(Toutes mes excuses à C., qui a eu la gentillesse de me prêter ce DVD
- même si elle ne s'en est certainement pas aperçu)
Une petite communauté isolée vit dans la terrifiante certitude qu'une race de créatures mythiques peuple les bois entourant le village. Cette force maléfique est si menaçante que personne n'ose s'aventurer au-delà des dernières maisons, et encore moins pénétrer dans les bois... Le jeune Lucius Hunt, un garçon entêté, est cependant bien décidé à aller voir ce qui se cache par-delà des limites du village, et son audace menace de changer à jamais l'avenir de tous.
On comprend bien quelle fable politique sur les dangers du repli communautaire était visée par le cinéaste. Malheureusement, le sérieux et le premier degré avec lesquels est menée l'entreprise en font plutôt au final un nanar pas antipathique mais assez grotesque. Tout y est extrêmement soigné, décors, costumes etc. mais ne prend jamais réellement vie. Shyamalan est un petit malin qui parvient parfois à nous prendre dans le filet de ses récit alambiqués, mais ce n'est quasiment jamais le cas dans ce
Village dénué de toute passion, sinistre parabole où tout semble en roue libre, à commencer par les comédiens...
Ça fait mal de le dire, mais les deux interprètes principaux, Joaquin Phoenix et Adrien Brody, (et Dieu sait que je les aime) sont mauvais comme des cochons. Le premier à l'air de s'ennuyer à mourir en héros inexpressif et à moitié autiste, le second cabotine comme rarement dans le rôle du débile mental des service. Il faudrait lui montrer cette séquence de
Tropic Thunder où Robert Downey Jr. explique à Ben Stiller que jouer un idiot seulement idiot ne rapporte pas un clou. Le personnage de Brody est une sorte d'ancêtre du Simple Jack de Ben Stiller, à la différence (majeure) qu'il n'est pas une parodie... Il est juste pathétique. Seule la jolie Bryce Dallas Howard s'en sort avec les honneurs.
Alors que j'avais défendu l'année dernière le très décrié
Phénomènes, pour son entièreté, sa sincérité, et l'authenticité de son envie de cinéma (très premier degré là aussi, mais dans le beau sens du terme), ici rien de tel. Pas le moindre plaisir ne parvient jusqu'à nous, que ce soit dans la mise en scène inutilement ampoulée, ou dans le récit ultra balisé et couronné du fameux twist final cher à Shyamalan, ici tristement prévisible. Ni série B fantastique divertissante, ni film d'auteur passionnant,
Le village ennuie profondément, malgré quelques belles idées. Je reste partagée sur le cas Shyamalan (aimé : 2, pas aimé : 2), attendant d'en voir plus pour trancher.
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