Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 21:30


Repost 0
Published by lucyinthesky4 - dans A contrario
commenter cet article
8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 21:27


[Ce texte s'inscrit dans le cadre du Blogathon Godard-Corbucci, initié par Vincent sur Inisfree.]

Week-end (1967) est le dernier film que tourne Godard pour le circuit commercial « traditionnel » avant de se lancer dans l'expérience radicale de cinéma militant du groupe Dziga Vertov, et il est déjà très explicitement politique. Pour y entrer, il faut certes supporter une éprouvante première séquence où Mireille Darc en sous-vêtements raconte sans pudeur à son mari ses aventures sexuelles – Godard ajoute à ce monologue une musique envahissante et divers sons parasites qui le rendent quasi inaudible ! À la fois jeu ironique avec les attentes du spectateur et (peut-être) excès de puritanisme, cette scène légèrement pénible pourra laisser derrière un certain nombre de personnes. Mais s'arrêter là serait manquer un film absolument formidable, brillant, ludique, grotesque, violent, drôle, absurde, dans lequel je ne perçois à aucun moment l'élitisme et l'esprit de sérieux que certains fustigent.

Très vite, Week-end vire carrément au road movie. Cela commence avec ce qui est probablement le passage le plus célèbre du film : son immense travelling (trois-cent mètres et environ sept minutes) le long d'une route encombrée d'un interminable embouteillage. Une extraordinaire figure de style qui, à l'image du film dans son ensemble, dessine en un trait simple et radical un portrait par l'absurde de la France des années 60, qui « s'ennuie » et s'engonce dans la société de consommation et le culte de l'« avoir ». Ce commentaire virulent se poursuit dans les rencontres surréalistes que va faire le couple central (Mireille Darc et Jean Yanne). Week-end saute du coq à l'âne, se constitue en une sorte de collage cinématographique sans cesse surprenant : un braquage, quelques accidents, des rencontres incongrues avec des figures historiques (Jean-Pierre Léaud incarne Saint-Just !) et enfin un séjour en compagnie d'un groupe de révolutionnaires pas comme les autres.



La poésie s'insinue dans le film à l'insu de deux personnages principaux, deux bourgeois ignares qui passent leur temps à insulter tout le monde et sont imperméables aux livres, aux poèmes, à la philosophie, à la musique, à l'absurde, à la magie et à l'amour. Quand ils demandent leur chemin à Emily Bronté, celle-ci répond : « Vous voulez un renseignement poétique ou un renseignement physique ? » et se met à lire du Lewis Caroll. À quoi Jean Yanne répond : « Fais chier ce film, on rencontre que des malades ! » avant de l'immoler par le feu. Godard s'amuse avec les codes du cinéma et de sa narration. En jouant sur la distanciation, il désamorce toute identification possible: les personnages ne cessent, par exemple, d'affirmer qu'ils sont dans un film. Le cinéaste pousse l'absurdité jusqu'à ses derniers retranchements, dans ce qu'elle a de plus drôle mais aussi de plus agressif, voire pénible (les vingt dernières minutes).

Cette déconstruction permanente, et cette forme définitivement radicale (longs plans frontaux, monologues, saturation de l'espace sonore, montage « cadavre exquis », insertion de cartons) Godard en use pour faire de Week-end un implacable manifeste – et même un brûlot - politique bien de son temps, qui s'attaque à tout : la bourgeoisie, l'aliénation, la colonisation, le patriarcat, la consommation, le travail... En stupéfiant inventeur de formes, Godard tient ici, quasiment jusqu'au bout, le pari d'un film à la fois ludique et radical, subtile et virulent, léger et profond, poétique et politique.

À voir aussi sur le blog
Films de Godard : Alphaville, Pierrot le fou


Repost 0
Published by lucyinthesky4 - dans A contrario
commenter cet article
9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 06:17
Paramount Pictures

Ce n’était pas prévu au programme mais je viens de découvrir ce film, Forrest Gump de Robert Zemeckis, qui figure partout dans les classements des meilleurs films de tous les temps et comme je l’ai trouvé parfaitement affreux et sans aucun intérêt, une explication s’impose. Et puis, rien de telle qu’une critique bien négative pour se remettre en jambe après cette petite pause. SPOILERS INSIDE.

Forrest Gump est un long flash-back. Le personnage éponyme, un débile mental (disons les choses clairement, de toute façon ce n’est même pas un personnage sympathique), est assis sur un banc et raconte à qui veut l’entendre (pas moi !) l’histoire de sa vie bien remplie, de sa naissance à nos jours ; petite histoire qui va traverser et croiser la grande histoire des États-Unis de la deuxième moitié du vingtième siècle. Dès les premiers instants, c’est l’agacement qui prévaut : diction insupportable de Tom Hanks, qui s’est apparemment beaucoup entraîné pour jouer le benêt de service, voix-off lénifiante et collection de phrases stupides censées illustrer le bon sens et le bon cœur  du personnage (la fameuse réplique sur la boîte de chocolat). On comprend vite que le scénario soutiendra cette thèse biblique bien connue : « Heureux les simples d’esprit »… Enfin, scénario, si l’on peut dire, car le film n’est en réalité qu’une succession de séquences artificiellement reliées les unes aux autres. Le semblant de souffle romanesque qui se fait parfois jour retombe immédiatement dès lors que l’on revient à Forrest, sur son banc, qui continue son récit linéaire. J’ai du mal à voir quel plaisir narratif on peut tirer de cette succession de vignettes creuses, ringardes et inutiles illustrant une vie absolument pas crédible et, surtout, ne suscitant aucun attachement.

L’une des idées du scénario d’Eric Roth est que Forrest était présent lors de plusieurs grands événements de l’histoire américaine ; il rencontre quatre présidents différents, ainsi qu‘Elvis Presley et John Lennon. Pour rendre crédible ces éléments de l‘intrigue, le corps de Tom Hanks est régulièrement « incrusté » dans des scènes de télévision d’époque. Le montage en lui-même est plutôt bien réalisé (dans l‘ensemble, la maîtrise technique du film est correcte). Cependant, non seulement les imitations vocales des personnages historiques sont à chaque fois très mauvaises, mais en plus ces scènes oublient d’être drôles, charmantes ou originales. Les interférences de l’histoire personnelle de Forrest avec l’histoire qu’elle soit culturelle ou politique sont d’une débilité achevée. Exemples, c’est lui qui a inventé les pas de danse d’Elvis ainsi que le smiley (!), et qui a inspiré à Lennon les paroles d’Imagine. C’est censé être drôle ? Pire encore, Forrest Gump présente une vision simpliste et biaisée de l’histoire américaine (pas une seconde la guerre du Viet Nam n’est condamnée, par contre les hippies passent pour de sales cons…).



Si j’ai bien saisi la morale parfaitement subtile du film, pour réussir sa vie, il faut être un peu bête mais gentil, écouter sa maman, suivre les ordres et fermer sa gueule, bien travailler, devenir un héros de la patrie dans toutes les disciplines possibles etc. En contraste, le personnage de Jenny, la fille dont Forrest est amoureux, est sans cesse condamné pour ses choix de vie : sa jeunesse de chanteuse folk puis de hippie révolutionnaire et libérée la mène à sa perte ; et puis, parce qu’il faut bien qu’elle soit punie, elle meurt du sida à la fin (la maladie des débauchés, c‘est bien connu). Non sans avoir auparavant expié ses péchés en devenant une gentille femme au foyer. Le bon cœur, la docilité, le mérite, c’est bien. L’intelligence, la révolte, le désir, c’est maaal ! (…) Dans toutes les séquences des années 60, les hippies sont présentés comme violents, et le comportement de Forrest - qui tabasse quiconque touche à sa nana - comme exemplaire. Cherchez l’erreur. Ce serait insulter l’Amérique que de dire que ce film est très américain. Il est juste très bête, sans doute réac, en tout cas d‘une mièvrerie absolue et trop sûr de ses propres idées pour s‘ouvrir ne serait-ce qu‘un peu à la vie.

Apologie abrutissante et antipathique de la bêtise (ou de la prétendue sagesse des simples d‘esprit, c‘est la même chose), Forrest Gump est également d’une lourdeur sans nom. Un exemple parmi d’autres avec la bande originale, qui reste le point fort du film malgré tout : elle n’est composée que de classiques absolus du rock sixties et seventies. Cependant, le fait qu’il ne s’agisse que de tubes archi connus est déjà un peu appuyé en soit, mais en plus l’utilisation de ses chansons est franchement pénible. À chaque fois, la chanson en question redouble le propos de la scène qu’elle accompagne et l’alourdit inutilement : quand Forrest part à San Francisco, on entend Scott McKenzie chanter « If you’re going to San Francisco… », au Vietnam c’est For what it’s worth de Buffalo Springfield, lorsque Jenny quitte son squat les Doors chantent « don’t you love her as she’s walking out the door » (Love her madly), quand Forrest court sans s’arrêter pendant des mois (séquence d‘une inutilité hallucinante), c’est Running on empty de Jackson Browne… Une ou deux fois dans le film passent, mais quinze fois !

Quant à Tom Hanks, son interprétation taillée pour les Oscars (pensons à l’imparable théorie de Kirk Lazarus dans Tonnerre sous les tropiques) monolithique et forcée m’a agacée tout du long. Une « performance » qui consiste à jouer les débiles mentaux en affichant un air absent et en se tordant la bouche pour parler. À ce jeu là, Dustin Hoffman dans Rain man était beaucoup plus subtile et convaincant. Réaliser que ce film a obtenu l’Oscar en 1995 au nez et à la barbe de Pulp fiction, Quatre mariages et un enterrement et Les évadés (film que je trouve surestimé aussi, mais qui à côté du Zemeckis est un chef d’œuvre de subtilité et d’ambigüité) ne manque pas de me laisser pour le moins perplexe. Penser qu’il est l’œuvre d’un cinéaste à l’imagination généralement débordante qui se fait ici avoir par les pièges les plus crétins de la démagogie et la niaiserie, est une idée encore plus déplaisante. Je suppose qu’il y a des choses que je ne comprendrai jamais…

À voir aussi sur le blog
Films de Robert Zemeckis : I wanna hold your hand, Retour vers le futur


Repost 0
Published by lucyinthesky4 - dans A contrario
commenter cet article
16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 21:43


Ce fut au temps qu’arbres fleurissent,
Herbes et bois et prés verdissent...

Moulte passionnante est cette œuvre atypique du preux Eric Rohmer. Envie me prend d’en dire grand bien. L’anticonformisme absolu avec lequel Rohmer mène son « film en costume », éloigné de tout ce que l’on a pu voir dans le genre au cinéma, risque de rebuter plus d’un gueux. Dans son fort plaisant spectacle Le point sur Robert, Fabrice Luchini conte de manière hilarante pendant de longues minutes le tournage puis la première de Perceval le gallois, qui laissa le public au mieux perplexe, au pire consterné. L’on en comprend bien la raison. Le jusqu’au-boutisme du cinéaste est ici total.

D’abord, Rohmer traduisit lui-même le roman arthurien de Chrétien de Troyes, de l’ancien français à une langue plus moderne bien qu’elle conserve des tournures médiévales. Le dialogue maintient le mètre du texte d’origine : l’octosyllabe. Tout dans Perceval le gallois semble avant tout au service de ce texte. Ce goust pour la langue médiévale se traduit dans la direction d’acteurs à la diction exemplaire, au premier rang desquels le valeureux Fabrice Luchini, moult jeunot en l’an de grâce 1978, qui semble se délecter de chaque mot prononcé. Le naturel qu’il parvient à adopter est fort impressionnant. Au parlé et au chanté affecté de la donzelle Arielle Dombasle sied également bien le style du texte. Le jouvenceau André Dussolier se joint aussi à la distribution.

Fabrice Luchini. Les Films du Losange

L’absence de moyens est flagrante, mais il n’est point certain que Rohmer aurait réalisé un film essentiellement différent, eut-il été doté d’un pécule plus conséquent. Fort éloigné de tout désir de reconstitution d’époque,  même minimaliste comme chez Bresson (qui réalisa lui aussi une geste arthurienne, Lancelot du lac), Perceval le gallois s’appuie sus des décors à l’artifice sans cesse revendiqué et assumé. Le film fut ainsi fut ainsi entièrement tourné en un studio circulaire : les horizons de montagnes et de castels sont peints sur les murs, l’herbe est figurée par un sol peint en vert, les arbres sont d’étranges sculptures métalliques, une rivière est représentée par du verre pilé etc. Il s’en est fallu de peu que les chevaux n’en soient pas de vrais ! La stylisation est donc extrême, et cette manière qu’a Rohmer d’occire tout naturalisme pour figurer le Moyen-Âge est le trait le plus singulier de son Perceval.

Tudieu, c’est de théâtre alors qu’il s’agit ! Par certains aspects, si fait (jeu emprunté des comédiens -gestuelle et diction comprises, sobriété des décors figuratifs, mise en valeur du texte). En outre, l’action est fréquemment entrecoupée et commentée par des intermèdes musicaux plus ou moins insérés dans la diégèse, pastiches très fidèles d‘airs typiques des XIIème et XIIIème siècles. Une partie du récit est par eux pris en charge, une autre par diverses voix off, une autre encore par les personnages eux-mêmes qui décrivent leurs propres actions - l’intégralité du texte de ce roman de chevalerie inachevé, œuvre fondatrice de la langue française, étant reprise. La théâtralité de l’ensemble, qui ne tarit pas du commencement à la fin, lasse peut-être parfois un peu (le film dure 2h18).

Fabrice Luchini et Arielle Dombasle. Les Films du Losange

Il serait cependant faux de dire que Perceval le gallois se résumât à du théâtre filmé. Car l’espace réduit du film (le minuscule studio dans lequel Rohmer balade sa caméra en d‘élégants mouvements elliptiques) devient véritable espace de cinéma, et ceci par l’intermédiaire de la seule chose qui jamais vraiment compta au cinéma : la mise en scène.  Par la grâce de son regard intelligent et radical, Rohmer transcende l’artifice pour atteindre la vérité et la beauté du texte ainsi que des personnages : l’on finit par croire en cet ingénu qu’est Perceval et en sa queste pour devenir chevalier. Rohmer jamais ne craint de choir et son film est sans vergogne aucune. L’on retrouve dans ce film, le plus risqué et radical du cinéaste, des thèmes qui lui sont chers et traversent son œuvre : le désir, le destin ou encore la chrétienté (une étrange passion du Christ finale). Le parcours initiatique de Perceval rappelle par plusieurs côtés celui des personnages de ses Contes moraux.

Réflexion fascinante sur la nature de l’adaptation littéraire comme de la reconstitution historique, Perceval le gallois n’est certes point facile d’accès mais a le mérite d’exhiber une représentation inédite du Moyen-Âge, inspirée de son imagerie et non de sa supposée réalité, à laquelle nous n’avons de toute façon qu‘un accès limité. C’est peu de dire qu’on est loin d’un quelconque académisme ! C’est là la moindre des qualités de ce film à nul autre pareil, qui fait entendre la beauté d’une langue en même temps qu’il crée un univers filmique inimitable.


Repost 0
Published by lucyinthesky4 - dans A contrario
commenter cet article
29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 22:16


Triomphe de la volonté est un film de propagande de Leni Riefenstahl consacré au sixième Congrès du parti nazi de Nuremberg en 1935, congrès qui réunit plus de 200000 personnes. Il se présente comme une mise en scène de l’idéologie nationale-socialiste à l’attention des citoyens allemands : un chef tutélaire aux discours enflammés hypnotisant les foules enthousiastes, où les individus se fondent en une masse uniforme et obéissante. C'est l'un des plus célèbres films de propagande de l'histoire du IIIème Reich.

C'est une sorte de tarte à la crème critique que de considérer Leni Riefenstahl (également célèbre pour Les dieux du stade, documentaire sur les Jeux Olympiques de 36 qui exaltait la virilité et la force martiale du corps aryen) comme une cinéaste de grand talent ayant produit des images magnifiques malheureusement mises au service d'une idéologie indéfendable. Cela me paraît un peu plus compliqué que cela.

Certes, le dispositif est impressionnant, le film grandiloquent. Riefenstahl mobilise 170 techniciens. Elle est autorisée à placer sa caméra où elle le souhaite (voir la scène où celle-ci tourne autour de Hitler pendant son discours), et récolte au final plus de 60 heures de documents.  Elle y met en avant la solidarité de la base du parti avec le régime en place depuis à peine un an. Le rythme est soutenu, et le montage met en évidence le charisme du Führer, la  foule en délire et la force des symboles du parti : la croix gammée, les drapeaux, l’aigle du Reich... Tout ceci est tout de même assez répétitif, et l'intérêt historique (certain) s'émousse un peu une fois que le même schéma (discours galvanisant, foules en transe, défilés bien réglés) s'est répété cinq fois de suite. La seule séquence qui dépareille quelque peu avec le reste est celle où l'on voit de jeunes allemands au travail en marge du congrès, puis riant et s'amusant entre eux. Ces images de bonheur ont quelque chose d'effroyable.



Du propre aveu de la cinéaste, le film est fondé sur une opposition binaire entre la masse déshumanisée et l'individu, le chef, qui porte en lui la volonté de tout un peuple. Si la cinéaste filme malgré tout en gros plan les visages de jeunes hommes qui semblent possédés, presque fanatiques, c'est pour mieux mettre en évidence leur soumission au régime nazi. Cette opposition basique du cinéma de propagande se révèle dans l'utilisation de deux procédés : plongée et contre-plongée. La plongée est appliquée à la masse soumise, servile ; la contre-plongée au leader, au Führer, pour accentuer le culte de la personnalité.

Le début du film possède une dimension messianique. Triomphe de la volonté débute en effet avec des vues aériennes suggérant l'arrivée héroïque de Hitler descendant du ciel pour saluer un peuple qui vient à sa rencontre des quatre coins du pays. Le film est constitué de discours de Hitler et ses sbires, de scènes de foule en délire, et de défilés militaires parfaitement réglés. Ce fanatisme total est absolument impressionnant à voir. Riefenstahl s'en sert pour créer une sorte de mythe et amplifie le culte par sa façon même de filmer. Sous couvert de réalisme, c'est à une apologie du régime qu'elle se livre.

Le problème n'est donc pas seulement que ce Triomphe de la volonté est un film de propagande réalisé sur la demande expresse de Hitler, mais aussi et surtout que la mise en scène elle-même véhicule l'abjection qu'elle montre. Dans le congrès du parti comme dans le film lui-même, tout n'est qu'ordre, discipline, verticalité, perfection. Les cadres sont rigides, il n'y a aucune place pour la divagation ou pour la moindre interprétation, c'est-à-dire pour la liberté du spectateur. Rien ne dépasse. Les images sont univoques et c'est bien là l'une des caractéristiques majeures du cinéma de propagande. Le trop-plein d'images et de sons (musique pompeuse omniprésente) empêche toute réflexion et tout recul. D'autre part, il n'y aucun commentaire, les images sont censées parler d'elle-même en faveur de la grandeur du Reich. Cette obsession du contrôle et de la pensée unique est nazie jusqu'à la moelle.

C'est donc abject, et les qualités de cinéaste de Riefenstahl ne dédouane pas le film, voire le rend encore plus terrible. Les images ont beau être filmées avec talent, elles ne sont pas magnifiques, mais terribles et insupportables dans leur absolutisme qui n'a pour but que de retirer au spectateur toute liberté d'opinion. Je vois encore mal comment un film de pure propagande peut être considéré comme beau (discours qui est beaucoup tenu sur les films de Riefenstahl).


(Adolf Hitler et Leni Riefenstahl)


Repost 0
Published by lucyinthesky4 - dans A contrario
commenter cet article
2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 00:41


Deuxième long-métrage, aux ambitions « coup de poing », de Jean-François Richet (après États des lieux, déjà un film sur la banlieue), Ma 6-t va crack-er est aujourd'hui plus ou moins oublié, et quand il ne l'est pas, il semble mal aimé. C'est pourtant un film certes imparfait mais qui m'a touchée par la qualité de son regard et la sincérité de son propos. C'est caméra à l'épaule, dans un style sobre et direct que Richet choisit de filmer la vie de jeunes des cités qui passent leur journée à traîner en bande, entre bagarres, rencontres fréquentes avec la police et sermonnage par les adultes (parents ou professeurs).

Le cinéaste se garde de porter un jugement d'ordre moral sur ces jeunes et  sur leurs comportements apparemment absurdes et gratuitement agressifs. Il ne les enfonce ni ne les défend aveuglément, et il fait droit à plusieurs voix contradictoires (un personnage d'éducateur bien intentionné, une fille qui fait gentiment la leçon). Bien sûr, l'empathie avec les personnages restent le maître-mot mais ce qu'il s'agit de faire surtout pour Richet, c'est montrer. Montrer la colère, le sentiment d'impuissance, la révolte, la rage. En montrer également les causes possibles : la misère des quartiers, les harcèlements policiers mais aussi l'existence de ces lieux désœuvrés « où la police ne va plus ».



Le propos est totalement sincère et Richet met son peu de moyen au service d'un récit ultra-réaliste qui fait souvent froid dans le dos. Ma 6-t va crack-er a été écrit avec des jeunes de banlieue et joué par eux, d'où une crudité et une vérité des dialogues qui émeut souvent. Les jeunes interprètes sont d'un naturel confondant, et la bande son rap démontre un désir d'authenticité. La note naturaliste est tenue jusqu'au bout, d'où la plus grande portée émotionnelle du final. Cette fin en apothéose (si l'on peut dire) est évidemment ce que le film possède de plus stupéfiant et scandaleux : des scènes de destructions gratuites, mues par la seule rage de vivre dans la misère, préfigurant à leur manière les émeutes de banlieue de 2005.

Le sérieux du propos de Ma 6-t va crack-er est mis en évidence par le texte final, extrait de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : « Art 35 : Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs... ». Voilà très clairement un plaidoyer en faveur de la révolte des jeunes des cités. Le film prône-t-il pour autant la violence, comme cela lui a beaucoup été reproché ? Je ne le pense pas : il montre ce qui pourrait arrivé, ce qui est arrivé. Richet prend le partie des jeunes qu'il filme avec tant de délicatesse, ambitionnant peut-être de se faire leur porte-voix ; et il n'hésite pas à taper sur les flics et les autorités. Cependant le film dans son ensemble n'a pas la naïveté de croire que l'on trouve les bons d'un côté et les méchants de l'autre. Il montre simplement des vies brutes et misérables. C'est la colère qui le meut, mais c'est la réalité qu'il donne à voir.




Repost 0
Published by lucyinthesky4 - dans A contrario
commenter cet article
5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 17:29
Les Films du Losange

Après tout ce que j'avais entendu sur le principal scandale du dernier festival de Cannes (misogynie, violence extrême...), je m'attendais en réalité à voir tout sauf ce film recueilli et concentré qui ne vire au « massacre » que dans ses derniers moments. Je ne peux pas dire que j'ai aimé ça (c'est sacrément chiant pendant une grande partie), mais l'accueil critique reçu par Antichrist me semble largement disproportionné. Quoi qu'on en pense, voilà au moins un film rare, intéressant et qui mêle les genres avec une certaine audace (drame psy, gore, survival, fantastique). Lars Von Trier va loin dans le romantisme noir, dans le gothique mystique, et assume jusqu'au bout ses partis pris, quitte à tomber dans le symbolisme de l'ensemble un peu lourd et l'imagerie parfois archaïque.

On ne peut nier que LVT se prend totalement au sérieux, mais ne retenir de son film que son effusion de violence premier degré me paraît une erreur. Avant une dernière demie heure en effet particulièrement violente et gore, Antichrist surprend au contraire par son aspect épuré, retenu, sobre – si on excepte un prologue ultra maniéré en noir et blanc avec musique sacrée. Le début du film est assez beau, traitant du deuil et de la culpabilité avec une douceur qui n'exclut pas la cruauté. De toute évidence le cinéaste refuse les bons sentiments et le psychologisme de bazar qu'on aurait pu soupçonner à la lecture de son synopsis. Avec le départ du couple dans la forêt d'Eden, le propos se fait un peu plus répétitif même si on apprécie les piques contre la psychologie comportementale (les exercices complètement crétins que Dafoe fait faire Gainsbourg) et contre une certaine imbecillité idéologique de la religion chrétienne (du moins c'est l'interprétation que j'en ai fait, mais le film laisse planer sur son sens réel un doute ineffaçable). Le caractère réaliste du film est cependant perturbé par des interventions fantastiques et horrifiques, détournant Antichrist de son chemin tout tracé.

Willem Dafoe et Charlotte Gainsbourg. Les Films du Losange

Par la suite, l'enfermement du couple sur lui-même et dans sa douleur mène immanquablement à la boucherie sanguinolente et grotesque sous bien des aspects. La violence psychologique (douleur du deuil et mainmise émotionnelle du mari sur sa femme) laisse place à la violence physique. Ce basculement dans l'horreur de la dernière partie du film est particulièrement intéressant. Outre qu'il n'y a vraiment pas de quoi se scandaliser (c'est horrible, mais pas plus qu'un film gore lambda), l'éclatement de la violence devient une sorte de révélateur de ce qui auparavant existait en filigrane dans la relation singulière de ce couple autodestructeur. Comme si le gore se révélait être la face cachée du drame psychologique à la Bergman, comme s'il était son envers ou son refoulé. La prestation de Gainsbourg est à cette image : son versement dans la folie furieuse est très impressionnant.

À ce ce titre, Antichrist me semble un film plus subtile que cela n'a été dit. L'accusation de misogynie peut facilement être retournée, et l'on pourrait montrer que Lars Von Trier s'en prend au personnage de Willem Dafoe et à son arrogance, son autorité mal placée, sa volonté de maîtrise. On se serait bien passé, en revanche, de ce flash back sur la scène initiale, qui incrimine clairement le personnage de la femme. Mais de manière générale, le propos du film, si confus et fumeux soit-il, me semble, sinon complexe et ambigu, du moins réversible dans sa confusion même – quant à savoir si c'est là une qualité... Le film est un peu complaisant, certes, mais sa volonté d'aller chercher au cœur de l'homme ses pulsions les plus atroces reste remarquable

Charlotte Gainsbourg. Les Films du Losange

L'épilogue symboliquement très chargé m'a paru de toute beauté, reprenant le noir et blanc et la musique du prologue mais s'intéressant cette fois-ci au personnage du mari, soudain assailli par toutes les femmes sorcières sans visage que sa femme étudiait : ce qu'elles symbolisent, j'ai du mal à le voir (le remord, le retour du refoulé, l'inconscient misogyne de la société, la victoire finale de la femme sur l'homme ?), mais l'image est cependant forte. Un sentiment qui vaut pour moi à l'égard du film dans son ensemble.


Repost 0
Published by lucyinthesky4 - dans A contrario
commenter cet article
25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 00:47
Océan Films

Difficile de parler de ce film à nul autre pareil, sauf à commencer par s’insurger de son accueil injuste et de sa distribution calamiteuse. Tentons-on tout de même un éloge, c’est certainement ce qui lui servira le plus. Scénariste de génie, Charlie Kaufman passe, selon l’expression consacrée, derrière la caméra avec cet enchevêtrement hallucinant d’idées charmantes autant que troublantes. Spécialiste de la mise en abyme et des plongées vertigineuses dans l’inconscient humain quand il écrit pour les autres (Adaptation et Being John Malkovich de Spike Jonze, Eternal sunshine… de Michel Gondry), Kaufman ne déroge pas ici à sa règle avec ce récit pour le moins étrange de la vie d’un dramaturge new yorkais, Caden Cotard, loser hypocondriaque, balloté entre galères affectives et problèmes de santé. Il va se voir confier la mise en scène d’une pièce de théâtre dans un hangar géant et décide alors d’y faire jouer sa propre existence.

Tout ceci prend place dans un univers décalé, semé de détails incongrus. Synecdoche, New York, c’est notre monde, mais en très légèrement différent. Le cinéaste y distille une étrangeté discrète, un surréalisme doux, constamment surprenant, qui contamine peu à peu l’histoire mais ne verse jamais dans le fantastique pur. La réalité et l’imaginaire se mêlent très subtilement, à la faveur d’une mise en scène sensible qui ne scande jamais ces deux plans de perception, les fond au contraire l’un dans l’autre jusqu’au vertige et à la folie.

Voici par exemple quelques unes des délicieuses trouvailles mises en image par Kaufman :
- une fleur fanée tombant du tatouage d’une défunte
- une maison perpétuellement en feu
- de minuscules tableaux que l’on regarde à la loupe
- des larmes artificielles
- une lettre avec toux incluse
- une pièce de théâtre jamais achevée, aussi grande que la vie elle-même

Philip Seymour Hoffman. Océan Films

Cette mise en abyme est d’ailleurs proprement étourdissante. Caden fait jouer son propre rôle par un acteur et doit nécessairement trouver alors quelqu’un pour jouer celui qui joue son rôle, and so on… Il va même jusqu’à faire murer entièrement le théâtre pour plus de réalisme, sauf que ce n’est alors plus un théâtre ! Contamination de la vie par la fiction et de la fiction par la vie, impasse de la création… On est littéralement plongé dans le cerveau de cet homme, où le temps, comme dans toute conscience humaine, est déformée par la mémoire (on ne voit pas vraiment passer les années) et par la folie (il y a une forme de schizophrénie dans ce projet fou de faire jouer sa vie au théâtre).

C’est aussi un film d’une tristesse infinie. J’ai rarement vu ça. Son thème majeur, je pense, est la dépression. Cette impression générale d’apathie, de non-appartenance au monde, de lenteur, de pesanteur domine le protagoniste, et le film avec lui, d’une façon radicale. Cela n’empêche pas une certaine drôlerie d’affleurer, en même temps qu’un émerveillement face au monde que Kaufman nous ouvre, mais l’atmosphère générale reste celle d’une mélancolie persistante qui envahit peu à peu l’écran comme le personnage et achève le film dans un océan de désespoir. On en sort effondré et passablement impressionné par la maîtrise dont fait preuve Kaufman dans ce film foisonnant et d’une profondeur philosophique, voire métaphysique, vertigineuse.

Louons également la sobriété géniale de Philip Seymour Hoffman, et le talent de l’ensemble des comédiens qui ont brillamment réussi à se fondre dans l’univers, hermétique de prime abord, de ce cinéaste barjo. Toutes les femmes qui entourent l’acteur principal font aussi penser que Synecdoche est un film sur l’amour et la passion, meilleurs moyens pour s’extirper du néant, même s’ils débouchent inlassablement sur le malheur, la trahison, la déception. Peut-être un peu long dans sa seconde partie, pas toujours abouti et forcément très très trop écrit, mais absolument passionnant, fascinant, puissant, hypnotique, Synecdoche, New York mérite d’être vu, plusieurs fois si possible, pour en mieux saisir toute la jubilatoire complexité. Potentiellement culte ?

Philip Seymour Hoffman et Catherine Keener. Océan Films

À lire : l'accueil désastreux du film évoqué sur Tadah! Blog.


Repost 0
Published by lucyinthesky4 - dans A contrario
commenter cet article
8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 15:48
Twentieth Century Fox France


L'avantage de la comédie américaine sur la française en ce moment, c'est que si elle n'est pas toujours de qualité, au moins lui arrive-t-il de nous surprendre. David Frankel m'avait fait le coup avec son film précédent, Le diable s'habille en Prada, qui m'avait paru plus déprimant que drôle, avec son regard sévère sur les aliénations liées au travail, au delà de tout ce qu'il avait de convenu. Idem ici, même si je ne prétend pas que Marley & moi soit d'une originalité folle.

Bon nombre de comédies ont tendance à m'agacer parce que, derrière leurs apparences pseudo-subversives, elles finissent par faire l'apologie du monde et du mode de vie qu'elles prétendaient railler. Dans Marley & moi, c'est un peu le contraire. On craint d'entrée de jeu une ode mièvre à la famille américaine (ce qu'il est parfois), et pourtant j'ai senti une certaine distance entre le film et son sujet, distance moins ironique que mélancolique. Présenté comme une comédie canine débilisante, Marley & moi m'a (un peu) surprise par la tournure dramatique qu'il prend parfois (quelques péripéties cruelles) et son regard lucide sur les désillusions de la vie adulte.

L'histoire du chien surexcité qui fait conneries sur conneries est le principal ressort de la partie comédie, mais ne constitue pas l'intégralité des enjeux. Au bout de trois gags, on a compris. En fait, Frankel raconte surtout l'histoire d'un couple de bourgeois vaguement intellos (ils sont journalistes) qui avance lentement sur un chemin tout tracé : mariage, maison, carrière, enfants... et qui expérimente tous les sacrifices qui vont avec. Le film est sous-tendu par une vive inquiétude existentielle, celle de passer à côté de son existence. À certains moments, on parvient à voir au delà des clichés ce qu'il y a de triste et d'éphémère derrière la façade clinquante de l'american way of life.

Owen Wilson et Jennifer Aniston. Twentieth Century Fox France

Le personnage d'Owen Wilson, en particulier, est porteur de cette thématique : il est une sorte d'éternel insatisfait, incertain de ses choix, et qui semble regretter l'Eden perdu de sa jeunesse qui a fui. Cet Eden, ce temps où tout était possible, on ne l'a pas vu à l'écran, on se demande même s'il a réellement existé. Ce sentiment est d'autant plus émouvant qu'il est porté par le merveilleux Owen. Ce type est la tendresse et la mélancolie incarnées, l'un des acteurs les plus formidablement profonds et touchants qui soient. Jennifer Aniston est plutôt bien également (ainsi que le chien).

Certes, on trouve dans Marley & moi peu d'idées de mise en scène (les décors restent intéressants), et le final ultra larmoyant (mais efficace dans le genre) s'étire plus que de raison. Certes, il y a un côté un peu réac à l'issue de ce scénario : maman reste à la maison s'occuper des gosses et toute la famille vit dans le conformisme bourgeois d'une maison de banlieue confortable et hors de tout monde (papa renonce à être reporter et se consacre à des chroniques sur sa peu exaltante vie quotidienne...). Mais en même temps, on peut voir un certain réalisme dans ce final aux allures de résignation, cette acceptation de ce que l'on est devenu, ce bonheur d'être là où l'on est malgré les espoirs déçus et le temps qui a passé.

Owen Wilson. Twentieth Century Fox France

À voir aussi sur le blog
Films de David Frankel : Le diable s'habille en Prada


Repost 0
Published by lucyinthesky4 - dans A contrario
commenter cet article
18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 21:07
FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM D'HISTOIRE DE PESSAC - En compétition

Date de sortie : 31 Décembre 2008
Réalisé par Paolo Sorrentino
Avec Toni Servillo, Anna Bonaiuto, Giulio Bosetti
Film italien.
Genre : Biopic, Drame
Durée : 1h 40min.

StudioCanal

Biographie de Giulio Andreotti, homme politique italien de la Démocratie chrétienne pendant plusieurs décennies, à partir de son gouvernement de 1992 jusqu'à son implication dans les affaires mafieuses du pays dévouverte lors de l'opération Mani pulite.

Le genre : farce

Sept fois président du conseil, ving-cinq fois ministre, et trempé dans à peu près toutes les magouilles possibles et imaginables, Giulio Andreotti est une figure assez stupéfiante et ambiguë de la politique italienne de la fin du XXème siècle. Paolo Sorrentino en fait avec Il divo (prix du jury au dernier festival de Cannes) un portrait en forme de farce étrange, assez osée et vivante mais parfois agaçante. C'est un film qui va à toute allure, et qu'on a parfois un peu de mal à suivre. En effet Sorrentino s'amuse un pau arbitrairement à tester toutes sortes d'effets de caméra ou autres (les textes  de couleur qui se baladent sur l'écran) plus ou moins adéquats. Les effets de style lui tiennent lieu de véritable style... Or rien dans ce si beau sujet ne justifié un traitement aussi "cool" et "fun". S'il est rythmé et efficace, Il divo fait alors davantage penser à un bon film d'action qu'à un grand film politique dans la plus pure tradition italienne. C'est fort dommage, tout cela aurait pu être beaucoup plus passionnant,  surtout avec un tel personnage. Heureusement il y a ce formidable acteur, Toni Servillo, qui joue le fameux Andreotti comme une créature bizarre, fatiguée, rabougrie. Dès lors, dès que Sorrentino se calme un peu et le regarde plus attentivement, dans de belles scènes intimes sombres et quasi oniriques, c'est un bonheur. Le personnage reste insondable, mais tenter d'en percer le mystère reste très stimulant. On assiste alors à une œuvre fort intéressante, qui offre dans ses meilleurs moments une chronique mordante et ironique d'un système, d'un monde politique qui ressemble bizarrement à une vaste blague. Une farce, donc,  avec ses bouffons, ses courtisans, ses situations aburdes, ses tromperies, ses décors improbables (dont la symétrie inébranlable offre quelques belles occasions à Sorrentino de montrer un talent plus sobre). La qualité des dialogues y est pour beaucoup, tour à tour d'une ironie cinglante et d'une vérité poignante. Cependant l'analyse est un peu trop légère et le film pas assez cohérent ou resserré pour emporter totalement l'adhésion. On en sort quelque peu épuisé et pas forcément convaincu. Pour un grand film politique italien contemporain, revoir Le caïman de Nanni Moretti.


Toni Servillo. StudioCanal

StudioCanal


Repost 0
Published by lucyinthesky4 - dans A contrario
commenter cet article

  • : Goin' to the movies
  • Goin' to the movies
  • : Blog de critiques cinéma d'Anna M. «Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)
  • Contact

GOIN' TO THE MOVIES

Blog de critiques cinéma d'Anna M.

«Le cinéma, c’est comme l’amour, quand c’est bien, c’est formidable, quand c’est pas bien, c’est pas mal quand même.» (George Cukor)

Recherche