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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 20:00
Date de sortie : 23 Janvier 2008
Réalisé par Diao Yinan
Avec Dan Liu, Dao Qi
Film chinois.
Genre : Drame
Durée : 1h 34min.



Wu Hongyan est huissier de justice dans un tribunal de l'Ouest de la Chine. Elle s'occupe de femmes attendant leur exécution, le plus souvent condamnées pour crime passionnel. Chaque week-end, cette femme d'une trentaine d'années fait un long trajet en train pour se rendre en ville, à une soirée dansante pour célibataires. Ses rencontres amoureuses sont décevantes, jusqu'au jour où elle est attirée par le mystérieux Li Jun. Mais elle découvre que l'épouse de ce dernier est une de ses détenues...

Le genre : juste beau

Premier film du chinois Diao Yinan, Train de nuit frappe par sa beauté visuelle malgré un récit qui aurait mérité un peu plus d’allant. C’est d’abord à un beau portrait de femme que l’on assiste : Wu Hongyan (la frêle et douce Dan Liu) vit au ralenti une vie ingrate, tiraillée entre la mort (elle travaille dans un tribunal, et est parfois amenée à exécuter des condamnés à mort) et l’amour (le sexe qu’elle recherche en se rendant dans un club de rencontre). Diao Yinan filme avec talent, en de gros blocs relativement hétérogènes, cette existence qui n’en est presque pas une. La mise en scène est remarquable de maîtrise et de grâce. Cependant, Train de nuit n’excède jamais vraiment ce que l’on était en droit d’attendre de lui. En fait, il se conforme à un certain académisme du cinéma chinois (disons à la Jia Zhang Ke) : personnages mutiques, paysages urbains froids et monotones, action inexistante. Pour les non initiés, l’ennui guette à chaque coin des rues sombres que l’héroïne parcourt en silence. Mais l’on est finalement happé par ce petit et modeste film qui n’a pour autre ambition que de raconter une histoire triste et belle tout en commentant avec une certaine ironie une société en crise. Le regard porté sur la Chine d’aujourd’hui est profondément désespérant : froideur des relations, absence totale d’espoir, solitude irréparable, justice impitoyable. Et c'est bien l'intention de Diao Yinan que de dénoncer une société déshumanisée. Le malaise est donc partout, ce qui n’empêche pas le réalisateur de faire place à des moments de pure poésie : des gants brûlés dans la neige, les superbes paysages blancs, les marches solitaires dans la ville. Et finalement, derrière un certain formalisme (voire un formalisme certain), de nous plonger dans les profondeurs du désir d’une femme, entre pulsion de vie et pulsion de mort, entre Eros et Thanatos : en témoigne cette scène saisissante de filature où Wu Hongyan croit à une poursuite amoureuse, quand l’homme qui la suit cherche en fait à la tuer… Sans conteste un beau film.

Ho Hi Pictures

Ho Hi Pictures

Critique également publiée sur Agoravox.fr


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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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whiplash solicitors 09/08/2011 05:40

Intimately, the post is really the greatest on that worthwhile topic. I fit in with your conclusions and definitely will eagerly look forward to your next updates. Just saying thanks cannot simply be enough, for the amazing clarity in your writing.

Carcharoth 02/02/2008 13:26

Ouep j'avais vu une critique pas mal sur je sais plus quel journal, faudra décidément que je le vois... s'il passe...

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