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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 18:52
Le héros d'Iwo Jima / The Outsider

Ira Hayes, Indien d’Amérique engagé chez les marines durant la Seconde Guerre Mondiale, devient héros de la nation en faisant partie du groupe de cinq soldats ayant hissé le drapeau américain sur les hauteurs d’Iwo Jima (épisode exploré par Clint Eastwood dans le beau Mémoires de nos pères en 2005). Le héros d’Iwo Jima (The Outsider), film méconnu de Delbert Mann, n’est réellement pas le récit de cet exploit – c’est l’« histoire vraie » d’un homme qui ne supporte pas l’absurdité de sa gloire soudaine, du traumatisme engendré chez lui par la guerre et la mort d’un camarade, et de son incapacité à renouer avec les siens à son retour.

 

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 17:44
SMOKING / NO SMOKING

Travelling avant sur un paquet de cigarettes. Fumera, fumera pas ? Selon la décision que prendra le personnage de Sabine Azéma, toute son existence et celle de sa famille, de ses amis, de ses voisins, en seront modifiées. D'où deux films. On s'arrête là ? Non, car à l'intérieur de Smoking et de No smoking, d'autres décisions seront prises par d'autres personnages qui dessineront elles aussi des destins différents. Douze en tout.

Smoking/No smoking est l'adaptation de huit pièces du dramaturge anglais Alan Ayckbourn regroupées sous le titre Intimate Exchanges et que l'auteur se plaît à appeler une « orgie théâtrale ». Un projet de cinéma fou (Resnais souhaitait à l'origine en faire huit films différents) qui ne surprend pas si l'on connaît le goût du cinéaste pour les films multiples et les récits entrelacés, d'Hiroshima mon amour aux Herbes folles en passant par La vie est un roman.

 

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 21:52

http://img.over-blog.com/700x200/4/90/96/12/semainecoree.jpeg

Restauré en 2008 par la World Cinema Foundation de Martin Scorsese, La servante (1960), cinquième et plus célèbre film de Kim Ki-Young, s’apprête à ressortir dans les salles françaises en juillet.

Ce drame psychologique outré et virtuose décrit la trajectoire d'une famille bourgeoise, dont le petit théâtre bien rangé va virer au drame puis à la tragédie. Un professeur de piano provoque l'émoi chez ses élèves ouvrières. Lui, très pudibond, fait renvoyer l'une d'elle qui a eu le tort de lui avouer son désir. Désir interdit et rapport de classes, voilà déjà la dialectique du film mise en place. Lorsque l'un des élèves du protagoniste lui présente, à sa demande, une fille susceptible de devenir domestique dans sa maison, il est entraîné dans une chute interminable. La servante ne tarde pas à devenir sa maîtresse, et à menacer et manipuler toute la famille pour parvenir à ses fins. À partir de là, le film devient un étouffant huis clos où l'architecture de la maison est utilisée de façon brillante. Quand la servante monte et descend les escaliers, portant de la nourriture dont on ne sait pas si elle est empoisonnée ou non, on se croirait soudain chez Hitchcock (Psychose, Soupçons).

À l'image de son personnage éponyme, le film sombre peu à peu dans une folie et une rage à la fois fascinantes et harassantes. La tragédie se transforme finalement en farce macabre souvent à la limite du grotesque, pour le meilleur et pour le pire. Mais La servante tient d'un bout à l'autre par la force de la mise en scène brillante de Kim Ki-Young, qui entretient une atmosphère de trouble et de paranoïa ainsi qu'une certaine ambiguïté des personnages et de leurs sentiments, par exemple en cadrant l'homme de façon à ce qu'on ne sache jamais réellement s'il est en train d'agoniser ou de jouir.

http://www.lecinematographe.com/photo/art/default/3362808-4830430.jpg?v=1321104419

Difficile de s'attacher à qui que ce soit dans La servante, entre un homme médiocre et veule, une femme faible et soumise, la servante folle à lier et des enfants oscillant entre l'insupportable et l'insignifiant. Pourtant, chaque personnage recèle une force et une beauté secrètes qui se révèlent petit à petit - notamment les femmes, l'une mère vertueuse, l'autre catin hystérique, toutes deux victimes d'une société corsetée où seul a droit de cité le souci de la réputation et de l'honneur. On s'interroge d'ailleurs au final sur le degré d'ironie du film vis-à-vis de son récit. Cette conclusion décalée qui nous sort subtiement du récit pour le faire commenter par le protagoniste est-elle cynique, puritaine, subversive ? C'est dans cette ambiguïté même que réside la puissance inquiétante de ce film hallucinant.

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 11:33
Beauté de la beauté

Entre 1974 et 1978, Kijû Yoshida élabore et réalise une émission documentaire hebdomadaire consacrée à l’histoire de l’art, diffusée sur la chaîne de télévision japonaise Channel 12. Une étonnante et monumentale série dont le DVD édité cette semaine présente 20 des 94 épisodes. On ne saurait s’exprimer sur la pertinence de cette sélection ; on peut simplement constater que de manière assez cohérente, l’éditeur Carlotta a choisi de conserver uniquement des épisodes de la série commentés par Yoshida lui-même (les premiers épisodes, dont l’un sur Léonard de Vinci, étaient commentés par des historiens de l’art avant que le cinéaste opte pour une plus grande implication personnelle) et consacrés à un peintre en particulier (vers la fin, il semble que Beauté de la beauté ait davantage fonctionné par thèmes géographiques : l’art égyptien, l’art sicilien etc.). Telle que présentée ici, la série est découpée en trois parties : « Du Moyen-Âge à l’âge baroque » (Bosch, Bruegel, Caravage), « L’Europe romantique » (Goya, Delacroix) et « L’impressionnisme et au-delà » (Manet, Cézanne, Van Gogh). Chaque peintre se voit consacré deux à quatre épisodes de 24 minutes.

 

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 18:20


Suite (après une assez longue interruption, j'en conviens) de ma découverte de l’œuvre atypique de Gérard Courant.

Les aventures d'Eddie Turley, dont la réalisation s'est achevée en 1987, est un « film en noir et blanc fait par Gérard Courant » comme l'indique le générique, mais c'est surtout un long-métrage composé uniquement d'images fixes : en tout deux-mille quatre-cents photos prises sur une période de quatre ans un peu partout dans le monde. Ce procédé est le même que dans la célèbre Jetée de Chris Marker, et il est amusant de noter que les thèmes de deux films ne sont pas si éloignés, puisque Les aventures d'Eddie Turley relève d'une science-fiction tout à fait classique (sur le fond). Comme si ce principe de la succession d'images fixes évoquait et appelait de lui-même des thèmes futuristes.

D'ailleurs, dans le film de Courant, le procédé se justifie de manière très intelligente à l'intérieur même de la narration : le film que nous voyons est supposé être une compilation des photos subtilisées par le protagoniste aux Ministre des Images de la ville de Moderncity. Ces clichés sont entrecoupés de cartons aux textes philosophiques ou poétiques, qu'on devine extraits du journal intime du héros. Une narration à la première personne, assez belle, en voix off permet de lier tout cela et d'expliciter ce que les images suggèrent. Le narrateur et héros de cette histoire, c'est Eddie Turley, un agent travaillant pour les Pays Extérieurs et chargé de s’infiltrer à Moderncity pour comprendre puis faire chuter le régime totalitaire du Roi. On assiste donc à un récit de SF très classique et relativement prévisible, dans lequel Turley découvre un État policier, autoritaire et liberticide. Il devient grain de sable dans les rouages du pouvoir, finit par faire renverser la dictature et quitte le pays avec la femme aimée. Clairement inspiré de 1984 (la figure du Roi évoque Big Brother, et il est fait allusion à une sorte de novlangue où des mots comme « liberté », « pourquoi » ou « oser » sont interdits), le film évoque avant tout l'Alphaville de Godard : le noir et blanc, les paysages urbains aseptisés, la personnalité du héros, son amour pour une femme à la position ambivalente, la découverte progressive de la liberté et de la poésie pour cette dernière...

L'exploit de Gérard Courant ici, c'est de parvenir à nous plonger dans un univers de science-fiction parfaitement crédible tout en restant dans un très grand minimalisme. Pas d'imagerie science-fictionnelle foisonnante, pas de grandes visions futuristes, simplement le pouvoir de suggestion de ses très belles images : et on y croit totalement ! Symbole de la capacité même du cinéma de faire du fantastique à partir de son matériau fondamentalement réaliste. Ainsi, Les aventures d'Eddie Turley sont aussi et peut-être surtout une réflexion sur ce qu'est le cinéma. En faisant de son film une suite de clichés photographiques, Courant cherche à retrouver l'essence du septième art, qui n'est en réalité rien d'autre qu'une succession (certes très rapide) d'images fixes. Les photos du film sont des traces du monde mises bout à bout, et le rythme hypnotique auquel elles se succèdent réussit à créer l'illusion du mouvement, illusion fondamentale du cinéma. Par la puissance du montage, Courant parvient à réaliser un film de science-fiction expérimental et atypique mais néanmoins très efficace, et surtout une méditation poignante sur le pouvoir et sur la beauté de son art.

La fiche du film sur le site officiel de Gérard Courant.

À voir aussi sur le blog
Films de Gérard Courant : L'homme des roubines

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 00:44

En préambule, je remercie Gérard Courant qui m'a personnellement envoyé plusieurs de ses films (tous auront droit à une note ici) et l'excellentissime Dr Orlof qui a rendu cela possible !

L'homme des roubines est le portrait d'un peu moins d'une heure que consacra en 2000 Gérard Courant à son ami Luc Moullet, génial cinéaste cinéphile et touche-à-tout. Moullet est un personnage totalement atypique, d'une intelligence et d'une drôlerie qui n'appartiennent qu'à lui, et le film parvient à retranscrire formellement cette personnalité à part. Il s'organise en une succession de séquences où Moullet part sur les traces de son histoire familiale et de ses films dans les paysages des Alpes du Sud où il a grandi et beaucoup tourné (le terme « roubines » désigne d'ailleurs des terres noires fortement érodées que l'on trouve dans cette région). Ce coq-à-l'âne permanent est particulièrement agréable et fécond.

Le réalisateur d'Une aventure de Billy le Kid délivre ici à la pelle d'inoubliables sentences absurdes, des aphorismes délirants, des anecdotes invraisemblables, des monologues pataphysiques sur la vie et sur le cinéma. Son humour pince-sans-rire fait mouche à chaque fois : impossible de ne pas rire quand, par exemple, il évoque avec flegme la scatophilie de sa grand-mère ! En même temps, ce que raconte Luc Moullet n'est jamais dénué de profondeur, de subtilité et parfois d'une certaine inquiétude, comme lorsqu'il parle de sa crainte de sombrer dans la folie, étant donné la proportion importante de fous dans sa famille – sujet apparemment sensible qu'il exploite dans son délicieux documentaire de 2009, La terre de la folie.

Avec L'homme des roubines, Gérard Courant réalise un film sur Luc Moullet et avec Luc Moullet. Les placements et déplacements de Moullet dans les espaces qu'il nous fait parcourir sont eux-mêmes sources de gags ou d'effets incongrus, qui rappellent qu'il est également un cinéaste et acteur burlesque (l'un des rares du cinéma français). Nous sommes littéralement invités à prendre place dans l'univers absurde de Luc Moullet, que Courant nous rend parfaitement accessible. On repère une probable communauté d'esprit entre les deux hommes, ce qui fait de L'homme des roubines un véritable « film à deux ». Un portrait passionnant, drôle et malin.


[Ma critique figure, parmi d'autres et plein d'infos intéressantes, sur la page du film du site officiel de Gérard Courant.]


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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 01:03

CYCLE ARTHURIEN 9/10

Film d'aventure (plus précisément, de cape et d'épée) américain typique de la production des années 1950, Prince Vaillant est l'œuvre de Henry Hathaway, réalisateur du merveilleux Peter Ibbeston en 1935 et plus tard du western True grit, dont le remake par les frères Coen sort bientôt. Si le film s'inscrit dans la geste arthurienne, il ne traite pas directement de ses thématiques (quête du Graal, conquête du trône de Bretagne, amours adultérines et incestueuses...) puisqu'il regarde le mythe « de côté » en s'intéressant à un destin parallèle à celui d'Arthur et de ses chevaliers : celui d'un prince nordique en exil qui se réfugie à Camelot. C'est le Vaillant du titre.

Adaptée d'une bande dessinée américaine (ce que rappelle le beau générique), l'histoire du Prince Vaillant est un récit initiatique : celui-ci apprend la chevalerie auprès de Sir Gauvain, et l'amour auprès de la belle Ilene. Ici, pas de grande épopée, donc, mais simplement une intrigue « domestique » : les rivalités dans la Table Ronde, les tournois, la santé de Gauvain, l'apprentissage de Vaillant, et les amours de tout ce beau monde ! Ce traitement « en dessous » du mythe arthurien, le tire de l'épique vers le rocambolesque. C'est même, en réalité, l'intrigue sentimentale qui intéresse le plus, avec ses quiproquos et ses revirements qui évoquent par bribes les comédies romantiques de l'âge d'or, avec le quatuor amoureux formé par Vaillant, Gauvain et deux charmantes sœurs (Janet Leigh et Debra Paget).

Sur le plan de la forme, comme on pouvait s'y attendre, le film est assez terriblement vieilli, en tout cas dans l'imagerie qu'il déploie. Il l'est tout de même moins que Les chevaliers de la Table Ronde de R. Thorpe (tourné un an auparavant). C'est qu'à mon sens Prince Vaillant est moins « empesé », à la fois formellement et thématiquement - il n'embrasse pas de grands sujets, à l'exception, au passage, de la lutte entre les gentils chrétiens et les méchants païens. Très soigné et agréable pour les yeux (les couleurs chatoyantes, l'utilisation intelligente du Cinemascope), le film offre également quelques très beaux morceaux de bravoures. Ainsi de cette longue plage muette de traque et de combat, vers le début du film, rythmée uniquement par la musique et le montage. La bataille finale dans le château viking est également remarquable. L'interprétation est au diapason de ce premier degré et de ce sérieux qu'il faut saluer. Si l'on passe outre la coupe de cheveux improbable et grotesque de Robert Wagner, Prince Vaillant se révèle un divertissement soigné et honorable.




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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 00:25


David Miller connaît, depuis l'âge de neuf ans, le jour de sa mort. Il sait qu'il mourra peu avant ses trente-quatre ans, il le sent, il le voit, il le décide. Peu avant sa mort programmée, il se lance dans un « bilan » de ses souvenirs. De là démarre un voyage à la fois abstrait et concret que Lionel Baier, jeune cinéaste suisse auteur en 2008 du magnifique Un autre homme, filme avec l'équipe de tournage la plus réduite qui soit : juste lui et son téléphone portable. Réalisé en un mois sur une commande du festival de Locarno, Low cost (Claude Jutra) est une sorte de collage, un film de poche, un carnet, une œuvre en train de se faire. D'où sa structure labyrinthique visitant par petites touches les confins de la mémoire de son protagoniste.

« Je ne veux pas mourir là où je suis né, ça n'a rien d'épique, c'est complètement pathétique ». David décide ainsi de voyager - sur des compagnies low cost, évidemment. La voix off du narrateur (superbement écrite) nous emporte dans un vertigineux monologue intérieur qui parle du corps, des souvenirs, de la mort, de l'identité. Que reste-t-il de nous à la veille de notre mort ? Voilà la question que se posent le personnage et le cinéaste. Malade d'on ne sait quelle maladie, David Miller part à la rencontre de proches (un ami suicidée, un ex petit ami, sa mère) et d'inconnus. Low cost (Claude Jutra) nous amène à réfléchir sur la nature et l'importance prétendue des « derniers instants », les dernières fois où l'on a fait ceci ou cela, où l'on a parlé à telle personne, où l'on a visité tel lieu...

Pourquoi « Claude Jutra » ? Parce que le protagoniste développe une étrange obsession pour ce cinéaste québécois suicidé il y a plus de vingt ans, avec dans la poche un papier sur lequel était inscrit ces quelques mots « Je suis Claude Jutra ». Low cost intrigue sans cesse et interroge sur sa nature : autoportrait du réalisateur (Lionel Baier), portrait du personnage (David Miller), portrait d'un être réel (Claude Jutra) ? Le film n'est jamais complaisant, solennel ou pompeux malgré la gravité de son sujet. Il rappelle la démarche des récents journaux filmés d'Alain Cavalier ou de ceux de Joseph Morder, sauf qu'il s'agit d'une fiction. Low cost, c'est une collection de visions terribles, légères, cruelles, profondes, charmantes - parfois bouleversantes, comme ces retrouvailles sublimes avec un ex petit-ami filmé de près avec un regard à la fois amoureux et distant.

Nous sommes la sommes de tous nous souvenirs, voilà l'élégiaque leçon de ce film rare et beau. À la fois quotidien (Baier s'attarde sur des petits gestes, des objets de tous les jours) et métaphysique dans sa réflexion sur la mort et la mémoire, c'est aussi un commentaire sur le monde contemporain. Ce dernier semble se caractériser par une dévaluation de la vie, qu'il s'agit de combattre à chaque instant. Mu par la peur de perdre du temps et de ne pas vivre, le film suit les fluctuations de la pensée de son personnage : « Je ne vois pas ce qu'il y a de brillant à mourir jeune, je vois pas ce qu'il y a d'héroïque à disparaître alors qu'on est à peine apparu aux autres, alors moi pour éviter cet écueil, j'ai vécu trois vies à la fois, je les ai empilées les unes sur les autres ». Ce court film (cinquante-cinq minutes) sacrément low cost, « fait à la main » par Lionel Baier, est un petit miracle en basse définition.


Bon plan pour les couche-tard et les curieux : Le film est disponible en VOD jusqu'au 6 février 2011, uniquement de 22h30 à 4h du matin, à cette adresse : http://www.tsr.ch/fiction/2010/low-cost/  



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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 14:23

CYCLE ARTHURIEN 8/10

Avec Quest for Camelot (1998), on ne peut pas dire que la Warner ait révolutionné le dessin animé. Cette histoire située dans le cadre du légendaire Camelot s'inspire vaguement de la légende pour broder sur une histoire assez banale. Ici, les héros du mythe arthurien original sont quasi-absents : Arthur est un personnage secondaire, figure tutélaire du bon roi qui souhaite instaurer la paix en son royaume, Merlin apparaît quelques minutes... et c'est tout. Les personnages de l'histoire sont donc de pures inventions. Le meilleur chevalier n'est pas Lancelot ou Perceval, c'est Sir Lionel, le père de l'héroïne. Le méchant de l'histoire n'est pas Mordred ou Méléagant, c'est Sir Ruber...

Difficile de commenter ce film tant il est d'une banalité à toute épreuve. Il semble s'efforcer de remplir toutes les cases nécessaires à la confection d'un dessin animé « potable ».
- Une héroïne auquel les jeunes spectateurs peuvent s'identifier : check ! Kaysey est une jeune fille simple, dont le père décède prématurément, et qui cherche un sens à sa vie : elle aspire à devenir chevalier (chevalière?) comme lui.
- Une intrigue en forme de récit initiatique : check ! Comme l'indique son titre, Quest for Camelot est le récit d'une quête (récupérer Excalibur des mains de Ruber et la rendre à son possesseur légitime, le bon roi Arthur). Bien sûr, c'est aussi  métaphoriquement un parcours ultra classique d'émancipation pour l'héroïne, qui quitte la ferme et sa mère pour la « vraie vie » de Camelot.
- Une histoire d'amour : check ! Dans la forêt, Kaysey rencontre un jeune ermite aveugle, qui retrouvera bientôt, à son contact, goût à la vie et à la chevalerie. Le récit est terriblement attendu.
- Quelques personnages secondaires marrants : check ! Comme dans beaucoup de dessins animés, les personnages principaux sont un peu fades, et l'on trouve son bonheur dans l'humour déployé ici par un dragon à deux têtes qui se disputent sans cesse.
- Des chansons bien mieilleuses : check ! Deux ou trois bonnes chansons composées par Patrick Doyle, mais celle-ci sont gâchées par l'insupportable mièvrerie des interprètes vocaux.

Bref, Quest for Camelot n'est qu'une succession de lieux communs un peu lassants. Un certain savoir-faire a clairement été investi là-dedans, ce qui permet au film de se regarder sans déplaisir, mais enfin... L'académisme du dessin animé (en mode « Disney en petite forme ») dans toute sa splendeur !




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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 02:27

CYCLE ARTHURIEN 6/10  

Comme la majorité des films vus jusqu'ici pour ce cycle qui passionne les foules, Camelot choisit parmi toute la masse d'enjeux narratifs et romanesques passionnants que contient la geste arthurienne, de centrer son intrigue sur le triangle amoureux Arthur/Guenièvre/Lancelot. Si cette orientation n'est pas nouvelle, au moins Camelot a-t-il une originalité sur le plan du genre : c'est une comédie musicale. À l'origine, il s'agit d'un show de Broadway dont le livret était inspiré, à l'instar du Merlin de Disney, des romans de T.H. White, et dont Julie Andrews et Ruchard Burton tenaient les rôles titres. Nous sommes en 1967, et l'âge d'or de la comédie musicale est passé depuis quelques années déjà. Joshua Logan, figure importante du théâtre américain, réalise un musical sans chorégraphies mais avec un atout majeur : les chansons d'Alan Jay Lerner et Frederic Loewe (déjà auteurs de Brigadoon et My fair lady).

Camelot, donc : la cité légendaire où réside le roi Arthur. Il y attend sa promise, la douce Guenièvre, qu'il épouse rapidement. Celle-ci ne tarde pas à rencontrer l'arrogant chevalier Lancelot, qui lui inspire d'abord de l'antipathie avant qu'ils ne vivent ensemble l'idylle que l'on sait. La jalousie du roi Arthur et les manigances de ses ennemis mèneront le royaume au bord de la guerre. Sujet vaste et épique, difficile à traiter dans le cadre du musical. C'est pourquoi l'intrigue se centre davantage sur les personnages, en particulier sur le roi Arthur incarné par Richard Harris. Choix judicieux car ce sublime anglais (plus connu par chez nous pour avoir été le Dumbledore des premiers Harry Potter) fait un roi génial, charmant, original, légèrement efféminé. L'acteur fait penser à Rex Harrison avec son phrasé si particulier, ce parlé-chanté qui convient si bien aux partitions d'Alan Jay Lerner (la musique de Camelot évoque d'ailleurs grandement celle de My fair lady, les deux productions étant quasi contemporaines). Pour tout dire, Richard Harris est, avec les remarquables chansons, l'attrait principal du film.

À ce titre, le début de Camelot est un régal, qui voit la rencontre, le mariage et les projets de souverains d'Arthur et Guenièvre – c'est Vanessa Redgrave, qui pastiche le chant de Julie Andrews et ressemble incroyablement à Catherine Deneuve, mais est très bien quand même. Puis arrive Lancelot, interprété par l'imbuvable bellâtre italien Franco Nero, et le scénario se fait beaucoup moins convaincant. C'est que toute la sympathie du spectateur demeure pour le roi Arthur, et l'on se demande vraiment comme Guenièvre peut tomber amoureuse d'un si piètre Lancelot alors que son époux est si charmant. À aucun moment Joshua Logan ne parvient à rendre cela crédible. Du coup, l'amour adultère de Lancelot et Guenièvre, alors qu'ils sont censés être l'un des couples mythiques les plus bouleversants qui soient, n'est à aucun moment émouvant (et ce même durant les chansons d'amour qu'ils interprètent à l'écran). Tout juste se réjouira-t-on ici que le film ait le bon goût de parler de l'adultère sans faire ni de la femme, ni du mari, ni de l'amant le méchant de l'histoire.

Le film, de comédie, se transforme progressivement en tragédie, en faisant du roi Arthur une figure mélancolique et troublante (là encore, remercions Richard Harris). Le problème majeur, c'est que cela se fait sur un temps effroyablement long : le film dure quasiment trois heures ! On retiendra tout de même quelques beaux passages, où Logan parvient à faire oublier une certaine artificialité des décors et des costumes (ces manteaux en peaux de bêtes, franchement...). La séquence du mariage en particulier, avec ses milliers de bougies scintillantes, est d'une grande beauté. De manière générale, la mise en scène prend en charge les changements d'humeur du scénario de façon intelligente. Cela dit, le basculement de la comédie vers la tragédie, du calme au chaos, du flirt au chagrin d'amour, finit tout de même par alourdir le film, qui s'étale bien plus que de raison sur un intrigue somme toute très légère. Reste à ce Camelot, un peu trop ambitieux pour ce qu'il a à offrir, un charme, une petite musique, un je-ne-sais-quoi...



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