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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 00:48

Adapté d’un scénario écrit en 1973 par Jean Gruault et destiné à François Truffaut, le quatrième film de Valérie Donzelli aborde une histoire d’amour incestueuse avec un lyrisme étonnant, à la fois naïf et « trash ». Marguerite et Julien fait beaucoup penser à Jacques Demy mais déploie un style singulier, aussi fragile que séduisant.

Le conte est l’une des figures récurrentes dans les films cannois de cette année. Il y a bien sûr le Tale of tales de Matteo Garrone, adaptation de trois contes tirés d’un recueil italien du XVIIème siècle. Il y a aussi Les Mille et une nuits de Miguel Gomes, variation autour des contes de Shéhérazade qui sonde le Portugal d’aujourd’hui via de courtes histoires issues de faits divers véritables. Il y a même Pauline s’arrache, documentaire d’Emilie Brisavoine sélectionné à l’ACID, dont les cartons présentent l’héroïne comme une princesse coincée dans le château familial. Marguerite et Julien démarre lui aussi comme un conte se déroulant « il y a très, très longtemps ». C’est à l’intérieur d’un dortoir qu’une jeune surveillante raconte à des petites filles ébahies l’extraordinaire histoire de Julien et Marguerite de Ravalet, frère et sœur incestueux au destin funeste.

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 11:15
Pause

Sami (Baptiste Gilliéron) est un musicien fauché et flegmatique dont la petite amie Julia (Julia Faure) décide de faire une pause dans leur relation. Pour la reconquérir, Sami reçoit les conseils moyennement avisés de son vieil ami guitariste Fernand (André Wilms). Ce premier long-métrage du Suisse Mathieu Urfer a été présenté sur la Piazza Grande de Locarno l’été dernier, avant de recevoir une mention spéciale au palmarès du festival d’Arras. Charmant, mais limité.

Pause est fondamentalement une comédie du remariage : le couple se sépare au début du film et l’on passe l’heure suivante à attendre leur réconciliation. Cette réconciliation passe avant tout par la musique : Sami compose des chansons pour épancher sa peine et reconquérir Julia. La présence de musique country et folk est la touche personnelle du projet – comme le réalisateur du film, son personnage principal est chanteur, compositeur et guitariste. C’est dans ces chansons naïves, bébêtes et touchantes que réside le cœur émotionnel de Pause.

 

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 10:19
Fidelio, l'odyssée d'Alice

Mécanicienne dans la marine, Alice laisse à terre son petit ami Félix pour embarquer sur le Fidelio, un bateau qu’elle a bien connu et sur lequel elle retrouve un ancien amant, Gaël, le commandant de bord. Ce voyage initiatique sur un bateau mystérieux où rôdent la mort, la perte et la solitude, est le premier long-métrage de Lucie Borleteau, remarqué à Locarno et à La Roche-sur-Yon, notamment pour la prestation habitée d’Ariane Labed.

Fidelio, l’odyssée d’Alice est un quasi huis clos. Le Fidelio, bateau étrange et inquiétant, bateau monstrueux, en est le décor presque unique. D’emblée, le film s’emploie à observer avec minutie le quotidien et le travail des marins dans ce lieu tour à tour oppressant (la salle des machines) ou impressionnant (le pont, la cabine du commandant). À l’intérieur de ce microcosme, c’est sur Alice que la réalisatrice focalise son regard : cette dernière vient d’intégrer l’équipage afin de remplacer l’un des marins, mort dans des conditions mystérieuses.

 

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 13:48
Vincent n'a pas d'écailles

Vincent n’a pas d’écailles, mais c’est tout comme. Vincent a un pouvoir surhumain : au contact de l’eau, sa force se décuple. Il court et nage plus vite, il peut porter des poids énormes. Alors qu’il avait jusque là caché cette particularité à tout le monde, sa rencontre avec Lucie (Vimala Pons) change la donne. Le premier long-métrage de Thomas Salvador, lauréat du Grand Prix du Jury au FIFIB et film d’ouverture du festival de La Roche-sur-Yon 2014, est une comédie limpide et douce, un film fantastique minimaliste et malicieux.

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 13:58
Dark touch

Après le bizarroïde et mésestimé Ne te retourne pas, qui avait reçu un accueil catastrophique à Cannes en 2009, et un passage par la case téléfilm avec Le Petit Poucet, présenté à Venise 2011, la singulière Marina de Van a financé et tourné hors de France son dernier projet. Avec Dark Touch, en compétition à Strasbourg 2013 et Gérardmer 2014, elle revient à de l’horreur plus classique, si l’on peut dire, avec une intrigue à base de maisons supposées hantées et d’enfants très très flippants.

 

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 13:52
All cheerleaders die

Venu présider le jury du sixième Festival du Film Fantastique de Strasbourg, Lucky McKee en a profité pour présenter en première européenne son dernier film, All Cheerleaders Die, un teen movie horrifique à la croisée des genres, auto-remake d’un film éponyme de 2001, déjà co-réalisé par McKee et Chris Siverston.

 

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 12:04
Suzanne

Trois ans après son très beau premier film Un poison violent (Quinzaine des Réalisateurs 2010), Katell Quillévéré présentait cette année Suzanne en ouverture de la Semaine de la Critique. Ou l’audacieux récit sur une vingtaine d’années de la vie d’une jeune femme et de sa famille. Sans quitter les sphères intimistes de la chronique familiale et amoureuse, son ambition de cinéaste prend ici une ampleur étonnante.

 

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 11:28
Promised Land

Matt Damon débarque dans une petite ville américaine pour convaincre ses habitants de laisser sa société exploiter le gaz de schiste présent dans leur sol. Au delà du film-dossier à la Erin Brockovich ou de la simple fiction écolo sur les méfaits du forage, Promised Land, présenté en compétition à la dernière Berlinale et récompensé d’une mention spéciale, mêle astucieusement l’intime et le politique et s’appuie sur ses personnages (et leurs interprètes) pour livrer un portrait de l’Amérique d’aujourd’hui.

À chaque nouvelle production « classique » de Gus Van Sant, des voix s’élèvent pour la considérer comme mineure dans la filmographie du réalisateur, pour regretter encore et toujours sa période expérimentale. Il faut pourtant s’y faire : il y a plusieurs veines chez Van Sant, et la plus classique n’est pas la moins intéressante, ni la moins personnelle. On y retrouve bien le même geste de cinéaste. Et pas seulement parce qu’il n’oublie jamais, quelque soit le style choisi, de caser ses fameux plans de nuages en accéléré. Comme au moment d’Harvey Milk, c’est par le politique que Gus Van Sant régénère à nouveau sa veine classique, après la parenthèse arty de Restless en 2010.

 

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 11:23
Interior. Leather bar.

1980. Cruising de William Friedkin, l’histoire d’un flic infiltré dans la communauté gay new-yorkaise, se voit amputé de quarante minutes jugées trop choquantes, les producteurs souhaitant éviter au film le classement X. Étrange projet que celui de James Franco et Travis Mathews : recréer cette séquence perdue, en imaginer le sulfureux contenu et la re-filmer avec des acteurs d’aujourd’hui.

 

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 14:31

FESTIVAL DE CANNES 2012 - Un Certain Regard

 

Selon que l'on sache ou pas en quoi consiste le fait divers dont le Belge Joachim Lafosse a tiré le scénario de son dernier film, il y a de fortes chances pour que l'impression laissée par À perdre la raison soit radicalement différente. Le film démarre comme la chronique d'un amour banal mais beau entre deux trentenaires, Emilie Dequenne et Tahar Rahim, dont les relations vont rapidement être compliquées par la figure très envahissante du père adoptif de ce dernier (Niels Arestrup).

La progression dramatique d'À perdre la raison est remarquable. Alors que l'on commence au bout d'un moment à se demander où cette histoire va bien nous mener, l'attention est maintenue par une tension permanente, une montée en puissance extrêmement bien orchestrée par le cinéaste. Trop bien peut-être : le film devient à terme un peu trop programmatique, et probablement davantage si l'on sait de quelle terrible histoire est adapté le film. La linéarité est ici à la fois une faiblesse et une force : l'intrigue est péniblement prévisible, mais troublante parce qu'inéluctable.


http://photo.parismatch.com/media/photos2/5-photos-festival-de-cannes/un-certain-regard2/a-perdre-la-raison2/4768163-1-fre-FR/a-perdre-la-raison2_galleryphoto_paysage_std.jpg

 

Tandis que la vie familiale devient un carcan étouffant et que l’héroïne sombre progressivement et de manière très réaliste dans la maladie mentale, on sent imperceptiblement que le film ne pourra s'achever que dans l'horreur. L'écriture très fine des personnages y est pour beaucoup, ainsi que l'interprétation de haute volée. Dequenne est sublime, toute de fébrilité et de douleur rentrée. Quant à Rahim et Arestrup, ils rejouent sur un mode mineur leurs liens père-fils très ambigus déjà tissés dans Un prophète de Jacques Audiard.

Les personnages restent tous dignes, même si Lafosse se place nettement du côté des femmes ; il accompagne avec empathie chaque pas de son héroïne. Il nous fait vivre l’oppression, l'étouffement qu'elle ressent, entourée de ces hommes aux personnalités toxiques et perverses. Tout en restant simple et discret dans sa mise en scène, le réalisateur parvient à des moments de grâce, tels l'avant-dernier plan, absolument saisissant et bouleversant. Une œuvre très maîtrisée et fascinante.

 

35étoiles

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