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23 juin 2008 1 23 /06 /juin /2008 20:38
Date de sortie : 18 Juin 2008
Réalisé par Andy et Larry Wachowski
Avec Emile Hirsch, Christina Ricci, John Goodman
Film américain.
Genre : Action
Durée : 2h 7min.



Speed Racer est un as du volant, un fonceur instinctif et intrépide qui enchaîne les victoires. Né pour ce sport à haut risque, il n'y a connu qu'un seul rival : son propre frère, le légendaire Rex Racer, fauché en pleine gloire et dont il est aujourd'hui l'héritier. Loyal à la firme de son père, Speed a rejeté une alléchante proposition des Royalton Industries. Speed découvre que certaines des plus grandes courses américaines sont truquées par une poigné d'hommes d'affaires, manipulant les meilleurs pilotes pour booster leurs profits. Et puisque Speed refuse de courir sous ses couleurs, Royalton veillera à ce que la Mach 5 ne remporte plus une seule course... Soutenu par sa famille et sa fidèle compagne Trixie, le pilote s'associe à un ancien rival, le mystérieux Racer X, pour remporter la course mythique qui coûta la vie à son frère : le terrifiant rallye "Crucible"...

Le genre : du grand n'importe quoi

Adapté d'une série animée japonaise des années 60, Speed Racer conte l’aventure « initiatique » d’un coureur automobile à peine sorti de l’adolescence (Emile Hirsch, eh oui…) qui va se battre contre les grosses écuries obsédées par le profit et déterminées à le faire perdre. Métaphore relativement sympathique de notre monde libéral, a priori. La quête se double en outre d’une intrigue familiale, puisque le frère aîné de Speed (oui oui, c’est son prénom, et Racer son nom, donc) a disparu dans un accident de course quelques années auparavant. Sur le thème du lien fraternel, une dimension autobiographique intéressante, a priori. Je suis parvenue à prendre cette intrigue à peu près au sérieux pendant environ une heure et demie, jusqu’à une scène de « révélation » proprement ridicule, qui a d’ailleurs déclenché l’hilarité de toute la salle (essayez de deviner de quoi je parle). Par la suite, impossible de continuer à regarder cette histoire somme toute un peu bête au premier degré. On se dit qu’il est inenvisageable que les Wachowski, qui m’ont l’air des types relativement intelligents (le premier Matrix, ou V pour vendetta) aient réalisé cette chose de façon sérieuse. Les rebondissements à deux francs, les répliques niaiseuses, les gags stupides, tout ça est très drôle, mais justement pas dans le sens qu’il faudrait… On s’amuse beaucoup, mais autant grâce au film (son côté flashy) qu’à ses dépens. Avec ce film clairement adressé en priorité aux enfants, les Wachowski font complètement abstraction de la réalité, se réfugiant dans un univers aseptisé – comme en témoigne la morale niaise et simpliste qui remplace les élucubrations philosophico-politiques de Matrix. Le monde de Speed Racer est lisse et totalement asexué (à peine un chaste baiser – et encore, il est retardé – entre Hirsch et Ricci), ce qui agace grandement mais offre au film une véritable personnalité. Une sorte d’enveloppe hybride et pop aux couleurs éclatantes comme des bonbons et aux décors hallucinants, qui étonne et détonne. Les deux réalisateurs vont donc encore plus loin qu’auparavant dans l’utilisation d’effets spéciaux numériques déréalisants : les circuits tiennent de l’esthétique du jeu vidéo, les bolides foncent à mille à l’heure, les crash, les splash, les boums se multiplient. Entre ces scènes de course (aspect le plus réussi du film) où l’on a l’impression extrêmement agréable que les Wachowski s’éclatent comme des fous, on a tout de même le droit à des tartines de mièvrerie, entre les câlins du gentil Speed à sa maman Sarandon et à son papa Goodman, et les péripéties débiles du petit frère et de son chimpanzé. Le tout saupoudré d’un fatigant discours du genre « la famille, c’est bien ». Du coup, l’avantage c’est que certains dialogues sont à mourir de rire (la VF n’a pas du arranger la chose, je l’admets). Rarement vu un truc pareil, qui se plonge avec une telle délectation, un tel enthousiasme, dans les pièges les plus classiques du genre (c’est prévisible, c’est niais, c’est ridicule parfois)... Du grand n’importe quoi, donc, mais du n’importe quoi tellement fun que je lui accorde gracieusement deux petites étoiles.

Emile Hirsch, Matthew Fox et Jung Ji-Hoon. Warner Bros.

Warner Bros.

À voir aussi sur le blog
Films des Wachowski : Matrix, Matrix reloaded, Matrix revolutions



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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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commentaires

Keira3 05/08/2008 11:31

Etant une très grande fan de Matrix, je suis allée voir Speed Racer au ciné mais déception. C'est vraiment de l'humour lourd et un scénario plus que basique. En revanche, esthétique très bien choisie et courses de voitures bien foutues. Emile Hirsch a été plus inspiré (le chef d'œuvre Into the wild) comme les frères Wachowski.

Gilles Penso 06/07/2008 18:33

Régression totale"Du grand n'importe quoi": je n'aurai pas mieux défini ce film que toi ! Les frères Wachowski régressent de film en film. Où est passée l'époque du brillant BOUND ? Tout dans SPEED RACER est clinquant, lourdeau, dégoulinant de bons sentiments et coloré jusqu'à l'écœureument. Bravo pour ton site et pour ton style.

Shin 06/07/2008 18:20

Bonjour,

Après les semi-catastrophes qu'ont été les deux séquelles de "Matrix", qui avaient grandement mises à mal l'aura du premier film, et après avoir vu la bande-annonce de celui-ci, je ne suis vraiment pas tenté pour voir ce film qui, de plus, doit avoir un intérêt assez limité ailleurs que sur grand écran...

Amicalement,

Shin.

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