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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 12:12
FESTIVAL DE CANNES 2011 - En compétition

En 2008, Sean Penn, président du jury au Festival de Cannes, offrait le Prix du Jury à l'Italien Paolo Sorrentino pour Il divo, fiction politique, qui fascinait davantage pour son sujet et son personnage que pour sa mise en scène pleine de tics. Cette année, l'acteur a le rôle principal dans le premier film américain du cinéaste, This must be the place. Penn y joue Cheyenne, une rock star dépressive qui n'a pas joué depuis vingt ans et part sur les routes après le décès de son père, à la recherche du nazi qui avait humilié ce dernier lorsqu'il était prisonnier d'Auschwitz.

Malgré un sujet potentiellement cool, This must be the place est un désastre, sur la forme comme sur le fond. Pourtant, le film démarre de façon relativement plaisante, faisant le portrait d'une famille hybride et rigolote, avec notamment Frances McDormand, très drôle et très belle. Puis Sorrentino abandonne tout ce beau monde et se perd en chemin dans un road movie existentiel d'une banalité sans nom. Le film se prétend original (détails prétendument cocasses, effets de mise en scènes ringards) mais reste de bout en bout profondément conventionnel. Formellement, This must be the place est d'une grande lourdeur, parfois à la limite de la laideur – Sorrentino se regarde filmer comme rarement. Quant à Sean Penn, il cabotine comme ça ne se fait plus, voix fluette et démarche apathique constituant les deux principes sans nuances de son interprétation.

Sean Penn. ARP Sélection

Mais le pire, c'est que le film prétend donner des leçons de vie et de morale qui s'avèrent très bêtes. Il faudrait faire signer à tous les cinéastes une charte dans laquelle ils s'engageraient à ne parler de la Shoah que si cela est absolument consubstantiel et nécessaire à leur propos. Car cela finit par être très dérangeant que le génocide juif serve sans cesse de prétexte, de justification, à tous les films qui souhaitent se prévaloir d'un fond un peu sérieux. Surtout que This must be the place s'achève de façon abjecte et détestable, filmant complaisamment le corps nu et décharné d'un nazi enfin puni, puis revenant sur Sean Penn qui ressemble enfin à Sean Penn, débarrassé de son maquillage et de sa tignasse, libéré par cette vengeance. Que c'est beau, que c'est profond ! Non, c'est nul.

À voir aussi sur le blog
Films de Paolo Sorrentino : Il divo


15étoile

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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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commentaires

Edouard 30/05/2011 13:24

Houla, ça a l'air d'être quelque chose, ça... "Il divo", c'était pas mal mais assez fatigant, alors la mise en scène de Sorrentino appliquée à ce propos, ça fait peur...
Sinon, c'est impeccable ces petites chroniques de retour de Cannes...

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