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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 20:26


Kevin Flynn est un génie de l'informatique, ancien employé d'une boîte qui lui a piqué ses brillantes idées. Pour obtenir réparation, il s'infiltre dans le système informatique de cette dernière, mais malheureusement, le système en question est contrôlé par un puissant et méchant ordinateur qui le projette et l'enferme dans un monde entièrement virtuel peuplé des programmes informatiques qui lui sont hostiles (les « utilisateurs » ne sont pas les bienvenus). C'est sur ce récit relativement original (en tout cas au départ) que Tron appuie les trouvailles visuelles qui font aujourd'hui encore sa renommée. Ce film de Steven Lisberger est en effet le premier à utiliser dans sa quasi-intégralité des images générées par ordinateur. Produit par Disney, le film fut un échec commercial à sa sortie en 1982, avant d'acquérir un statut de film culte dans les milieux geeks et gamers.

Le film est novateur et, encore aujourd'hui, très intéressant à regarder pour son inventivité visuelle. À une époque où les jeux vidéos en étaient à leurs balbutiements, et où quasiment personne ne possédait d'ordinateur personnel, Tron utilise avec une certaine intelligence une imagerie moderne qui deviendra populaire quelques années plus tard. La composition très géométrique de cet espace virtuel infini, le travail sur les couleurs fluorescentes, la création de décors de et costumes futuristes... tout cela est assez brillant – c'est l'œuvre de Moebius et Syd Mead. Ces images, qui évoquent le jeu d'arcade mais aussi le flipper, avec leur aspect flashy et saccadé, sont clairement rétro, mais elles ne m'ont pas paru plus vieillis que cela – et conservent à mes yeux un certain charme. C'est qu'elles se gardent bien de verser dans l'effet kitsch et restent sobres (souvent monochromes), au prix parfois d'une certaine froideur esthétique.

Ce qui convainc moins en revanche, c'est en premier lieu l'intrigue générale. D'emblée, j'avoue avoir du mal à en saisir les fondations mêmes. J'aimerais bien me procurer le nom de la drogue du type qui a eu l'idée de faire prendre vie à des programmes d'ordinateurs et de les faire évoluer dans une société parallèle entièrement virtuelle. Des machines ou des robots qui acquièrent une conscience et se rebellent contre l'humanité (Terminator date de deux ans après Tron), je peux saisir le concept. Des personnages d'un jeu vidéo avec lesquelles un être humain interagit une fois projeté à l'intérieur, à la limite... mais des programmes, donc des entités immatérielles et sans identité, évoluant comme des êtres corporels ? C'est au-delà de ce que je peux gober comme spectatrice. Passée cette espèce d'incompréhension métaphysique en un sens fascinante, l'intrigue en elle-même est relativement simple à comprendre, voire simpliste.


Les enjeux du récit sont tellement minimes et prévisibles, la mise en place de l'intrigue tellement lente, que l'ennui pointe régulièrement le bout de son nez. Il faut dire également que Lisberger est une espèce de tâcheron dont le sens du rythme et les talents de mise en scène sont plutôt faibles (il n'a d'ailleurs rien fait d'un tant soit peu significatif après Tron). Les véritables auteurs du film sont clairement les créateurs des images. Cependant, Tron parvient à procurer un certain plaisir : il ne se prend pas trop au sérieux (même s'il parle beaucoup, pour un blockbuster) et bénéficie de la présence du coolissime Jeff Bridges. Un film à l'univers visuel cohérent et inventif, à défaut d'être totalement passionnant.

À voir aussi sur le blog : la critique de Tron legacy.



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Published by lucyinthesky4 - dans Classiques
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commentaires

Joe Scrollbar 26/06/2012 12:59

Juste pour faire remarquer que l'analogie du système information et de la société provient de la cybernétique et de son application à la théorie de la communication, très populaire au début des
années 80.

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