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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 14:50
Date de sortie : 05 Mars 2008
Réalisé par Michel Gondry
Avec Jack Black, Mos Def, Danny Glover, Mia Farrow
Film américain.
Genre : Comédie
Durée : 1h 34min.



Un homme dont le cerveau devient magnétique efface involontairement toutes les cassettes du vidéoclub dans lequel l'un de ses amis travaille. Afin de satisfaire la demande de la plus fidèle cliente du vidéoclub, une femme démente, les deux hommes décident de réaliser les remakes des films effacés parmi lesquels "SOS Fantômes", "Le Roi Lion" et "Robocop".

Le genre : un bonheur absolu

C’est peu dire que d’affirmer que j’attendais ce film avec impatience. J’étais tellement sûre que j’allais l'adorer, que je craignais presque d’être déçue. Ba non. Be Kind Rewind est la quintessence de ce tout que j’adore chez Gondry, avec peut-être même quelque chose en plus : l’amour ? Sous le bricolage, la fantaisie et le délire ambiant, encore plus d’humanité et de tendresse ? En tout cas, premier sujet de réjouissance, et non des moindres : Be Kind Rewind est un film proprement hilarant, du début à la fin. À l’image du film collectif, biopic du jazzman Fats Waller, que réalisent les habitants de la petite ville de Passaic où se déroule l'action, Be Kind Rewind est un délire permanent, une fantaisie burlesque irrésistible, un conte attendrissant et troublant. On pouvait craindre que s’appuyant sur un pitch déjà génial et prometteur, le scénario ne fasse que le dérouler sans surprise. C’était sans compter sur le génie, la créativité et l’inventivité du metteur en scène, qui sont ici à leur apogée, avec mille idées par plan, toutes plus délirantes, décalées et surprenantes les unes que les autres. Du coup, les interprètes s’en donnent à cœur joie. L’abattage comique de Jack Black n’a jamais été aussi efficace, et Mos Def, faussement timide et maladroit, lui donne parfaitement la réplique. À leurs côtés, la présence amusante de Danny Glover et Mia Farrow (et le petit rôle de Sigourney Weaver) est une sorte de clin d’œil qui les constitue en figues tutélaires, dans un hommage au cinéma sous toutes ses formes. Car Gondry nous invite ici à une cinéphilie décomplexée où se côtoient sans s’opposer classiques, films cultes, blockbusters qui font tous partie de l’inconscient collectif. Dans une sorte de mouvement nostalgique, et en digne héritier du cinéma d’un Méliès, Gondry, bricoleur de génie, nous renvoie au monde de l’enfance, où l’imagination est reine, où du carton-pâte, un ruban de scotch et des crayons de couleur suffisent à créer un univers ludique et poétique. Attention, une folle envie de ressortir votre vieux caméscope risque de vous saisir ! Be Kind Rewind, c’est aussi l’histoire de deux losers marginaux qui créent presque malgré eux du lien social dans une bourgade paumée du New Jersey. Là où les films précédents de Gondry étudiaient plutôt le rapport de l’individu au rêve et au souvenir, Be Kind Rewind s’avère une comédie profondément généreuse, altruiste en ce qu’elle nous parle de délire collectif, de mémoire collective, de rêve collectif. Jamais le pouvoir fédérateur, social, contestataire, politique même du cinéma n’avait été mis en scène avec une telle force et une telle sensibilité. On peut réécrire son histoire, on peut se réinventer sans cesse, on peut s’amuser comme des enfants… et ce même si les forces du pragmatisme, de l’uniformisation et de la prétendue modernité viennent frapper à votre porte pour vous gâcher la fête. La scène finale proprement bouleversante, évitant brillamment toute mièvrerie et tout pathos, achève de nous persuader que la liberté créatrice, le jeu, la passion sont les meilleurs ciments de la cohésion d’un groupe. Be Kind Rewind est un conte, bien sûr, éminemment idéaliste voire naïf. Mais, porteur d’espoir, il donne follement envie d’y croire, de s’ouvrir aux autres et de créer. Cette déclaration d’amour au cinéma populaire de quartier, ce manifeste salutaire pour le do it yourself, le partage et le travail en commun, Michel Gondry les délivre avec tant de modestie, de fraîcheur et de sincérité que l’on sort véritablement chamboulé de cette comédie renversante de poésie et de générosité. Tout ce que devrait être le cinéma est là. Putain, qu’est-ce que ça fait du bien !





Critique également publiée sur Agoravox.fr

À voir aussi sur le blog
Films de Michel Gondry : La science des rêves
Films avec Jack Black : L'amour extra large, High fidelity, The Holiday, Rock academy


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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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commentaires

whiplash solicitor 08/08/2011 04:47

It is great to have the opportunity to read a good quality article with useful information on topics that plenty are interested on. I concur with your conclusions and will eagerly look forward to your future updates. Thanks a lot and keep on posting more valuable information.

MillionDollarsBaby 03/11/2010 17:20

J'adore ce film, s'il n'est pas de tout reproches, il fait preuves d'orignalité et d'une certaine idée plaisante du cinéma, qui donne un coup de jeune au 7eme art !

Sib 14/03/2008 16:14

Je n'étais pas dans cette ville de merde quand j'allais voir les chansons d'amour, le dernier Johnnie To, ou ne serait-ce que la science des rêves. Et oui, c'était le bon temps.

pierreAfeu 14/03/2008 10:47

Je l'ai trouvé moins bien que La science des rêves et beaucoup moins bien qu'Eternal Sunshine... Tout ce que tu dis est vrai, Anna, sauf que je trouve que le film manque un peu de souffle. Pour moi, il n'est pas abouti même si, bien sûr j'ai passé un bon moment.

DZ 13/03/2008 18:21

Et t'as REUSSI à voir Les chansons d'amour ? Par la malepeste, comment as-tu fait ?
Je t'interdis formellement d'aller voir le nouveau Gondry en VF, c'est limite classé crime contre l'humanité, ce genre de plans !

Sib 12/03/2008 20:10

Etant actuellement dans une ville où le seul cinéma préfère les films dotés d'une seule étoile critique mais du genre à attirer les papeux (expression d'ici que j'adopte pour l'occasion), je n'ai pas eu le plaisir de voir ce film que j'attend depuis très longtemps. Mon amour pour Gondry est tel que je pense que ça me plairait, même si, comme je le crains, je vais surement le voir en VF. Mais bon, au moins je vais peut être le voir.
En attendant, pour vous prouver le décalage ici, je vais enfin pouvoir voir Lust, caution. Mais y'aura que deux séances en tout et pour tout, va falloir faire gaffe.

Melissa 11/03/2008 23:09

Je n'ai été aussi enthousiasmé que toi et j'en suis triste car voilà l'un des films que j'attendais le plus cette années. Belle critique en tout cas, je n'aurais pas dit mieux. Un grand moment de cinéma, pleins de nostalgie, de tendresse sans oublier une bonne couche d'humour. Un très bon Gondry qui reste l'un de mes réalisateurs fétiches (je te poste ma liste très bientôt). Un brin de fraicheur sur les productions 2008 !

diane_selwyn 11/03/2008 22:42

Très sympa dans sa déclaration d'amour au cinéma. Sur la forme, j'ai cependant préféré Eternal sunshine...

Carcharoth 11/03/2008 16:58

Qu'est ce que c'est que ça ? un prof déguisé, un élève amateur de blague, un collègue facétieux ? En tous cas je l'ai vu aujourd'hui, et je dois dois dire que je suis bien d'accord !
Génial !

Perplex Man 11/03/2008 13:37

Veni, vidi, scribiJe n'aurais pas dit mieux, bravo Marmiesse!!!!

En revanche, je vous ferai remarquer que le séchage (même par temps de pluie) n'est pas autorisé surtout un jour seulement après la rentrée...

A bon entendeur salut!

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