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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 23:50
1972
Réalisé par Herbert Ross
Avec Woody Allen, Diane Keaton, Tony Roberts
Film américain.
Genre : Comédie, Romance
Durée : 1h 25min.



Allan Felix, un passionné de cinéma, voue un véritable culte à l'acteur Humphrey Bogart. Nancy, sa femme, s'en est lassée. Désemparé par son divorce, Allan erre de psychiatres en psychanalistes. Jusqu'au moment où ses amis Dick et Linda décident de le prendre en charge.

Le genre : la névrose du cinéphile

Même si Herbert Ross est crédité au générique comme réalisateur, Play it again, Sam (encore une fois, me direz-vous, quel est le rapport avec le titre français ?) est clairement un film de Woody Allen. D’abord, il est adapté de la pièce homonyme écrite par Woody lui-même. Et puis, cet Allan Félix fait évidemment partie de cette longue liste de personnages alleniens qui se ressemblent tous : c’est un intellectuel juif new-yorkais, névrosé, bégayant, anxieux, loser sur les bords et qui a de gros problèmes dès qu’il s’agit de femmes. À ses côtés, Diane Keaton est pour la première fois sa partenaire à l’écran, et le couple fait déjà des étincelles. Le film marche à un rythme d’enfer, sans cesse intelligence, sans cesse tordant. L’intrigue amoureuse est tout à fait classique et entraîne les habituels gags, mais la malice et la drôlerie constante des situations et surtout des dialogues (les mots alleniens sont déjà légion : "- Qu'est-ce que vous faites samedi soir ? - Je me suicide. - Et vendredi soir ?") font de Play it again, Sam une comédie précieuse et irrésistible. Comme d’habitude chez Allen, l’humour est un tiroir à double-fond où la légèreté dissimule de la profondeur. Le scénario plus malicieux qu’il n’y parait s’amuse à jouer avec les références obligées et l’inconscient d’un cinéphile américain lambda – à l’image de Casablanca, classique de chez classique, auquel se réfère sans cesse le protagoniste. La partie (très très) cachée de sa personnalité, celle qui est virile, classe et ne bégaye jamais, est d’ailleurs matérialisée à l’écran par un faux Humphrey Bogart au visage constamment dans l’ombre qui constitue l’idéal masculin que le personnage poursuit, mais dont finalement il pourra s’émanciper. Sauvé par le cinéma, quelle belle morale ! Un film dans lequel tous les cinéphiles du monde se retrouveront un peu.



À voir aussi sur le blog
Films de Woody Allen : Crimes et délits, Match point, Scoop, Tout le monde dit I love you


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Published by lucyinthesky4 - dans En bref
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whiplash solicitor 09/08/2011 03:05

I love every posts on your blog, and will keep reading and updating it till the end. Thanks for posting great information like this one.

VincentLesageCritique 25/03/2008 12:23

Je trouve que la période cinématographique post-stand up de Woody Allen a complètement élevé et regénéré l'humour américain ! C'est d'une drôlerie infinie, d'un sens burlesque irrésistiblement fin !
Et pour moi, le film où la complicité Keaton-Allen atteint ses plus beaux sommets est sans conteste "Woody et les robots", je ne sais pas si tu l'as déjà vu mais je te le conseille vivement !

pL 24/03/2008 23:48

J'ai eu ce dvd dans la collection grands cinéastes du monde, et j'ai été un peu déçu que ce soit ce film qui ait été choisi pour être vendu avec le livre sur Woody Allen... Mais ta critique m'encourage vraiment à le découvrir, je repasserai donner mon avis quand je l'aurai vu, en espérant qu'il soit aussi positif que le tien!

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