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4 mai 2007 5 04 /05 /mai /2007 23:57
Date de sortie : 25 Avril 2007
Réalisé par Emmanuelle Cuau
Avec Gilbert Melki, Sandrine Kiberlain, Olivier Cruveiller
Film français.
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h 40min.

Gémini Films
Alex, comptable, et Béatrice, chauffeur de taxi, forment un couple sans histoires. Mais un soir, Alex se mêle au travail de la police lors d'un contrôle d'identité. Un engrenage implacable et absurde se met alors en marche : il se retrouve au poste, au chômage, et en clinique psychiatrique. Sauf que les fous, ici, ne sont pas ceux qu'on croit...

Le genre : fable réaliste

Comment ça va, en France ? Comment se portent les libertés ? Comment vont les insoumis ? Très bien, merci. Ou peut-être pas... Pour son deuxième film, la réalisatrice Emmanuelle Cuau s'engage sur un terrain éminemment politique en se demandant, dans une sorte de film d'anticipation, ce qu'il adviendrait de la France dans une société policière autoritaire et sécuritaire. Et c'est assez inquiétant. Le premier tiers du film nous entraîne avec Gilbert Melki dans un tourbillon sans fin et quelque peu absurde : comment, d'un acte banal de civisme, un homme tout ce qu'il y a de plus normal mais qui a gardé sa capacité de révolte intacte se retrouve en HP entouré de fonctionnaires bornés qui "ne font que leur travail, madame". Le ton acerbe du sujet (on pense immanquablement au Procès de Kafka) est assez délectable, d'autant que les interprètes sont plus que convaincants, même dans les scènes plus banals de conflits conjugaux ou de bavardages entre amis. Melki en particulier est admirable, incarnant l'un de ces révoltés de la vie quotidienne qui seront tellement précieux quand notre société sera devenue celle qui est décrite dans le film. Malheureusement, Très bien, merci perd peu à peu de son mordant, de son audace, au fur et à mesure qu'il s'enfonce dans un scénario dont l'argument était tellement bon que la suite ne pouvait que n'être pas la hauteur. Le film paraît long vers la fin et quelques passages ennuient même si la conclusion amère et désabusée est des plus intelligentes : pour reprendre une vie normale, Alex va à son tour devoir mentir et manipuler. Une fable sur le fascisme ordinaire, sur les abus des sociétés autoritaires, qui ne manque pas de réalisme et ne peut que nous alarmer, à quelques jours de l'élection de notre nouveau président, sur les conséquences de politiques répressives et intolérantes.

Gilbert Melki. Gémini Films

Emmanuelle Cuau et Sandrine Kiberlain sur le tournage. Gémini Films


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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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commentaires

whiplash solicitor 10/08/2011 02:26

As what I have read on the statement written above, the story states the life in France. That's the intriguing part of the story, I don't know if it's true or not.

MiKLR37 05/05/2007 00:26

Je viens de le voir à l'instant même, et ton analyse est très pertinente notamment sur la société présentée par Emmanuelle Cuau. Il est vrai que ce film montre une descente fulgurante vers la folie ; le thème de la folie et de l'incompréhension entre les personnes, donnent une première partie de film surprenante de dérision et d'absurde (on pense à Kafka, peut-être même à Ionesco). Le propos perd en effet de sa force par la suite tu as raison de le souligner. Melki est incroyable, un grand acteur à n'en pas douter. La fin est judicieuse avec la nécessité du mensonge pour revenir à la vie normale. Une belle surprise que ce "Très bien, merci".

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