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20 avril 2006 4 20 /04 /avril /2006 12:43
Date de sortie : 14 Mai 1997
Réalisé par Kenneth Branagh
Avec Kenneth Branagh, Julie Christie, Derek Jacobi
Film américain, britannique.
Genre : Drame
Durée : 4h 2min.



Sur les remparts d'Elseneur, Hamlet, jeune prince du Danemark, voit apparaître le spectre de son père. Celui-ci lui apprend qu'il a été assassiné par son frère Claudius, l'oncle d'Hamlet, en accord avec la reine. Le coupable lui a ravi à la fois épouse, couronne et vie. Hamlet simule la folie pour préparer sa vengeance et délaisse sa fiancée Ophélie, qui devient folle et se noie.

Le genre : to try or not to try

Je n'ai vu que la version courte (deux heures environ) que Branagh lui-même désavoue, je ne sais pour quelle raison. En tout cas, on a beau connaître parfaitement l'histoire, on se prend très bien au jeu. Le réalisateur a relevé le défi de cette pièce difficilement adaptable (il devait de plus soutenir la comparaison avec les précédentes versions de Hamlet par Franco Zefirelli, Lawrence Olivier et quelques autres). Dans le rôle titre, Kenneth Branagh est excellent, et prouve encore une fois son talent, cette fois-ci dans le domaine tragique. Excellente performance donc, surtout en ce qui concerne sa voix (changements de ton, de tessiture...). Le monologue « to be or not to be » devant un miroir sans tain (brillante idée) est superbe, très émouvant. On peut trouver tout cela un peu surjoué, mais il ne faut pas oublier que l’on est au théâtre. Beaucoup d’éléments sont là pour nous le rappeler : jeux dans les gestes, déplacements, musique sobre et peu présente. La fin du film s'éloigne un peu de cet aspect pour nous offrir un moment épique particulièrement réussi : une partie d'escrime entre Hamlet et Laerte, très bien filmée et qui tient en haleine... Kate Winslet fait une excellente interprétation d'Ophélie, même et surtout lorsque son personnage sombre dans la folie. Certains moments sont très émouvants, les monologues d'Hamlet en particulier (sauf le premier, qui m'est apparu un peu sans saveur), ainsi que la fin, lorsque tout le monde meure ! Beau décor de château, où domine le blanc qui s'accorde parfaitement aux paysages enneigés. Jolis costumes également. Un point négatif : la rencontre d'Hamlet avec le spectre de son père n'est pas très réussie. Celui-ci est plus ridicule qu'effrayant (tant sa voix que son visage). De plus, je ne peux pas dire que j'ai été complètement fascinée par le film, qui subit quelques baisses de régime ennuyeuses (moments de retranscriptions impersonnelles du texte de la pièce). Elles sont heureusement rares. C'est l'aspect théâtral du film que je retiens surtout, et qui me fait aimer sa singularité. J'attends de voir la version de quatre heures, que Branagh semble adorer pour me faire une idée de ce que représente pour lui l'aboutissement de cette adaptation.



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20 avril 2006 4 20 /04 /avril /2006 12:24
1954
Réalisé par Alfred Hitchcock
Avec Grace Kelly, Ray Milland, Robert Cummings
Film américain.
Genre : Thriller
Durée : 1h 45min.



Tony Wendice, une ancienne gloire du tennis, s'est marié avec Margot pour sa richesse. Mais celle-ci le trompe depuis peu avec Mark Halliday, un jeune auteur de romans policiers. Craignant que sa femme le quitte et le laisse sans le sou, Tony fait appel au capitaine Lesgate et le charge d'assassiner Margot en échange d'une grosse somme d'argent.

Le genre : film presque parfait

Il paraît que c'est un film mineur d'Hitchcock, moi je le trouve presque du niveau de ses meilleurs. L'intrigue est évidemment très bien menée, de bout en bout on se pose des questions (qu'est-ce qui a été réellement prévu par ce salaud de Wendice ?). La quasi-totalité du film ses passe dans l'appartement des Wendice, ce qui donne une impression d'étroitesse assez angoissante et qui évoque le théâtre (comme en témoigne la courte scène du procès de Margot, qui est filmée sur un fond neutre : pas de tribunal). Je trouve la scène du début, où Wendice parvient à manipuler Lesgate pour que celui-ci n'ait d'autre choix que d'accepter d'assassiner sa femme, vraiment excellente. Le machiavélisme de Wendice (très bien rendu par Ray Milland, acteur peu connu au demeurant) peut se lire ici comme un parallèle avec celui du maître Hitchcock dans chacun des ses films : il veut nous mener ou bon lui semble, et parvient toujours à ses fins ! Le contraste entre la frêle, innocente et douce Margot (Grace Kelly, parfaite) et son ordure calculatrice de mari ressort très bien. On se demande jusqu'au bout s'il s'en sortira indemne, mais personne n'est parfait et vos erreurs (jeu très intelligent sur les différents clés, qui m'ont légèrement embrouillée, pour mon plus grand bonheur !) vous rattrapent au bout du compte si vous avez en face de vous des gens aussi intelligents. C'est la note optimiste - et moralisante - de ce Crime. On a bien entendu le soupçon d'humour requis, car jamais un film d'Hitchcock n'est triste même lorsqu'il traite d'un mari qui trahit sa femme : le suspense et l'intrigue priment toujours. La musique est comme toujours parfaite. Un très très bon Hitchcock.



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19 avril 2006 3 19 /04 /avril /2006 16:00

Date de sortie : 08 Mars 2006
Réalisé par Bennett Miller
Avec Philip Seymour Hoffman, Catherine Keener, Clifton Collins Jr.
Film américain.
Genre : Drame, Biographie
Durée : 1h 50min.
Année de production : 2005



En novembre 1959, Truman Capote, auteur de Breakfast at Tiffany's et personnalité très en vue, apprend dans le New York Times le meurtre de quatre membres d'une famille de fermiers du Kansas. Ce genre de fait divers n'est pas rare, mais celui-ci l'intrigue. En précurseur, il pense qu'une histoire vraie peut être aussi passionnante qu'une fiction si elle est bien racontée. Il voit là l'occasion de vérifier sa théorie et persuade le magazine The New Yorker de l'envoyer au Kansas. Il part avec une amie d'enfance, Harper Lee. A son arrivée, son apparence et ses manières provoquent d'abord l'hostilité de ces gens modestes qui se considèrent encore comme une part du Vieil Ouest, mais il gagne rapidement leur confiance, et notamment celle d'Alvin Dewey, l'agent du Bureau d'Investigation qui dirige l'enquête...

Le genre : les affres de la création

Une histoire proprement étonnante, à laquelle on se prend très vite grâce notamment à l'identification au personnage principal. La raison de ceci est clairement l'interprétation excellente, et j’irai même jusqu’à dire fabuleuse, que fait Philip Seymour Hoffman de ce personnage d'homosexuel original et mégalo qu’est Truman Capote. L'acteur mérite cent fois son Oscar. Capote est un homme qui apparaît tout à fait fascinant, même si on ne le connaît que de nom ou de réputation. Les manières très affectées et la voix haut perchée (on finit par s'y habituer...) d'Hoffman me semblent très réalistes et donnent au personnage une dimension, disons, d'homme à part. Tout le monde est fasciné par lui, dans le film et dans la salle. L'histoire est quant à elle tout bonnement passionnante. L'originalité du film est qu'il n'a pas choisi un récit linéaire et prétendument exhaustif de la vie de Capote, comme c'est fréquent dans les biographies, mais au contraire il raconte un moment précis et crucial de la vie de son personnage. L'intrigue nous plonge dans l'univers de l'écrivain qui, tout en gardant en tête l'objectif final de l'écriture de son roman De sang froid, se prend d'amitié, presque de passion, pour l'un des criminels, Perry Smith (excellent Clifton Collins Jr.). Avec lui, nous cherchons à comprendre les raisons d'un meurtre aussi cruel et gratuit. Avec lui, nous arrivons même à ressentir de la sympathie pour cet homme qui apparaît comme doux et fragile. Truman s'identifie à Perry : la même enfance difficile, sans mère à la maison. Un très belle phrase résume pour moi l'idée fondatrice du film : Truman dit à son amie Nelle (à quelque chose près) « C'est comme si Perry et moi avions vécu dans la même maison. Je suis sorti par la porte de devant, et lui par la porte de derrière ». C'est ce que je retiens de ce Truman Capote : nous sommes tous hommes, grand écrivain mégalo, ou triste criminel au passé difficile, et l'on s'en sort comme on peut, presque uniquement par hasard. Truman, les années passant, en vient à espérer que les deux meurtriers soient enfin exécutés pour qu'il puisse finir son livre. Qui est le plus cruel à ce moment là ? C'est cette réflexion-là qu'a retenu le film en se concentrant sur les recherches de Truman pour son livre, mais tout est si bien vu qu'on aimerait que d'autres aspects de sa vie soient explorés (ses relations avec ses amis, son amant etc.). Voilà, pour moi un film magistral, servi par d'excellents comédiens, très poignant sans jamais sombrer dans le pathos. C'est sobre et très émouvant à la fois, tout en nuance et ne tentant jamais d'asséner son message. On se fait sa propre réflexion. C'est aussi ça, le cinéma.

Philip Seymour Hoffman et Catherine Keener. Gaumont Columbia Tristar Films

Clifton Collins Jr. et Mark Pellegrino. Gaumont Columbia Tristar Films



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19 avril 2006 3 19 /04 /avril /2006 15:53
1948
Réalisé par Norman Taurog
Avec Mickey Rooney, Tom Drake, Judy Garland
Film américain.
Genre : Musical
Durée : 2h.



La vie et la carrière des compositeurs Lorentz Hart (Mickey Rooney) et Richard Rodgers (Tom Drake), auteurs de célèbres comédies musicales...

Le genre : pour initiés

Une comédie musicale très peu connue, fastueuse reconstitution de la vie des compositeurs Hart & Rodgers, par le très professionnel Norman Taurog. Le sujet assez sympathique est porté deux personnages drôles et attachants, dont l'un est interprété par l'inénarrable Mickey Rooney, un des premiers partenaires de Judy Garland à l'écran (ils jouent d'ailleurs un numéro ensemble dans le film). Ses mimiques et répliques bien senties sont délicieuses. On rit de temps en temps, mais il faut bien avouer que l'histoire n'est pas des plus palpitantes et que certaines longueurs, notamment des dialogues, ennuient quelque peu. L'action est fort heureusement entrecoupée de nombreux numéros musicaux pour la plupart assez bons qui nous offrent le plaisir (et c'est quasiment le seul intérêt du film) de voir chanter et/ou danser des stars du musical telles que June Allyson, Gene Kelly, Cyd Charisse, Vera-Ellen, Judy Garland, Lena Horne et d'autres... Le ballet « Slaughter on 10th avenue » en particulier est à voir : Gene Kelly et Vera-Ellen y sont excellents, sortant des personnages qu'on leur attribue habituellement, magnifiés par des costumes et des couleurs remarquables. Les moments de jubilation de ce genre ne suffisent cependant pas à faire oublier un scénario somme toute assez plat et banal. Pour passionnés de comédie musicale uniquement.


Le ballet « Slaughter on 10th avenue »



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19 avril 2006 3 19 /04 /avril /2006 15:03

Date de sortie : 18 Janvier 2006
Réalisé par Ang Lee
Avec Heath Ledger, Jake Gyllenhaal, Michelle Williams
Film américain.
Genre : Comédie dramatique, Romance
Durée : 2h 14min.
Année de production : 2004
D'après la nouvelle d'Annie Proulx



Eté 1963, Wyoming. Deux jeunes cow-boys, Jack et Ennis, sont engagés pour garder ensemble un troupeau de moutons à Brokeback Mountain. Isolés au milieu d'une nature sauvage, leur complicité se transforme lentement en une attirance aussi irrésistible qu'inattendue. A la fin de la saison de transhumance, les deux hommes doivent se séparer. Ennis se marie avec sa fiancée, Alma, tandis que Jack épouse Lureen. Quand ils se revoient quatre ans plus tard, un seul regard suffit pour raviver l'amour né à Brokeback Mountain.

Le genre : pas un western gay !

Le secret de Brokeback Moutain est un film très poignant et prenant, assurément l’une des grandes réussites de 2006. Une superbe histoire d'amour entre deux cow-boys - une fable sur un amour impossible, et sur l'impossibilité de s'accepter et de s'assumer dans un monde intolérant. Avec des personnages attachants, interprétés par des acteurs vraiment dans le ton (Jake Gyllenhaal tout en sobriété, Heath Ledger plus rustre avec son magnifique accent texan : rien que pour ça, VO obligatoire!). Michelle Williams dans le rôle de la femme d'Ennis est excellente, douce et fragile. J'ai apprécié plus particulièrement le début, j'ai aimé la façon dont la relation est amenée, que j'ai trouvé vraiment réaliste. La suite était plus banale, moins prenante mais j'ai été très émue quand même. Quelques répliques apparemment anodines m'ont tiré des larmes (« Sometimes I miss you so much I can't hardly bear it... »). Il arrive aussi de rire à certaines remarques de nos deux compères, eux-mêmes à la fois émerveillés et effrayés par ce qui leur arive. Contrairement à ce qu’on a pu lire, l’appellation « western gay » ne fait pas honneur au film, le seul point commun avec les westerns étant les chapeaux de cow-boys, et l’homosexualité des personnages n’excluant jamais l’identification du spectateur. Au delà d'une belle histoire d'amour entre deux hommes, le film se montre vrai et touchant sur le thème de l'amour en général, un amour impossible car non accepté par une société conformiste et même mortifère. Ainsi, il me semble que souvent le fait qu'ils soient homos passe au second plan, sauf quand la nature « différente » de leur amour leur revient à la figure (Mode spoiler on - lorsqu'Ennis imagine un scénario assez atroce sur la mort de Jack, notamment - Mode spoiler off). Magnifié par les paysages de montagnes qui se révèlent un refuge pour nos héros auxquels finalement il ne restera que des souvenirs, Le secret de Brokeback Mountain est un film sans provocation, tout en justesse et en douceur, qui fait réfléchir sur le rejet des autres et l'acceptation de soi.
Heath Ledger et Jake Gyllenhaal. Pathé Distribution

Films d'Ang Lee sur le blog : Raison et sentiments



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19 avril 2006 3 19 /04 /avril /2006 13:00

Date de sortie : Décembre 1970
Réalisé par Jacques Demy
Avec Catherine Deneuve, Jean Marais, Delphine Seyrig
Film français.
Genre : Fantastique
Durée : 1h 40min.
Année de production : 1970
Film pour enfants



La reine moribonde a fait promettre au roi de n'épouser qu'une femme plus belle qu'elle. Dans tout le royaume, une seule personne peut se prévaloir d'une telle beauté, sa propre fille. Revêtue d'une peau d'âne, la princesse désespérée s'enfuit du château familial.

Le genre : conte enchanteur

Le retour du trio infaillible de la comédie musicale à la française : Jacques Demy à la réalisation, Michel Legrand à la musique et une Catherine Deneuve toujours divine, pour cette adaptation du célèbre conte de Charles Perrault. Ajoutons à ceci le grand Jean Marais, excellent en monarque du stade œdipien, une Delphine Seyrig délicieuse dans le rôle de la délicate et drôle fée des Lilas, et Jacques Perrin en prince charmant vraiment charmant et parfait pour Deneuve... et on obtient un film à l'ambiance féerique et rêveuse. Le conte de Charles Perrault dont il est tiré sied particulièrement bien à Demy (dont l'inceste est d'ailleurs un des thèmes récurrents). Les couleurs, les fleurs, les scènes de rêves etc. : Peau d'âne possède quelque chose d'un exprit sixties, pop, flower-power voire psychédélique, certainement inspiré au cinéaste par son voyage  aux États-Unis l'année précédente pour le tournage de Model shop. Certes le film n’atteint pas les sommets de chef-d’œuvritude et d'alchimie où se situent Les demoiselles de Rochefort par exemple, mais il reste très plaisant à voir et ne souffre pas de multiples visionnages. Les passages musicaux en particulier, composés par l'excellentissime Michel Legrand sont très réussis, malicieux et enchanteurs (quelques exemples : « Mon enfant, on n'épouse jamais ses parents », entonné par la fée des Lilas ; la recette du cake d'amour chantée par Peau d'âne ; ou encore le duo des amoureux « Nous ferons ce qui est interdit », là éncore très sixties). L'univers merveilleux du conte est retranscrit à merveille grâce à des costumes et décors de châteaux tout à fait réussis. Un film envoûtant, très coloré et plaisant. On est littéralement sous le charme.



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18 avril 2006 2 18 /04 /avril /2006 21:53



Dolly Levi, une marieuse professionnelle, tombe amoureuse d'un riche marchand dont elle doit organisé le mariage, et tisse un réseau complexe de relations amoureuses pour le persuader de l'épouser à la place.  

Pitch peu original à première vue : Barbara Streisand joue une organisatrice de mariage qui va tomber amoureuse de l'un de ses clients (l'’impayable Walter Matthau). Voici, à une période où la comédie musicale est un genre moribond, la première réalisation en solo du grand Gene Kelly. Cet adaptation du musical du même nom est une oœeuvre très plaisante, joyeuse, vivante, colorée et amusante. Un film extrêmement agréable, qui repose avant tout, en ce qui concerne l'’intrigue, sur des personnages hauts en couleur qui donnent tout son charme à l'’histoire. Les chorégraphies du talentueux Michael Kidd (il jouait un des trois marins dans Beau fixe sur New York) sont vraiment imaginatives et drôles. La musique est bonne, surtout les chansons enjouées (je me suis un peu plus ennuyée sur les ballades que Barbara Streisand, par ailleurs excellente, chante seule).

Quant au scénario, pour un peu banal qu'’il soit, il reste tout de même prenant et amusant, et quelques scènes sont vraiment réjouissantes ! Quelques longueurs cependant, qui ennuient parfois, car l’'intrigue amoureuse a tendance à se répéter quelque peu, mais on oublie vite cela, grâce principalement à des numéros musicaux enthousiasmants pour la plupart. Et un bonus de taille : la participation du grand Louis Armstrong qui joue le chef d'orchestre et nous chante quelques vers ! Inoubliable ! On est certes loin, tant chronoligiquement que qualitativement, de l'âge d'or du musical, mais Hello, Dolly ! constitue un divertissement de qualité.

 

3étoiles

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18 avril 2006 2 18 /04 /avril /2006 21:44


A la mort du milliardaire Charles Foster Kane, un grand magnat de la presse, Thompson, un reporter, enquête sur sa vie. Les contacts qu'il prend avec ses proches lui font découvrir un personnage gigantesque, mégalomane, égoïste et solitaire.

Du premier long-métrage du grand Orson Welles, même si on ne parvient pas à le considérer comme un chef-d'oeuvre, on peut dire une chose : c'est un film novateur. De part son procédé de narration d'abord. Le film dans sa totalité est un retour en arrière, flash-back retraçant la vie du célèbre milliardaire américain, le Kane du titre. Une enquête est menée pour comprendre la signification de dernier mot qu'il a prononcé, « Rosebud ». Un reporter rencontre donc les personnages ayant côtoyé ce grand homme qui a tout du self-made man à l'américaine, un parti pris de scénario qui donne au sujet une noblesse certaine. Ce procédé de flash-back intégral sert à la fois un retour sur la vie d'un homme hors du commun et une chronique de l'Amérique des années 20/30.

Le portrait est brillant. Saluons ici la fabuleuse interprétation d'Orson Welles, homme impressionnant et hautement charismatique, qui colle à merveille à ce personnage égocentrique et mégalomane. On voit au fil des années son visage, son corps, son attitude changer de façon très naturelle. Les personnages secondaires sont, comme Kane lui-même, tout à fait fouillés, réalistes, en particulier la « cantatrice », deuxième femme de Kane qui apparaît tour à tour naïve, torturée, grave, drôle...

La mise en scène, bien entendu, est elle aussi d'une grande nouveauté : de beaux jeux de lumière et de fascinants mouvements de caméra. Cependant, malgré l'évidente qualité du scénario, de la réalisation et de l'interprétation, je n'ai pas réussi à me plonger entièrement dans l'histoire. Le film dégage une certaine froideur qui empêche à mon sens le spectateur de s'attacher totalement à des personnages pourtant finement réalistes. Le mystère du « Rosebud » trouve quand à lui une résolution qui m'a un peu déçue. C'est certainement le but, et ce n'est pas un défaut en soi, car cela montre bien que l'intérêt des grands hommes ne réside pas forcément dans de grandes choses et que c'est l'insouciance de l'enfance qui prime, mais ce final quelque peu insignifiant m'a vraiment laissé sur ma faim. Une date dans l'histoire du cinéma, et un modèle, c'est certain. Citizen Kane m'a beaucoup plu, mais de façon tout à fait subjective j'avoue ne pas avoir été subjuguée par ce film.


4étoiles

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18 avril 2006 2 18 /04 /avril /2006 20:40

 

De retour de la guerre, Don Pedro et ses fidèles compagnons d'armes, Benedict et Claudio, rendent visite au seigneur Leonato, gouverneur de Messine. Dans les paysages magiques de la Toscane, noyés sous un soleil enivrant, les hommes vont se livrer à une autre guerre. Celle de l'amour. Et notamment celle qui fait rage entre Béatrice et Benedict, que leur entourage tente de réconcilier tout en essayant de déjouer les agissements malfaisants de Don Juan.

Kenneth Branagh adapte son auteur préféré et ça fonctionne, encore et toujours ! Un scénario surprenant et malicieux (évidemment, c'est du Shakespeare) où les intrigues amoureuses sont un vrai foisonnement de mystères et de conflits permanents. Les prestations d'acteurs sont excellentes et dans le ton. Branagh incarne parfaitement le rôle du très burlesque Signor Bénédict : gestes, voix, mimiques. Tout chez lui est hilarant ! Emma Thompson en Béatrice est elle aussi superbe, à la fois fragile et forte, drôle et émouvante. Leur marivaudage constant est un bonheur ; ces dialogues sont les meilleurs moments du film, malicieux et jubilatoires. Les autres interprètes sont aussi très bons, en particulier Denzel Washington. Et Keanu Reeves dans le rôle du méchant est à voir ! Tout ceci concourt à recréer parfaitement l'univers shakespearien et ses personnages si particuliers.

Dialogues brillants et inventifs (encore une fois : merci William !). La pièce du maître anglais est déjà drôle à l'origine, mais les multiples idées et la maîtrise d'un Branagh connaissant parfaitement son sujet la rendent irrésistible. De beaux décors (paysages verdoyants) et des costumes ravissants (les robes blanches de Beckinsale et Thompson !) finissent de plonger un spectateur ravi dans l'ambiance de l'action dramatique, servie par une très bonne musique. C'est léger, c'est joyeux, c'est drôle de bout en bout. Que demander de plus ? Beaucoup de bruit pour rien est une oeuvre pleine de bonheur, dont on ne se lassera pas.


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18 avril 2006 2 18 /04 /avril /2006 20:03


À la fin de la guerre, trois soldats euphoriques, Ted, Doug et Angie se fixent rendez-vous dix ans plus tard. Leurs retrouvailles se soldent par une amère déception, jusqu'à ce qu'un show télévisé s'avise d'exploiter l'évenement...

Une comédie musicale de 1955 un peu méconnue, et beaucoup moins optimiste que la grande majorité des films du genre. Ce troisième et dernier film des compères Kelly-Donen marque la fin de leur collaboration cinématographique et de leur amitié. Peut-être est-ce pour cela que le ton est aussi désabusé, et l'image de l'amitié aussi pessimiste. C'est pourtant un film vraiment émouvant, et beau, de par son caractère doux-amer et mélancolique. De plus, point important pour un musical, les chansons de Comden et Green (toujours eux) sont fabuleuses ; et que dire des chorégraphies (signées Kelly) : le trio hilarant sur des couvercles de poubelles, le numéro de Gene Kelly sur patins à roulettes (I like myself, excellente chanson), Cyd Charisse admirée par un groupe de boxers... ainsi qu'un numéro très amusant de Dan Dailey. Parmi ces nombreux morceaux de bravoure savoureux, il y a aussi une scène particulièrement drôle, où les trois amis mangent ensemble et n'ont rien à se dire. Ils se mettent alors à chanter chacun dans leur tête sur l'air du célèbre Danube bleu ce qu'ils pensent de leurs compères. Hilarant !

Beau-fixe sur New York
n'est pas un film triste pour autant, mais il laisse une impression mitigée, je trouve, malgré le happy-end (tout le monde rentre chez soi avec la femme de sa vie). Il est émouvant car porteur d'une pointe de fatalisme très réaliste sur la toute relativité des amitiés dites éternelles. Le scénario est vraiment intelligent, sensible, souvent très drôle : la satire des émissions télés qui exploitent le moindre filon un peu intéressant pour faire de l'audimat, les personnages souvent ridicules dans leur obstination à se convaincre qu'ils mènent la vie idéale. It's always fair weather est un chef-d'oeuvre modeste qui nous parle sans emphase de la vieillesse, du destin et des relations humaines.


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