains well the discussion. I am glad that the blogger shared this topic for the readers. I appreciated how the blogger plans its writing quality. It can be called as a successful job.

Jeux gratuits 12/03/2010 14:35

Un très bon film même si la situation en Inde à quelque soit peu évoluée par rapport à ce que le film nous représente.

Carcharoth 22/01/2009 16:21

Lol plus je lis de débats à propos de ce film plus je rigole. Parce qu'autour de moi il n'y a que des gens qui aiment, et quand je parle avec eux je n'arrive même plus à comprendre les arguments employés ici ! Je suis entièrement d'accord avec Nostalgic. Surestimé ? ça veut rien dire ce truc, tu aimes pas, d'autres aiment, il n'a pas à être estimé ou sur estimé... Puis comme je l'ai déjà dis le fait que tu n'aimes de lui que son pire navet montre à quel point tu es sensible à son style. Donc oui censure le, ne va plus le voir, comme ça tu ne le critiqueras plus éhhé.
Pour le truc de mariage avec le duo titanic, ça peu ma foi être pas mal comme ça peut sombrer dans le merdissime... espérons. Detoutes façon j'irais certainement pas le voir.

MG 19/01/2009 10:07

A détester peut-être pas mais bon à pas être emballé par ce "grand" retour oui. Et puis j'ai jamais été fan ni de Di Caprio ni de Winslet.

Snifff 18/01/2009 20:07

Pourquoi MG, tu es du genre à ne pas avoir aimé American Beauty, à détester Di Caprio et Winslet ?

MG 18/01/2009 18:57

Dire que l'année 2009 va vraiment commencer avec Les Noces rebelles me file déjà des boutons !

Snifff 18/01/2009 14:22

Blacklister Danny Boyle, ça veut dire que j'irai plus voir ces films, comme pour les Dardenne (à qui j'avais donné une dernière chance avec Lorna) ou Ken Loach. Du reste Boyle est un cinéaste fortement surestimé, comme l'est Trainspotting. Par contre, je n'ai pas vu Petit meurtre entre amis. Mais moi je n'aime que La Plage de Boyle.

Nostalgic du cool 18/01/2009 12:12

Moi j'ai vraiment bien aimé, j'ai trouvé ça dans l'esprit Bollywood (donc un peu criard et parfois très ou trop romantique dirons nous) mais on retrouve aussi la touche Danny Boyle avec une grosse BO, une réalisation à 100 à l'heure, mais aussi un regard critique qui donne de l'épaisseur à ce film.
Ensuite blacklisté Boyle franchement arrêtez le délire on peut ne pas aimer lui mais dire que ses premiers films comme Trainspotting ou le géant Petit meurtre entre amis sont à mettre dans le même sac je suis pas d'accord et je ne suis pas seul.

Pierre (TdM) 17/01/2009 23:11

assez d'accord avec sniff à propos de Boyle. Quand j'étais plus jeune (eh ouais) j'avais flashé sur Trainspotting. Je l'ai revu quelques années après et j'ai compris que c'était une bouse, vulgaire et stupide. On met du temps parfois ! sinon pour ton article, il est bon comme d'hab. Ce film fonctionne à l'énergie comme tu dis. Ca prend parfois. bye !

Snifff 17/01/2009 01:15

Mouais, l'année ciné va vraisemblablement commencé avec Les Noces rebelles, pas avec ce truc bidon(ville), criard et parfois à la limite du supportable.

  • : Goin' to the movies
  • Goin' to the movies
  • : Blog de critiques cinéma d'Anna M. «Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)
  • Contact

GOIN' TO THE MOVIES

Blog de critiques cinéma d'Anna M.

«Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)

Recherche