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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 00:05


Longtemps méprisé par la critique, le cinéma de Dario Argento est aujourd'hui en partie réhabilité, en tout cas pour ses films des années 70 (ses œuvres récentes ont quant à elles reçu un accueil plus que froid). Parmi eux, Suspiria, qui constitue clairement un moment fort de l'histoire du cinéma fantastique et d'horreur. Argento prend pour point de départ le giallo, ce genre italien à la croisée du polar et de l'horreur, mais l'infléchit encore davantage vers le fantastique et l'ésotérique. Un premier indice de ce qui fait l'heureuse particularité de son cinéma : le mélange de genres et la surenchère.

On retrouve dans le rôle principal Jessica Harper, la charmante héroïne de Phantom of the paradise. L'histoire ? Suzy, une jeune Américaine, débarque à Fribourg pour suivre des cours dans une prestigieuse école de danse le jour même une élève qui vient d'être renvoyée de l'école est violemment assassinée. De plus en plus de phénomènes étranges surviennent dans l'école, et Suzy et sa camarade de chambre s'interrogent... Une intrigue policière banale qui va rapidement verser dans le fantastique et dans le gore. Ce n'est pas évidemment le scénario qui captive tout au long de ce film culte, mais bien le style incroyablement expérimental d'Argento.



La démesure et le baroque sont les maîtres mots de cet opéra hallucinant où tout concourt à créer une univers ultra-stylisé et d'une beauté soufflante. La musique rock planante du groupe prog italien Goblin, les lumières absolument splendides, les décors foisonnants, les couleurs contrastées créent un monde étrange et pervertissent définitivement le polar au profit d'un délire surréaliste absolument passionnant à voir. Le pouvoir du cinéma selon Argento semble tout entier dans la forme. La puissance évocatrice des images défie tout souci de réalisme : le rouge du sang est beau, mais il n'est pas celui du vrai sang.

Mon insistance sur la forme splendide du film ne doit pas conduire à conclure que Suspiria n'est qu'un exercice de style. Car ce déploiement de maestria formelle fait également sens : il rend visible peu à peu les forces occultes qui sont le sujet du film, il soutient totalement l'intrigue jusqu'à son angoissant climax. Finalement, Suspiria me semble plus mémorable pour cette mise en scène inspirée et outrancière que pour son aspect horrifique. On assiste bien entendu à quelques fulgurances gores (le tueur ouvre d'abord la poitrine de la victime pour poignarder directement son cœur...) mais, si le suspense est parfaitement mené, je ne peux pas dire que ce soit le film le plus terrifiant que j'ai vu. Reste que plastiquement, c'est absolument brillant.



Un remake de Suspiria est en projet avec David Gordon Green derrière la caméra et Natalie Portman devant. Pourquoi pas...


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Published by lucyinthesky4 - dans Classiques
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commentaires

whiplash solicitors 10/08/2011 04:56

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Suspiria 13/10/2010 09:40

Peu emballant ? Ces couleurs, l'atmosphère... bhen si quand même ! Et je trouve Jessica Harper plus que convaincante.

Cinemaisnotdead 10/10/2010 11:59

Quel choc visuel ce film, je ne l'ai vu que l'an dernier pour la première fois et j'ai vraiment adoré. Dario, dario ...

Olympique Lyon 09/10/2010 01:44

un film peu emballant c'est dommage

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