24 août 2006 4 24 /08 /août /2006 19:38
1957
Réalisé par Stanley Donen
Avec Audrey Hepburn, Fred Astaire, Michel Auclair, Kay Thompson
Film américain.
Genre : Comédie musicale
Durée : 1h 44min.



Une jeune libraire du village new-yorkais, adepte de l'empathie, se voit propulsée à Paris par le magazine Quality, pour présenter la collection d'un grand couturier. Là elle rencontre le grand maître "empathicaliste" qui ne reste pas insensible a ses charmes tandis que le photographe du journal la poursuit de ses assiduités.

Le genre : élégant

La plus jolie séquence de cette suave comédie musicale nous montre Fred Astatire photographiant Audrey Hepburn dans des extérieurs naturels parisiens. Chaque séance photo se termine par un arrêt sur image très réussi. C'est joyeux, drôle et coloré. Le film dans son ensemble ne manque pas non plus d'énergie, une énergie insufflée notamment par la qualité de l'interprêtation : Audrey Hepburn est une délicieuse partenaire pour un Fred Astaire un peu vieillissant. Ils forment un couple adorable. Kay Thompson, rôle secondaire de directrice de magazine de mode, est pleine de malice.
Drôle de frimousse, au scénario inspiré de la vie du photographe de mode Richard Avedon, nous présente les décors d'un Paris très hollywoodien mais tout à fait charmant, ainsi qu'une vision douce-amère du milieu de la mode. Les costumes d'Audrey (robes par Hubert Givenchy) sont merveilleux. Le film est inspiré d'une opérette de George Gershwin : la musique (avec des classiques tels que S'Wonderful, He loves she loves, et Funny face bien sûr) est d'excellente facture et sert des numéros originaux qui mettent en valeur les qualités de danseurs d'Astaire, of course, mais aussi d'Hepburn (le meilleur numéro du film selon moi nous la montre dansant le be-bop et le one-step dans un café enfumé). Un joli happy-end clôt ce conte de fée attendrissant et vivifiant.






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22 août 2006 2 22 /08 /août /2006 23:16
Date de sortie : 17 Décembre 1986
Réalisé par Jean-Jacques Annaud
Avec Sean Connery, Christian Slater, Valentina Vargas, Michael Lonsdale
Film français, italien, allemand.
Genre : Aventure
Durée : 2h 11min.
D'après le roman d'Umberto Eco.



En l'an 1327, dans une abbaye bénédictine, des moines disparaissent. Un franciscain, Guillaume de Baskerville aidé du jeune novice Adso von Melk mène l'enquête. C'est l'époque ou l'Eglise, en pleine crise, se voit disputer son pouvoir spirituel et temporel. C'est aussi l'apogée de l'inquisition.

Le genre : angoisse médiévale

Dans l'ambiance pour le moins sinistre d'une abbaye durant le Moyen-âge italien, William de Baskerville (Sean Connery est excellent en moine érudit digne de Sherlock Holmes) et Adso de Melk (le charmant Christian Slater) font figures d'exceptions tant y règnent en permanence la méfiance et l'austérité. Les personnages du roman d'Umberto Eco (en tout cas les deux précités) gardent une profondeur et une humanité remarquables. Le film, dont la production a duré trois ans et coûté la bagatelle de dix-neuf millions de dollars, offre une excellente reconstitution de cette époque obscure. Les costumes, les décors, la description des us et coutumes des moines bénédictins donnent au film la crédibilité qu'il lui fallait. Jean-Jacques Annaud, qui n'a pas toujours été aussi inspiré, nous emporte avec talent dans cet univers a priori difficile d'accès, grâce entre autres à une superbe photographie et à un suspense haletant. Le mystère se maintient jusqu'au bout, et les découvertes intrigantes des deux "enquêteurs" se succèdent avec rythme. Cette enquête vraiment bien menée permet de découvrir peu à peu ce monde cruel et sectaire, celui de la délation et de la soumission à la grande Inquisition. Le nom de la rose, à travers son atmosphère oppressante, est ainsi un pamphlet qui dénonce avec puissance les dangers de l'obscurantisme et du fanatisme religieux. Le film exalte aussi le pouvoir de l'amour et de la culture face aux forces de la soumission et de la terreur. Véritable morceau de bravoure, le grandiose final enflammé achève de conquérir le spectateur, qui ne peut que constater la force à la fois esthétique et morale de ce surprenant thriller médiéval.






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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 18:40
Mini-dossier : Art & Cinéma

Hegel, dans son Esthétique, classe les arts selon une double échelle de matérialité décroissante et d'expressivité croissante. Il distingue ainsi six arts, dans cet ordre :

- Architecture
- Peinture
- Sculpture
- Musique
- Danse
- Poésie

On parle du cinéma comme du Septième Art (à noter que Jean Cocteau l'appeler la dixième muse, mais cela semble avoir eu moins de succès).

(Note perso : on dit habituellement que la télévision est le huitième, et la BD le neuvième art. On parle même du jeu vidéo comme du dixième et de la cuisine comme du onzième ! Quid alors du théâtre et de la photographie - qui entretiennent d'ailleurs des relations très fortes et évdientes avec le cinéma - ? C'est un mystère.)

Mais ce que l'on oublie souvent de dire, c'est que le cinéma, de par sa nature (art audio-visuel : mélange de mots, sons, couleurs, mouvements), entretient une relation particulière avec les autres arts : il peut les représenter, les incarner, les faire ressentir avec une force sans pareil. Il les transcende. Il est leur héritier, leur serviteur et leur continuateur. Si le cinéma des débuts fut souvent méprisé par les artistes, la réciproque n'est pas vrai puisque, très vite, on consacra nombres de films aux biographies de peintres, musiciens, poètes etc.
Petite étude, art par art :

Architecture :
Les décors font une grande partie de l'atmosphère d'un film. La disposition spatiale de l'univers matériel tient un rôle prépondérant au cinéma. Sans matière, pas de spirituel. Sans la plastique, le sens, la poésie d'un film ne serait pas transmissible.
Mais au cinéma, l'architecture est aussi à comprendre au sens métaphorique. En effet, la réalisation d'un film demande une mise en place précise, un assemblage pièce par pièce de tous les éléments qui permettent de lui donner son sens particulier. Le réalisateur est l'Architecte Suprême.
Xanadu, la superbe demeure de Citizen Kane.

Peinture :
Comme la peinture, le cinéma est avant tout un art d'images, un spectacle visuel. L'esthétique de l'image est primordiale. La qualité de la photographie influe grandement sur le plaisir que l'on éprouve à regarder un film. Mieux vaut le Tehcnicolor superbe du Magicien d'Oz que l'immondice visuelle que constitue Matrix Revolutions, non ? Les jeux de lumières, les costumes, les couleurs sont autant d'aspects, de petites touches qui méritent l'attention et prolongent le sens d'un film, le concrétise.
Sabine Azéma. Pyramide Distribution
Sabine Azéma, dans Peindre ou faire l'amour, des frères Larrieu.

Sculpture :
Elle est à lire de façon abstraite. Toute l'équipe d'un film doit être capable de sculpter, de modeler la matière pour en faire une œuvre de cinéma. Le profane devient sacré sous les doigts du cinéaste, qui crée son univers en partant de choses terre-à-terre. Comme le dirait Baudelaire, le cinéaste comme tout artiste doit prendre de la boue pour en faire de l'or.
Audrey Hepburn dans My Fair Lady, jeune fille "sculptée" par le Pygmalion Rex Harrison.

Musique :
C'est évident. Que serait un film sans sa musique ? Elle illustre, soutient, elle vit à part entière. Ce n'est pas pour rien que certains des plus grands réalisateurs choisissent des musiciens attitrés, qui savent retranscrire et soutenir la profondeur du propos et de l'émotion de leur œuvre (Bernard Hermann pour Hitchcock, Danny Elfmann pour Burton, par exemple). La musique de film devient de plus en plus un genre à part entière. Elle est capable presque à elle seule de donner des émotions. Certaines musiques sont assez merveilleuses pour rester en mémoire plus longtemps que le film lui-même.
Affiche d'Amadeus, de Milos Forman.

Danse :
Un nombre extraordinaire de films donnent la danse comme élément à part entière de la vie. Dans West Side Story, dans Chantons sous la pluie, dans Les demoiselles de Rochefort (pour citer les plus connus), on danse comme on parle ou comme on marche, comme un instinct. Et c'est merveilleux. Les comédies musicales MGM de la grande époque contiennent très souvent des ballets, au milieu ou au début du film qui l'illustrent ou le complètent, et ce sont souvent les meilleures parties du film, même privées de dialogues (le meilleur exemple est sans doute Un Américain à Paris ). Simplement de la musique et des corps qui bougent et s'entremêlent. La danse est aussi un état d'esprit pour le cinéma dans son ensemble, qui est art de mouvement, de déplacement. Le rythme et la façon de se mouvoir des acteurs, mais aussi des décors, des caméras sont essentiels.
West Side Story, de Robert Wise et Jerome Robbins.

Poésie :
De par l'alchimie de tous les arts précités, le Cinéma peut se révéler d'une beauté éblouissante, d'une vérité pure. Qui n'a pas ressenti une jubilation, un émerveillement total devant un film ? Parce qu'il lui disait la vérité. Le poète est celui qui, tel Orphée et sa lyre, donne vit à l'inerte, rend universel l'individuel, rend beau le commun ou le laid, met des mots sur l'indicible. Le cinéma (en tout cas le cinéma réussi) lui, met des images, des dialogues, des sons sur cet indicible-là.
Affiche du Testament d'Orphée, de Jean Cocteau.

Alors, convaincus ? Le cinéma, c'est de l'art ! Le cinéma, c'est l'art.



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20 août 2006 7 20 /08 /août /2006 11:51
Date de sortie : 26 Octobre 2005
Réalisé par Woody Allen
Avec Jonathan Rhys-Meyers, Scarlett Johansson, Emily Mortimer
Film américain, britannique.
Genre : Drame
Durée : 2h 3min.

TFM Distribution

Jeune prof de tennis issu d'un milieu modeste, Chris Wilton se fait embaucher dans un club huppé des beaux quartiers de Londres. Il ne tarde pas à sympathiser avec Tom Hewett, un jeune homme de la haute société avec qui il partage sa passion pour l'opéra. Très vite, Chris fréquente régulièrement les Hewett et séduit Chloe, la soeur de Tom. Alors qu'il s'apprête à l'épouser et qu'il voit sa situation sociale se métamorphoser, il fait la connaissance de la ravissante fiancée de Tom, Nola Rice, une jeune Américaine venue tenter sa chance comme comédienne en Angleterre...

Le genre : Woody le cynique

Pour
Match Point, Woody décida de s'exiler à Londres, décision plus financière qu'artistique (cela facilita la recherche de subventions) mais qui, au bout du compte, donne au film son ambiance si particulière, loin de l'humour juif new-yorkais qui semblait être son domaine. Dans ce film cynique et amoral, où aucun des personnages n'emporte entièrement la sympathie du spectateur, Woody nous livre une terrible leçon de vie : tout repose sur le hasard. Que la balle retombe d'un côté ou de l'autre du filet n'est qu'une question de chance. Le lieu commun du "On n'a que ce qu'on mérite" en prend un sacré coup : la famille Hewett (le film nous offre vision assez écœurante du milieu bourgeois londonien) mérite-t-elle sa richesse ? Chris ne mérite-t-il pas la prison pour son meurtre de sang-froid ? Peu importe, car tout repose sur des concours de circonstances qui nous sont étrangers et sur lesquels nous sommes bien peu influents. Match Point est porté par de remarquables prestations d'acteurs, dans un casting so british (excepté la belle Scarlett, étonnante en actrice américaine gagnant difficilement sa vie). Les efforts du personnage principal pour s'intégrer dans ce monde bourgeois presque malsain sont filmés avec une certaines neutralité, une distance critique très appréciable. Ainsi, plutôt que le jazz - une tradition chez Woody -, ce sont des airs d'opéra qui rythment le film, illustrant ce monde étranger au personnage comme au réalisateur. Tout dans Match Point est juste, jusque dans les moindres détails et donne sans cesse à réfléchir, à compléter, à se réapproprier le propos du film. Le final en crescendo de la dernière demie-heure (sur un total de deux heures, fait rare chez Woody) est mené avec un suspense brillant, presque hitchcockien. Mais ici, les méchants ne sont pas punis. Le monde est un désordre injuste, insensé - la seule règle est qu'il n'y en a pas. Avec ce conte amoral et pessimiste, Woody s'est certes démarqué de ses précédents films mais au final, c'est ce même propos qui revient, sur le hasard qui fait une destinée, le désordre du monde et le non-sens de la vie.

Scarlett Johansson. TFM Distribution

Jonathan Rhys-Meyers et Matthew Goode. TFM Distribution


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20 août 2006 7 20 /08 /août /2006 11:10
Date de sortie : 07 Décembre 1994
Réalisé par Henry Selick
Avec les voix de Chris Sarandon, Danny Elfman, Catherine O'Hara Film américain.
Genre : Dessin animé, Comédie, Animation, Fantastique, Epouvante-horreur, Musical
Durée : 1h 15min.
Film pour enfants



Voici l'histoire de Jack Skellington, le roi des citrouilles de la ville Halloween, qui découvre un beau jour la ville de Noël et décide illico de célébrer lui-même cette fête étrange.

Le genre : conte pas niais

Un réel délice pour les yeux et pour les oreilles.
L'étrange Noël de M. Jack marque une étape importante de l'histoire de l'animation. Il s'agit en effet du premier long métrage entièrement réalisé avec la technique du "stop motion", soit une animation image par image de personnages faits de pâte à modeler ou autres matériaux. Mais les prouesses techniques ne sont pas ostentatoires et s'oublient facilement tant le spectateur est emporté avec jubilation dans ce monde peuplé de personnages étranges aux formes... difformes et inquiétantes. Le film est réalisé par Henry Selick mais c'est la patte burtonienne que l'on retrouve très facilement (Burton a crée l'histoire et les personnages), notamment à travers le personnage de Jack, épouvantail fatigué de jouer à faire peur et qui rêve d'un joyeux Noël. Son histoire est portée avec entrain par les excellentes chansons de Danny Elfmann, talentueux compositeur attitré de Burton, qui lui confèrent son ambiance particulière. Un film pour enfants hors du commun et bien plus intelligent que la moyenne ! Un enchantement.






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17 août 2006 4 17 /08 /août /2006 17:58
1939
Réalisé par Victor Fleming
Avec Vivien Leigh, Clark Gable, Leslie Howard
Film américain.
Genre : Drame, Romance
Durée : 3h 58min.



En Georgie, en 1861, Scarlett O'Hara est une jeune femme fière et volontaire de la haute société sudiste. Courtisée par tous les bons partis du pays, elle n'a d'yeux que pour Ashley Wilkes malgré ses fiançailles avec sa douce et timide cousine, Melanie Hamilton. Scarlett est pourtant bien décidée à le faire changer d'avis, mais à la réception des Douze Chênes c'est du cynique Rhett Butler qu'elle retient l'attention...

Le genre : fresque nostalgique

À l'époque de la sortie du film (1939), jamais production cinématographique n'avait fait l'objet d'autant de publicité. Adaptation d'unh best-seller pro-sudiste de Margaret Mitchell paru en 1936,
Autant en emporte le vent connut un succès sans précédent et son nombre d'entrées en salle ne fut détrôné que dans les années 80 par La Guerre des étoiles. Pour la légende qu'il représente, ce film est donc à voir. Mais sa qualité exceptionnelle en fait également une des plus grandes productions hollywoodienne de l'histoire. Il est incroyable de penser qu'elle date de 1939 tant elle a peu vieilli. Une réussite visuelle, un régal pour les yeux, à coup sûr : encore de nos jours, les superbes décors, les costumes ravissants (en particulier les nombreuses robes de la jolie Scarlett) sont à saluer. Dans un flamboyant Technicolor, le film nous conte l'histoire de ce couple inoubliable : Scarlett O'Hara (la ravissante et talentueuse Vivien Leigh, jeune actrice anglaise engagée alors que le tournage avait déjà commencé) et Rhett Butler (Clark Gable, formidable et charismatique). Entre eux se crée une alchimie formidable, celle qui garantit que la romance ne tourne pas au cliché ou à la niaiserie. Ils portent de façon fabuleuse leur histoire magnifiquement tragique. Tout est beau, bien vu, infiniment émouvant, supérieur au roman de Margaret Mitchell, qui gênait un peu par son évocation enflammée de l'atmosphère sudiste. Ici, cet aspect est gommé par le ton épique et flamboyant du récit. L'évolution du personnage de Scarlett (d'une adolescente naïve à une femme forte qui parvient toujours à ses fins) est parfaitement retransmise. De plus, le film offre une superbe reconstitution de la guerre de Sécession et de ses drames. Les quatre heures que durent le film passent comme un éclair, tant tout est passionnant et plein de rebondissement. Autant en emporte le vent est un film aboslument indispensable, et inoubliable.

Vivien Leigh.

Clark Gable et Vivien Leigh .

NB :
Bien que ce soit Victor Fleming qui soit seul crédité au générique, il y a eu 3 réalisateurs : Sam Wood, George Cukor et Victor Fleming. Relativement prestigieux...


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15 août 2006 2 15 /08 /août /2006 00:02
Date de sortie : 12 Juillet 2006
Réalisé par Noah Baumbach
Avec Jeff Daniels, Laura Linney, Jesse Eisenberg
Film américain.
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h 21min.



New York, 1986. Il y a bien longtemps que les romans de Bernard n'ont plus de succès alors que sa femme Joan, qui écrit aussi, est en pleine ascension. Rien ne va plus entre eux. Ils ont décidé de divorcer. C'est une catastrophe pour leurs deux fils, Walt, 16 ans, et Frank, 12 ans. Les deux garçons perdent leurs repères et sombrent en pleine confusion des sentiments. Ecartelés entre leurs parents, les deux adolescents vont vieillir, mûrir, parfois trop vite pour leur âge et chacun à leur façon... Entre tendresse et rage, entre remises en question et émotion, la famille traverse des situations souvent drôles, toujours fortes, et va peu à peu apprendre à se redéfinir.

Le genre : tragicomédie familliale

Premier film de Noah Baumbach à sortir sur nos écrans,
The squid ans the whale (quelle horreur, ce titre français !) est plaisant, bien vu et finement interprété. Malgré la totale banalité du thème (le divorce d'un couple, ses conséquences sur les enfants), on assiste à un joli film qui nous parle de la famille, du manque de compréhension, des déboires de l'adolescence. Certaines idées sont excellentes et bien menées (l'ainé de la famille interprète Hey you de Pink Floyd à un concert en faisant croire qu'il l'a écrit !). Les personnages sont très humains, parfois touchants, souvent insupportables (surtout le père, cet intello méprisant et égocentrique) et on perçoit bien leur malaise. L'interprétation juste de tous les acteurs y est pour beaucoup. Laura Linney et Jeff Daniels en particulier retransmettent assez bien les névroses de leurs personnages. On n'est malheureusement jamais vraiment en emphase avec les membres de cette famille bourgeoise, on ne s'attache ni ne s'identifie à aucun d'eux ; et leurs destins nous importent peu (à l'exception peut-être de celui de l'ainé, Wade, dont la personnalité complexe d'adolescent qui se cherche est vraiment bien retranscrite). Cette distanciation est un handicap majeur même si le film se rattrape avec des dialogues bien écrits et une BO honorable. Un film intelligent, mais pas inoubliable.

Jeff Daniels. Samuel Goldwyn Company

Jeff Daniels, Owen Kline, Laura Linney et William Baldwin. Samuel Goldwyn Company


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13 août 2006 7 13 /08 /août /2006 23:08

Date de sortie : Septembre 1953
Réalisé par Stanley Donen, Gene Kelly
Avec Gene Kelly, Debbie Reynolds, Donald O'Connor
Film américain.
Genre : Comédie musicale
Durée : 1h 42min.

Metro Goldwyn Mayer (MGM)

A Hollywood, dans les années 20, Don Lockwood est un acteur célèbre. Il forme un couple de cinéma très populaire avec la célèbre Lina Lamont. Lors d’une soirée, Don Lockwood fait la connaissance de Kathy, une danseuse, dont il tombe amoureux, ce qui rend jalouse Lina.Le cinéma qui était muet jusqu’alors devient sonore, ce qui boulverse le monde du cinéma. Désormais, les acteurs doivent parler et Lina a une voix nasillarde, très désagréable.Grâce à des procédés technologiques, Kathy prête sa voix à Lina. Mais finalement, Don Lockwood et le producteur du film dévoilent ces manigances. Kathy est alors reconnue pour ce qu’elle est, une comédienne et chanteuse de grand talent. Le couple Don et Kathy sera heureux et fera…beaucoup de films !

Le genre : initiateur de cinéphilie

Gotta dance ! La quintessence de la collaboration Kelly/Donen. Singin' in the rain mérite amplement, largement et éternellement son titre de meilleure comédie musicale de tous les temps. C'est un film joyeux, drôle, aux couleurs éclatantes (superbe Technicolor) et à la mise en scène rythmée qui rend infiniment heureux ! Tout y est parfait, en alchimie et respire le bonheur. Tout d'abord, le cadre historique : nous sommes en 1927, le cinéma parlant vient de faire son apparition et il risque de briser la carrière de nombreuses stars du muet, dont la voix ne passe pas à l'écran. C'est le cas de Lina Lamont, la partenaire de Don Lockwood, qui insupporte tout le monde avec sa voix de crécelle. Le génialissime scénario du film s'inspire de la véritable histoire du cinéma, des faits réels, et c'est ce qui fait l'authenticité et la malice de son propos. Le cinéma se parodie lui-même. De bout en bout, nous sommes transportés dans le Hollywood des Années Folles, univers retransmis à merveille avec décors typiques, costumes de l'époque et références nombreuses (au Chanteur de jazz, le premier film parlant, notamment). Les délicieux personnages du film sont de plus campés par des acteurs parfaits. Le séduisant Gene Kelly et la mignonette Debbie Reynolds forment un couple drôle, attendrissant, dont les dialogues et les marivaudages (en particulier au début du film) sont un bonheur. Donald O'Connor est le fidèle ami du héros. Il a toujours la réplique, la mimique irrésistible. Son potentiel comique est exceptionnel (on le perçoit dans son génial numéro Make 'em laugh). Enfin, Jean Hagen est tout bonnement grandiose en actrice idiote et insupportable. On jurerait que la voix de Lina est bien la sienne ! Mais ce n'est évidemment pas tout : le film offre des numéros de danses et chants absolument magistraux, souvent drôles, toujours inventifs. Les excellentes musiques sont signées Arthur Freed, grand producteur de la MGM. Morceaux choisis : l'hilarant duo Kelly/O'Connor Moses supposes, la déclaration d'amour superbe en forme de pas de deux You were meant for me, le sautillant numéro nocturne Good Morning et bien sûr le célébrissime Singin' in the rain, merveille d'inventivité qui, à mes yeux, est une des plus belles matérialisation du bonheur. Le ballet presque final Broadway Melody est quant à lui merveilleux de bout en bout tant les couleurs, les mouvements de caméra, les costumes, les pas de danse enchantés de Gene Kelly et Cyd Charisse créent une atmosphère onirique à part, une bulle de joie. A l'image du film, il donne envie de sauter, de danser, de chanter. Bref, de vivre ! N'est-ce pas là la plus belle leçon que puisse donner le cinéma ?







Un ptit lien : le blog de MissNobody consacré au film.
Et par ici : un petit reportage de France Info sur le film !
Et par là : une jolie bande-annonce de l'époque.



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1 août 2006 2 01 /08 /août /2006 22:56

Date de sortie : 18 Août 1999
Réalisé par Roger Michell
Avec Julia Roberts, Hugh Grant
Film américain, britannique.
Genre : Comédie, Romance
Durée : 2h 3min.



Quand un matin, Anna Scott, l'actrice la plus célèbre d'Hollywood, pousse la porte de la librairie de William Thacket, située dans le charmant quartier de Notting Hill, à l'ouest de Londres, le libraire ignore que commence une grande aventure. Par une série de hasards comme seul le destin peut en mettre en scène, William et Anna vivent une rencontre étonnante, attachante. Lorsque la star le rappelle quelque temps plus tard, William n'ose y croire.

Le genre : j'ai vu mieux

Une comédie assez sympa, pour passer un bon moment, même si je m'attendais à bien mieux. D'abord, je trouve le couple vedette assez mal assorti. Hugh Grant est charmant (je ne l'ai pas déjà dit ?) et Julia Roberts manie très bien l'auto-dérision mais on ne retrouve pas entre eux l'alchimie qui fait les plus beaux couples de films d'amour. Il y a vraiment quelque chose qui cloche dans ce couple, quelque chose d'artificiel que les revisionnages du film n'effacent définitivement pas. On a voulu mettre deux grandes stars ensemble, mais non, ça ne colle pas. De plus, le personnage incarné par Julia Roberts, Anna Scott, est insupportable. Comment ce gentil et naïf libraire peut-il tomber amoureux d'elle ? Bref... Heureusement, Notting Hill possède une qualité remarquable qui sauve le film des clichés du genre : un foisonnement de personnages secondaires aussi drôles et délirants les uns que les autres (le coloc complètement allumé de Hugh Grant, sa bande de copain sympas comme tout). Ils donnent au film un ton qui lui évite une trop grande banalité. Le scénario de Richard Curtis, grand spécialiste de la comédie romantique, même si assez largement prévisible et longuet sur la fin, est plaisant. De manière générale, les gags du films sont assez bons, et les dialogues souvent fins et teintés d'ironie ne sont pas en reste. Le film donne aussi un aperçu très savoureux du star-system et de ses abus, et la BO est assez sympa. Malgré tout, Notting Hill n'est qu'une bonne comédie romantique de plus, et reste reservé aux amateurs d'histoires d'amour à l'écran (je n'ai pas honte de dire que j'en suis !).





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29 juillet 2006 6 29 /07 /juillet /2006 22:56

Date de sortie : 19 Juillet 2006
Réalisé par Lucas Belvaux
Avec Eric Caravaca, Natacha Régnier, Lucas Belvaux
Film français, belge.
Genre : Thriller, Drame
Durée : 1h 56min.



L'histoire se passe à Liège, Belgique, aujourd'hui. C'est l'histoire de quatre hommes, d'une femme et d'un enfant que le destin va réunir. C'est une histoire qui commence dans la chaleur. La chaleur de l'été, la chaleur d'un café où les hommes se retrouvent pour jouer aux cartes. C'est une histoire de pudeur où on ne dit son mal que quand il est trop tard. C'est une histoire où l'argent manque ici, est trop visible là. C'est l'histoire de gens qui n'en peuvent plus, usés, brisés, vidés par leur travail. C'est l'histoire d'hommes qui vont prendre des armes pour aller chercher l'argent là où il est, dans la poche d'autres car ils pensent qu'ils en ont le droit ! Une histoire sans bons et sans méchants. Une histoire de forts et de faibles. Où chacun a ses raisons, où chacun choisit son camp. C'est une histoire où certains mourront pendant que d'autres survivront mais dont personne ne sortira indemne.

Le genre : travailleurs, travailleuses...

La raison du plus faible est un film remarquable par la force de son message. Impossible de ne pas l'entendre. C'est un thriller social, chronique juste, touchante et même révoltante de la condition ouvrière. Les personnages de cette histoire à la fois si atypique et si réelle sont tous touchants, profondément humains. Ils n'ont rien - et l'énergie de leur désespoir les convaincra de tenter de réduire même de façon infime l'injustice et la misère de leurs vies. Ils sont capables de tout pour retrouver un peu de dignité, même d'enfreindre la loi, de tenir des enfants en otages, de voler de l'argent, de menacer avec un pistolet. Parce qu'ils n'ont rien à perdre. Et qu'ils pensent que l'argent de l'usine où ils ont travaillé d'arrache-pied pendant des années pour un salaire de misère leur appartient un peu. Peut-être ont-ils raison. Pas de bons, pas de méchants, simplement des gens tentant de s'en sortir, des forts et des faibles. Les comédiens, tous remarquables, sont troublants de sincérité. On peut lire le désespoir dans leurs yeux. L'humiliation que l'on ressent à ne pas avoir assez d'argent pour acheter un scooter à sa femme, le désespoir d'avoir perdu un travail qui a été toute notre vie, toutes ces choses qui font malheureusement le lot de beaucoup de gens, c'est le spectateur lui même qui les ressent ! Le film est superbement dialogué, avec tendresse et humour (réplique qui a fait mouche : -T'es con ! -Je sais, tu me l'as déjà dit. - Oui mais t'es tellement con que ça vaut la peine de te le dire deux fois !). Le film souffre de quelques longueurs vers le milieu, mais la fin très émouvante nous le fait oublier. On ne sort pas indemne de La raison du plus faible, qui est un cri de colère et de révolte contre l'inhumain du travail industriel moderne.





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