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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 14:30


Premier film documentaire de Tom DiCillo (Ça tourne à Manhattan, Delirious), When you're strange (sortie le 9 juin) conte l'histoire du groupe de rock californien The Doors. Il est entièrement composé d'images d'époque (clips, vidéos de concert, films familiaux...), seulement commentées par une voix off assurée (plutôt bien) par Johnny Depp, fan des Doors au même titre que le réalisateur. La passion de ces derniers pour leur sujet est palpable à chaque instant du film, et c'est ce qui le rend attachant et personnel malgré son grand classicisme. En effet, dans sa construction, When you're strange est de facture assez banale : il suit linéairement, chronologiquement l'histoire des Doors, de la rencontre entre Jim Morrison et Ray Manzarek à la mort de Morrison. Le commentaire est bien écrit, même si le ton devient parfois légèrement  trop solennel.

Très amatrice de la musique des Doors, je ne connaissais pourtant pas grand chose de leur histoire. À ce niveau là, le film apporte beaucoup aux novices : apprendre que Morrison a fait des études de cinéma, que Robbie Krieger a composé une bonne moitié des chansons des Doors (et que Light my fire est le premier morceau qu'il ait jamais écrit !), que Krieger, Densmore et Manzarek avait une formation classique ou jazz assez poussée etc. En revanche, pour les connaisseurs, When you're strange ne sera certainement pas source de grandes révélations. Il est passionnant en revanche de découvrir certaines images d'archives inédites ou très peu vues, comme par exemple ces extraits d'un film expérimental tourné par Morisson lorsqu'il était étudiant en cinéma à UCLA. Des images de ce film étrange et silencieux, entre western et road movie, jalonnent le documentaire. Les vidéos de concert sont également fascinantes ; on y découvre un Morrison tour à tour habité, ivre, apathique, survolté, et la plupart du temps génial.

MK2 Diffusion

Comme on pouvait s'y attendre, Tom DiCillo se concentre particulièrement sur la figure charismatique et mythique de Jim Morrison, ses accès de génie et de folie fournissant la matière narrative de When you're strange. S'ils ne sont pas absents (heureusement) du film, le projecteur est beaucoup moins souvent braqué sur Densmore, Krieger et Manzarek, que l'on ne connaîtra que peu. Un tel choix est sans doute justifié, tant l'histoire des Doors fut intrinsèquement liée à l'état physique et mental de leur leader. Le film fait également des Doors les hérauts de la contre-culture des sixties et trace un parallèle entre leur histoire personnelle et artistique et le monde de 1965 à 1971 : formation du groupe jusqu'à la mort de Morrison d'un côté, débuts du mouvement hippie jusqu'à son effondrement de l'autre. L'analyse est intéressante mais probablement pas assez développée (de plus, ce schéma fonctionne pour un grand nombre de groupes des années 60, les Beatles en tête).

Terminons avec le plus important : la musique ! Il est évident que le mérité principal de When you're strange est de permettre aux spectateurs de (re)découvrir les nombreuses grandes chansons écrites par les Doors pendant leurs quelques années d'activité. Light my fire, The Crystal ship, The end, People are strange, Touch me, L.A. woman, Riders on the storm et quelques autres classiques ont les honneurs du doc de Tom DiCillo. Le nombre de chefs-d'œuvre qui en compose la bande originale ne manquera pas d'impressionner. Parfois, on regrette de ne pas entendre tous les morceaux en entier, mais cela aurait bien sûr été difficile sur un format aussi court (1h25). Bref, un documentaire peu original dans sa forme mais fort enrichissant, dont l'intérêt majeur est de mettre parfaitement en valeur la musique de l'un des plus grands groupes de l'histoire du rock.


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Published by lucyinthesky4 - dans Nouveautés
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