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31 août 2006 4 31 /08 /août /2006 22:13
Date de sortie : 18 Janvier 2006
Réalisé par Joe Wright
Avec Keira Knightley, Matthew MacFadyen, Brenda Blethyn
Film américain.
Genre : Romance, Comédie
Durée : 2h 7min.

Affiche américaine. Working Title Films

Dans un petit village d'Angleterre, sous le règne de George III, Mrs. Bennet veut marier ses filles afin de leur assurer un avenir serein. L'arrivée de nouveaux voisins, Mr. Bingley et son ami Mr. Darcy, plonge Jane et Elisabeth dans des affaires de cœur tumultueuses. Cette dernière découvre l'amour en rencontrant le bel et aristocratique Darcy. Pourtant, tous deux devront passer outre leur orgueil et les mauvaises interprétations qui s'ensuivent avant de tomber dans les bras l'un de l'autre à la grande surprise des Bennet.

Le genre : romantique à souhait

Le plaisir que j'ai ressenti à regarder ce film est assez exceptionnel, et malgré ses défauts, je le trouve remarquable et charmant. Les grandes lignes du passionnant scénario du chef-d'œuvre de Jane Austen sont respectées, même si l'on regrette que l'intrigue soit essentiellement centrée sur les relations sentimentales, laissant un peu de côté la satire sociale (on ne pouvait certes pas attendre qu'en deux heures, tous les aspects de l'œuvre d'origine soient explorés). Mais c'est un tel bonheur de suivre les premiers émois des sœurs Bennet, et les péripéties qui les mèneront à trouver l'amour ! On a envie d'y croire et, fort heureusement, le casting 100% british
apporte de la crédibilité à cette bluette victorienne sympathiquement menée. Dans le personnage d'Elizabeth, jeune femme déterminée et fière, Keira Knightley (nominée aux Oscars) s'en sort très bien. Quant au séduisant Fitzwilliam Dracy, il est campé avec brio par Matthew MacFadyen. On ne peut s'empêcher de faire la comparaison avec la fabuleuse prestation de Colin Firth dans le téléfilm de 1995 : MacFadyen offre une composition sans doute un peu inférieure, mais surtout, tout simplement, différente : il s'est approprié cet intrigant personnage. Beau charisme. Le couple central a toute l'attention du spectateur, et la fin a beau être prévisible, on n'en désirait pas d'autre. La mise en scène flirte parfois avec le cliché, mais ce n'est que pour jouer avec le spectateur, qui se prend merveilleusement bien au jeu. Pour finir, les costumes d'époque et les décors sont excellents, on s'y croirait ! Cet Orgueil et préjugés-là n'est certes pas un grand film, pas l'adaptation la plus parfaite et fidèle de Jane Austen, mais le plaisir et l'émotion sont bel et bien au rendez-vous. Pourquoi s'en priver ?

Kelly Reilly et Matthew MacFadyen. Mars Distribution

Keira Knightley et Matthew MacFadyen. Mars Distribution


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28 août 2006 1 28 /08 /août /2006 12:00
1957
Réalisé par Sidney Lumet
Avec Henry Fonda, Martin Balsam, John Fiedler, Lee J. Cobb
Film américain.
Durée : 1h 35min.



Lors d'un procès, un juré émet l'hypothèse que l'homme qu'il doit juger n'est peut-être pas coupable. Il va tenter de convaincre les onze autres jurés.

Le genre : croisade judicaire

Premier film de Lumet. Et déjà un coup de maître. Tant par le fond que par la forme,
Douze hommes en colère est marquant, fascinant et indispensable. Il se déroule d'un seul tenant et, dans sa quasi-intégralité, dans une seule et même pièce, celles où les douze jurés devront décider du sort d'un jeune homme. S'ils votent tous coupables, il sera envoyé à la chaise électrique. Tous les jurés semblent convaincus de sa culpabilité, et ils désirent en finir vite. Mais le juré n°8, alias Henry Fonda, va petit à petit semer le doute (un doute légitime) dans leurs esprits. Son leitmotiv : "C'est possible". Face à la certitude prétentieuse et méprisante, Fonda se dresse en défenseur de la justice et de la vérité. Il est formidable. Son visage paisible mais déterminé porte le film. Huit-clos fascinant, Douze hommes en colère est mené avec brio : l'enquête se fait sans les témoins, sans les preuves, sans déplacement, sans les principaux concernés, mais elle est tout de même passionnante. Malgré la sobriété due à la quasi-absence de musique et d'effets de mise en scène, le suspense est bien présent, et merveilleusement dosé, soutenu par le seul jeu des acteurs, incarnant des personnages aux caractères souvent aux antipodes les uns des autres. Le film se révèle peu à peu un plaidoyer contre la peine de mort et contre la violence, ainsi qu'une critique acerbe des préjugés de la classe supérieure envers les enfants des quartiers pauvres, immédiatement perçus comme des criminels en puissance. Lumet, à travers le personnage incarné par Fonda, défend ici avec puissance et sincérité la haute idée qu'il se fait de la justice. Référence en matière de suspense judiciaire, le film est optimiste : ici, la vérité finit toujours par voir le jour, ceux qui refusent de la voir se trahissent eux-mêmes, et la justice joue finalement son rôle. Les choses ne se passent pas toujours comme cela, loin s'en faut, mais Lumet nous montre ici que cela est possible si nous voulons bien nous débarrasser de nos préjugés et laisser la place au doute.




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27 août 2006 7 27 /08 /août /2006 21:49
Date de sortie : 16 Août 2006
Réalisé par Michel Gondry
Avec Gael Garcia Bernal, Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat, Miou-Miou
Film français, britannique.
Genre : Comédie, Romance, Fantastique
Durée : 1h 45min.



Venu travailler à Paris dans une entreprise fabriquant des calendriers, Stéphane Miroux mène une vie monotone qu'il compense par ses rêves. Devant des caméras en carton, il s'invente une émission de télévision sur le rêve. Un jour, il fait la connaissance de Stéphanie, sa voisine, dont il tombe amoureux. D'abord charmée par les excentricités de cet étonnant garçon, la jeune femme prend peur et finit par le repousser. Ne sachant comment parvenir à la séduire, Stéphane décide de chercher la solution de son problème là où l'imagination est reine...

Le genre : psychédélique

On en attendait beaucoup, après le sublime
Eternal sunshine of the spotless mind et sa consécration hollywoodienne. Michel Gondry, de retour en France pour un temps au moins, n'a pas manqué son coup. Objet filmique totalement non identifié, La science des rêves (joli titre) est un film généreux, joyeux, complètement loufoque mais tellement séduisant ! A l'image de l'émission télé imaginaire de Stéphane, ou des objets insolites que crée Stéphanie, on pourrait dire que le film ressemble à un un joyeux bordel fait de brics et de brocs : une idée nouvelle à chaque plan, des langues qui s'entremêlent, et un casting assez improbable (le couple central, Miou-Miou maman de Gael Garcia Bernal... mais on y croit !). Il ne possède pas de réelle cohésion. Ou plutôt si : la merveilleuse cohésion incohérente propre aux rêves, celle défendue par les deux protagonistes (Anarchy in the cellophane !). Malgré cela (ou peut-être justement grâce à cela), La science des rêves est un film qui emporte, et auquel on finit par adhérer. C'est d'abord à une comédie romantique très réussie que l'on est convié, avec un joli couple qui fait mouche : le sublime Gael Garcia Bernal et la douce Charlotte Gainsbourg sont adorables. Le plaisir que les deux personnages prennent à être ensemble, à partager leurs passions est merveilleusement mis en scène et joué. À noter également : un Alain Chabat surprenant, très bon dans le rôle d'un plouc obsédé, certes un peu en décalage avec le propos du film mais assez pathétiquement drôle. Le film, mis en scène avec dynamisme, traite avec tact et sincérité de la relation à la fois conflictuelle et complémentaire entre la vie réelle et les fantasmes, les rêves, les souvenirs. On s'y perd, mais qu'est-ce que c'est bon ! Les scènes de rêves sont inventives, drôles et poétiques comme le sont d'ailleurs les créations du protagoniste, par exemple la machine à remonter une seconde dans le temps (!). Le personnage de Stéphane, un doux-dingue un peu paumé et follement séduisant (avec le bonnet péruvien en prime), est une sorte d'autoportrait de Gondry lui-même, le bricoleur le plus génial du cinéma. La science des rêves est aussi (surtout ?) une belle œuvre sur l'enfance et ce qu'il en reste une fois que l'on est passé dans le monde adulte avec ses responsabilités et son exigence de réalisme : rester fidèle à ce que l'on a été enfant est-il compatible avec une vie d'adulte normale ? C'est la jolie question que pose ce film onirique et tendre, allumé, généreux, tellement humain. Cela risque de faire de nombreux adeptes !

Sacha Bourdo, Gael Garcia Bernal et Alain Chabat. Gaumont Columbia Tristar Films

Charlotte Gainsbourg et Gael Garcia Bernal. Gaumont Columbia Tristar Films



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24 août 2006 4 24 /08 /août /2006 20:54
Voici une liste assez drôle de clichés en tout genre, de scènes qui reviennent à une fréquence hallucinante dans tous les films d'action américain (pas seulement ceux-là, d'ailleurs...).
Elle vient de l'excellent site du Front de Libération Télévisuelle.


A) Scènes qu'on a l'impression d'avoir vu des dizaines de fois:

1) La bombe que l’on coupe en bidouillant des petits fils, et qui ne s’arrête que deux ou trois secondes avant la fin du chrono.

2) La naissance difficile, dans un ascenseur ou un endroit auquel des médecins ne peuvent pas accéder, avec le héros de la série qui s’improvise sage-femme et accouche la mère en difficulté. Un classique incontournable !

3) Les plans séquences inutiles sur les décors (paradisiaques) ou des ralentis (inutiles à l’intrigue, mais essentiels pour impressionner le spectateur !).

4) Quand le méchant suprême demande à un de ses sous-fifres de tuer quelqu’un, il ne va pas dire "Tue-le", mais utiliser une métaphore comme : "Arrange-toi pour qu’on n’en entende plus parler", "Il faudrait qu’il ne recommence plus", "Il faudrait régler ce petit détail", "Il y a non loin une route dangereuse propice aux accidents"...

5) Pour les films d’horreurs : Un méchant rôde autour du groupe de personnages. A chaque fois que l’un d’entre eux quitte le groupe, il se fait trucider dans des conditions atroces.

B) Liste (non exhaustive) des détails tellement utilisés qu’on ne se rend même plus compte que ça n’arrive jamais dans la vie réelle.

1) Tous les lits ont des draps spéciaux qui s’arrêtent au niveau des aisselles de la femme mais seulement au niveau de la taille de l’homme allongé à ses côtés.

2) Dans une maison hantée, les femmes recherchent l’origine des bruits étranges en portant leurs plus beaux sous-vêtements.

3) Au moment de payer le taxi (ou chez un quelconque marchand) le personnage ne regarde jamais dans son portefeuille pour sortir un billet : il prend un billet au hasard et le tend. C’est toujours le prix exact.

4) Un homme se prendra les plus terribles coups sans broncher, mais sursautera quand une femme tentera de nettoyer ses blessures.

5) Toutes les bombes sont connectées à un chronomètre à gros affichage rouge, afin que vous puissiez savoir exactement quand il est temps de vous tirer.

6) Un homme visé par 20 hommes a plus de chance de s’en sortir que 20 hommes visés par un seul.

7) La Tour Eiffel est visible depuis toutes les fenêtres de Paris.

8) N’importe quelle personne se réveillant d’un cauchemar se tient droite comme un piquet et halète.

9) Les personnages finissent leur dialogue pile au moment où l’ascenseur est arrivé à l’étage désiré.

10) Après une bonne nuit de sommeil, les filles se lèvent, impeccablement maquillées.

11) Le méchant capture le gentil. Et là, avant de le tuer, il lui déballe tout son plan (ce qu’il a fait, ce qu’il va faire), ce qui va causer sa chute.

12) Quand des personnages écoutent un message laissé sur un répondeur ou sur une cassette audio, ils ré-embobinent et arrêtent toujours pile-poil sur la partie qui les intéresse.

13) Quand une jeune fille n’a pas le moral, il y a toujours un grand pot de glace dans le congélateur à manger à la petite cuillère. En prenant des poses sexy de préférence. Ces filles s’empiffrent d’ailleurs tout en restant minces.

BONUS : Ajouts par les visiteurs du blog (Merci à vous !)

- Scène vue et revue : le célébrissime "nooooooooon" hurlé par le héros (Thomas)

- Dans les énormes explosions il n'y a jamais une seule victime sauf bien sur les méchants ! (Thomas)

- Pendant la nuit, les projecteurs qui éclairent le lit conjugal (Thomas)

- Le brushing de toutes ses demoiselles reste impec', même après qu'elles se soient sauvées du 20ème étage d'un immeuble en flamme (Dorothy)

- Comme par hasard, le héros trouve toujours une place de parking (exactement de la bonne taille) en face de l'endroit où il doit se rendre (et en plus, il se gare drôlement vite) ! (Dorothy)


Amusant, non ? Et tellement vrai ! Si vous pensez à d'autres exemples, n'hésitez pas !


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24 août 2006 4 24 /08 /août /2006 19:38
1957
Réalisé par Stanley Donen
Avec Audrey Hepburn, Fred Astaire, Michel Auclair, Kay Thompson
Film américain.
Genre : Comédie musicale
Durée : 1h 44min.



Une jeune libraire du village new-yorkais, adepte de l'empathie, se voit propulsée à Paris par le magazine Quality, pour présenter la collection d'un grand couturier. Là elle rencontre le grand maître "empathicaliste" qui ne reste pas insensible a ses charmes tandis que le photographe du journal la poursuit de ses assiduités.

Le genre : élégant

La plus jolie séquence de cette suave comédie musicale nous montre Fred Astatire photographiant Audrey Hepburn dans des extérieurs naturels parisiens. Chaque séance photo se termine par un arrêt sur image très réussi. C'est joyeux, drôle et coloré. Le film dans son ensemble ne manque pas non plus d'énergie, une énergie insufflée notamment par la qualité de l'interprêtation : Audrey Hepburn est une délicieuse partenaire pour un Fred Astaire un peu vieillissant. Ils forment un couple adorable. Kay Thompson, rôle secondaire de directrice de magazine de mode, est pleine de malice.
Drôle de frimousse, au scénario inspiré de la vie du photographe de mode Richard Avedon, nous présente les décors d'un Paris très hollywoodien mais tout à fait charmant, ainsi qu'une vision douce-amère du milieu de la mode. Les costumes d'Audrey (robes par Hubert Givenchy) sont merveilleux. Le film est inspiré d'une opérette de George Gershwin : la musique (avec des classiques tels que S'Wonderful, He loves she loves, et Funny face bien sûr) est d'excellente facture et sert des numéros originaux qui mettent en valeur les qualités de danseurs d'Astaire, of course, mais aussi d'Hepburn (le meilleur numéro du film selon moi nous la montre dansant le be-bop et le one-step dans un café enfumé). Un joli happy-end clôt ce conte de fée attendrissant et vivifiant.






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22 août 2006 2 22 /08 /août /2006 23:16
Date de sortie : 17 Décembre 1986
Réalisé par Jean-Jacques Annaud
Avec Sean Connery, Christian Slater, Valentina Vargas, Michael Lonsdale
Film français, italien, allemand.
Genre : Aventure
Durée : 2h 11min.
D'après le roman d'Umberto Eco.



En l'an 1327, dans une abbaye bénédictine, des moines disparaissent. Un franciscain, Guillaume de Baskerville aidé du jeune novice Adso von Melk mène l'enquête. C'est l'époque ou l'Eglise, en pleine crise, se voit disputer son pouvoir spirituel et temporel. C'est aussi l'apogée de l'inquisition.

Le genre : angoisse médiévale

Dans l'ambiance pour le moins sinistre d'une abbaye durant le Moyen-âge italien, William de Baskerville (Sean Connery est excellent en moine érudit digne de Sherlock Holmes) et Adso de Melk (le charmant Christian Slater) font figures d'exceptions tant y règnent en permanence la méfiance et l'austérité. Les personnages du roman d'Umberto Eco (en tout cas les deux précités) gardent une profondeur et une humanité remarquables. Le film, dont la production a duré trois ans et coûté la bagatelle de dix-neuf millions de dollars, offre une excellente reconstitution de cette époque obscure. Les costumes, les décors, la description des us et coutumes des moines bénédictins donnent au film la crédibilité qu'il lui fallait. Jean-Jacques Annaud, qui n'a pas toujours été aussi inspiré, nous emporte avec talent dans cet univers a priori difficile d'accès, grâce entre autres à une superbe photographie et à un suspense haletant. Le mystère se maintient jusqu'au bout, et les découvertes intrigantes des deux "enquêteurs" se succèdent avec rythme. Cette enquête vraiment bien menée permet de découvrir peu à peu ce monde cruel et sectaire, celui de la délation et de la soumission à la grande Inquisition. Le nom de la rose, à travers son atmosphère oppressante, est ainsi un pamphlet qui dénonce avec puissance les dangers de l'obscurantisme et du fanatisme religieux. Le film exalte aussi le pouvoir de l'amour et de la culture face aux forces de la soumission et de la terreur. Véritable morceau de bravoure, le grandiose final enflammé achève de conquérir le spectateur, qui ne peut que constater la force à la fois esthétique et morale de ce surprenant thriller médiéval.






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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 18:40
Mini-dossier : Art & Cinéma

Hegel, dans son Esthétique, classe les arts selon une double échelle de matérialité décroissante et d'expressivité croissante. Il distingue ainsi six arts, dans cet ordre :

- Architecture
- Peinture
- Sculpture
- Musique
- Danse
- Poésie

On parle du cinéma comme du Septième Art (à noter que Jean Cocteau l'appeler la dixième muse, mais cela semble avoir eu moins de succès).

(Note perso : on dit habituellement que la télévision est le huitième, et la BD le neuvième art. On parle même du jeu vidéo comme du dixième et de la cuisine comme du onzième ! Quid alors du théâtre et de la photographie - qui entretiennent d'ailleurs des relations très fortes et évdientes avec le cinéma - ? C'est un mystère.)

Mais ce que l'on oublie souvent de dire, c'est que le cinéma, de par sa nature (art audio-visuel : mélange de mots, sons, couleurs, mouvements), entretient une relation particulière avec les autres arts : il peut les représenter, les incarner, les faire ressentir avec une force sans pareil. Il les transcende. Il est leur héritier, leur serviteur et leur continuateur. Si le cinéma des débuts fut souvent méprisé par les artistes, la réciproque n'est pas vrai puisque, très vite, on consacra nombres de films aux biographies de peintres, musiciens, poètes etc.
Petite étude, art par art :

Architecture :
Les décors font une grande partie de l'atmosphère d'un film. La disposition spatiale de l'univers matériel tient un rôle prépondérant au cinéma. Sans matière, pas de spirituel. Sans la plastique, le sens, la poésie d'un film ne serait pas transmissible.
Mais au cinéma, l'architecture est aussi à comprendre au sens métaphorique. En effet, la réalisation d'un film demande une mise en place précise, un assemblage pièce par pièce de tous les éléments qui permettent de lui donner son sens particulier. Le réalisateur est l'Architecte Suprême.
Xanadu, la superbe demeure de Citizen Kane.

Peinture :
Comme la peinture, le cinéma est avant tout un art d'images, un spectacle visuel. L'esthétique de l'image est primordiale. La qualité de la photographie influe grandement sur le plaisir que l'on éprouve à regarder un film. Mieux vaut le Tehcnicolor superbe du Magicien d'Oz que l'immondice visuelle que constitue Matrix Revolutions, non ? Les jeux de lumières, les costumes, les couleurs sont autant d'aspects, de petites touches qui méritent l'attention et prolongent le sens d'un film, le concrétise.
Sabine Azéma. Pyramide Distribution
Sabine Azéma, dans Peindre ou faire l'amour, des frères Larrieu.

Sculpture :
Elle est à lire de façon abstraite. Toute l'équipe d'un film doit être capable de sculpter, de modeler la matière pour en faire une œuvre de cinéma. Le profane devient sacré sous les doigts du cinéaste, qui crée son univers en partant de choses terre-à-terre. Comme le dirait Baudelaire, le cinéaste comme tout artiste doit prendre de la boue pour en faire de l'or.
Audrey Hepburn dans My Fair Lady, jeune fille "sculptée" par le Pygmalion Rex Harrison.

Musique :
C'est évident. Que serait un film sans sa musique ? Elle illustre, soutient, elle vit à part entière. Ce n'est pas pour rien que certains des plus grands réalisateurs choisissent des musiciens attitrés, qui savent retranscrire et soutenir la profondeur du propos et de l'émotion de leur œuvre (Bernard Hermann pour Hitchcock, Danny Elfmann pour Burton, par exemple). La musique de film devient de plus en plus un genre à part entière. Elle est capable presque à elle seule de donner des émotions. Certaines musiques sont assez merveilleuses pour rester en mémoire plus longtemps que le film lui-même.
Affiche d'Amadeus, de Milos Forman.

Danse :
Un nombre extraordinaire de films donnent la danse comme élément à part entière de la vie. Dans West Side Story, dans Chantons sous la pluie, dans Les demoiselles de Rochefort (pour citer les plus connus), on danse comme on parle ou comme on marche, comme un instinct. Et c'est merveilleux. Les comédies musicales MGM de la grande époque contiennent très souvent des ballets, au milieu ou au début du film qui l'illustrent ou le complètent, et ce sont souvent les meilleures parties du film, même privées de dialogues (le meilleur exemple est sans doute Un Américain à Paris ). Simplement de la musique et des corps qui bougent et s'entremêlent. La danse est aussi un état d'esprit pour le cinéma dans son ensemble, qui est art de mouvement, de déplacement. Le rythme et la façon de se mouvoir des acteurs, mais aussi des décors, des caméras sont essentiels.
West Side Story, de Robert Wise et Jerome Robbins.

Poésie :
De par l'alchimie de tous les arts précités, le Cinéma peut se révéler d'une beauté éblouissante, d'une vérité pure. Qui n'a pas ressenti une jubilation, un émerveillement total devant un film ? Parce qu'il lui disait la vérité. Le poète est celui qui, tel Orphée et sa lyre, donne vit à l'inerte, rend universel l'individuel, rend beau le commun ou le laid, met des mots sur l'indicible. Le cinéma (en tout cas le cinéma réussi) lui, met des images, des dialogues, des sons sur cet indicible-là.
Affiche du Testament d'Orphée, de Jean Cocteau.

Alors, convaincus ? Le cinéma, c'est de l'art ! Le cinéma, c'est l'art.



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20 août 2006 7 20 /08 /août /2006 11:51
Date de sortie : 26 Octobre 2005
Réalisé par Woody Allen
Avec Jonathan Rhys-Meyers, Scarlett Johansson, Emily Mortimer
Film américain, britannique.
Genre : Drame
Durée : 2h 3min.

TFM Distribution

Jeune prof de tennis issu d'un milieu modeste, Chris Wilton se fait embaucher dans un club huppé des beaux quartiers de Londres. Il ne tarde pas à sympathiser avec Tom Hewett, un jeune homme de la haute société avec qui il partage sa passion pour l'opéra. Très vite, Chris fréquente régulièrement les Hewett et séduit Chloe, la soeur de Tom. Alors qu'il s'apprête à l'épouser et qu'il voit sa situation sociale se métamorphoser, il fait la connaissance de la ravissante fiancée de Tom, Nola Rice, une jeune Américaine venue tenter sa chance comme comédienne en Angleterre...

Le genre : Woody le cynique

Pour
Match Point, Woody décida de s'exiler à Londres, décision plus financière qu'artistique (cela facilita la recherche de subventions) mais qui, au bout du compte, donne au film son ambiance si particulière, loin de l'humour juif new-yorkais qui semblait être son domaine. Dans ce film cynique et amoral, où aucun des personnages n'emporte entièrement la sympathie du spectateur, Woody nous livre une terrible leçon de vie : tout repose sur le hasard. Que la balle retombe d'un côté ou de l'autre du filet n'est qu'une question de chance. Le lieu commun du "On n'a que ce qu'on mérite" en prend un sacré coup : la famille Hewett (le film nous offre vision assez écœurante du milieu bourgeois londonien) mérite-t-elle sa richesse ? Chris ne mérite-t-il pas la prison pour son meurtre de sang-froid ? Peu importe, car tout repose sur des concours de circonstances qui nous sont étrangers et sur lesquels nous sommes bien peu influents. Match Point est porté par de remarquables prestations d'acteurs, dans un casting so british (excepté la belle Scarlett, étonnante en actrice américaine gagnant difficilement sa vie). Les efforts du personnage principal pour s'intégrer dans ce monde bourgeois presque malsain sont filmés avec une certaines neutralité, une distance critique très appréciable. Ainsi, plutôt que le jazz - une tradition chez Woody -, ce sont des airs d'opéra qui rythment le film, illustrant ce monde étranger au personnage comme au réalisateur. Tout dans Match Point est juste, jusque dans les moindres détails et donne sans cesse à réfléchir, à compléter, à se réapproprier le propos du film. Le final en crescendo de la dernière demie-heure (sur un total de deux heures, fait rare chez Woody) est mené avec un suspense brillant, presque hitchcockien. Mais ici, les méchants ne sont pas punis. Le monde est un désordre injuste, insensé - la seule règle est qu'il n'y en a pas. Avec ce conte amoral et pessimiste, Woody s'est certes démarqué de ses précédents films mais au final, c'est ce même propos qui revient, sur le hasard qui fait une destinée, le désordre du monde et le non-sens de la vie.

Scarlett Johansson. TFM Distribution

Jonathan Rhys-Meyers et Matthew Goode. TFM Distribution


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20 août 2006 7 20 /08 /août /2006 11:10
Date de sortie : 07 Décembre 1994
Réalisé par Henry Selick
Avec les voix de Chris Sarandon, Danny Elfman, Catherine O'Hara Film américain.
Genre : Dessin animé, Comédie, Animation, Fantastique, Epouvante-horreur, Musical
Durée : 1h 15min.
Film pour enfants



Voici l'histoire de Jack Skellington, le roi des citrouilles de la ville Halloween, qui découvre un beau jour la ville de Noël et décide illico de célébrer lui-même cette fête étrange.

Le genre : conte pas niais

Un réel délice pour les yeux et pour les oreilles.
L'étrange Noël de M. Jack marque une étape importante de l'histoire de l'animation. Il s'agit en effet du premier long métrage entièrement réalisé avec la technique du "stop motion", soit une animation image par image de personnages faits de pâte à modeler ou autres matériaux. Mais les prouesses techniques ne sont pas ostentatoires et s'oublient facilement tant le spectateur est emporté avec jubilation dans ce monde peuplé de personnages étranges aux formes... difformes et inquiétantes. Le film est réalisé par Henry Selick mais c'est la patte burtonienne que l'on retrouve très facilement (Burton a crée l'histoire et les personnages), notamment à travers le personnage de Jack, épouvantail fatigué de jouer à faire peur et qui rêve d'un joyeux Noël. Son histoire est portée avec entrain par les excellentes chansons de Danny Elfmann, talentueux compositeur attitré de Burton, qui lui confèrent son ambiance particulière. Un film pour enfants hors du commun et bien plus intelligent que la moyenne ! Un enchantement.






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17 août 2006 4 17 /08 /août /2006 17:58
1939
Réalisé par Victor Fleming
Avec Vivien Leigh, Clark Gable, Leslie Howard
Film américain.
Genre : Drame, Romance
Durée : 3h 58min.



En Georgie, en 1861, Scarlett O'Hara est une jeune femme fière et volontaire de la haute société sudiste. Courtisée par tous les bons partis du pays, elle n'a d'yeux que pour Ashley Wilkes malgré ses fiançailles avec sa douce et timide cousine, Melanie Hamilton. Scarlett est pourtant bien décidée à le faire changer d'avis, mais à la réception des Douze Chênes c'est du cynique Rhett Butler qu'elle retient l'attention...

Le genre : fresque nostalgique

À l'époque de la sortie du film (1939), jamais production cinématographique n'avait fait l'objet d'autant de publicité. Adaptation d'unh best-seller pro-sudiste de Margaret Mitchell paru en 1936,
Autant en emporte le vent connut un succès sans précédent et son nombre d'entrées en salle ne fut détrôné que dans les années 80 par La Guerre des étoiles. Pour la légende qu'il représente, ce film est donc à voir. Mais sa qualité exceptionnelle en fait également une des plus grandes productions hollywoodienne de l'histoire. Il est incroyable de penser qu'elle date de 1939 tant elle a peu vieilli. Une réussite visuelle, un régal pour les yeux, à coup sûr : encore de nos jours, les superbes décors, les costumes ravissants (en particulier les nombreuses robes de la jolie Scarlett) sont à saluer. Dans un flamboyant Technicolor, le film nous conte l'histoire de ce couple inoubliable : Scarlett O'Hara (la ravissante et talentueuse Vivien Leigh, jeune actrice anglaise engagée alors que le tournage avait déjà commencé) et Rhett Butler (Clark Gable, formidable et charismatique). Entre eux se crée une alchimie formidable, celle qui garantit que la romance ne tourne pas au cliché ou à la niaiserie. Ils portent de façon fabuleuse leur histoire magnifiquement tragique. Tout est beau, bien vu, infiniment émouvant, supérieur au roman de Margaret Mitchell, qui gênait un peu par son évocation enflammée de l'atmosphère sudiste. Ici, cet aspect est gommé par le ton épique et flamboyant du récit. L'évolution du personnage de Scarlett (d'une adolescente naïve à une femme forte qui parvient toujours à ses fins) est parfaitement retransmise. De plus, le film offre une superbe reconstitution de la guerre de Sécession et de ses drames. Les quatre heures que durent le film passent comme un éclair, tant tout est passionnant et plein de rebondissement. Autant en emporte le vent est un film aboslument indispensable, et inoubliable.

Vivien Leigh.

Clark Gable et Vivien Leigh .

NB :
Bien que ce soit Victor Fleming qui soit seul crédité au générique, il y a eu 3 réalisateurs : Sam Wood, George Cukor et Victor Fleming. Relativement prestigieux...


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