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Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 01:30


Lisa Cholodenko est une cinéaste a priori intéressée par les thématiques de l'homosexualité (elle a réalisé plusieurs épisodes des séries The L word et Six feet under). Dans The kids are all right, elle met en scène un couple de lesbiennes avec enfants confronté à la réapparition du père biologique de ces derniers. Une thématique pour le moins inédite et qui aurait pu donner un film intéressant, stimulant, voire subversif. Malheureusement, il n’en est rien, tant la réalisatrice semble sans cesse se brider et se conformer au cahier des charges de la comédie familiale la plus plate qui soit.

Cholodenko chercher tellement à faire de sa famille atypique une famille « normale » (dans le couple, Annette Benning est « l’homme » et Julianne Moore « la femme ») que toues les situations se trouvent déchargées de leur potentiel dramatique. Malgré l’interprétation honnête, les personnages sont tous fades et pas du tout attachants. Les situations dans lesquelles ils sont placés sont soit de l’ordre du cliché soit hautement invraisemblables - les deux culminant dans le retournement grotesque qui voit Juls (Julianne Moore) coucher avec Paul (Mark Ruffalo), et Nic (Annette Benning) se fâcher très fort. Pour qui s’intéressait à la thématique de l’adoption et au point de vue des enfants, la déception est lourde de se voir embarqué dans un drame adultère d’une banalité sans nom. Le reste du film ne reviendra malheureusement pas à la relation touchante entre ces enfants qui n’en sont presque plus et ce père qui n’en est pas vraiment un.



La réalisatrice a assez talent pour livrer quelques scènes amusantes ou émouvantes (comme celle où Nic trouve enfin un terrain d’entente avec Paul dans leur passion commune pour Joni Mitchell) mais dans l’ensemble le manque d’enjeu et de puissance dramatique de la majorité des scènes est criant. Mais le pire, ce qui a rendu ce film juste banal très désagréable pour moi, est la résolution de son semblant d’intrigue. Le personnage de Mark Ruffalo est méchamment expulsé du film un peu avant la fin, rejeté par tous les autres pour avoir osé briser la paix de la famille et la mettre en contact avec l‘autre (autre sexualité, autre mode de vie, autre classe sociale etc.). Ce choix de scénario est profondément déplaisant.

Le film rétablit, dans un geste qui se voudrait naturel, l’équilibre initial ; et la bonne vieille famille américaine est enfin débarrassée de l’intrus, de l’indésirable étranger. Bref, The kids are all right tend à prouver que la famille reste bien souvent le lieu au cinéma d'un conformisme et d'un puritanisme qui me consternent assez... et que le fait qu'elle soit homoparentale ne change pas grand chose à l'affaire. Je ne sais sincèrement pas s’il faut s’en réjouir.


Publié dans : Nouveautés
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